Billet : Que tu nous manques !

Certains te suivent depuis un an, d’autres depuis dix, vingt ou cinquante ans. Pourtant, aucun n’a jamais connu un période si particulière. Plus d’un mois que les joueurs sont remplaçants d’un match interminable. Que les entraineurs n’enseignent plus qu’à leurs enfants bloqués dans leur devoir de mathématique. Que les arbitres scrutent leur chronomètre espérant siffler la fin. Que les ballons prennent la poussière dans le cabanon du club. Aujourd’hui inactif et loin des yeux, il est l’heure de te montrer que tu es immortel et près du coeur.

PREMIERS SOUVENIRS

J’ai avons déjà connu cette longue période d’attente sans toi. En effet, chaque dimanche soir nous devions nous quitter à 21h45 parce que « demain il y école ». La mi-temps suivante, impossible de fermer l’œil malgré la crainte du réveil matinal du lendemain, tu me manquais déjà. Mardi et mercredi, soirs de Ligue des Champions, tu commençais plus tôt donc nous pouvions se voir un quart d’heure de plus. Comme pour me faire comprendre dès mon plus jeune âge que certains événements ont plus d’importance que d’autres. J’ai tout compris quand mon père m’a emmené à Gerland pour te voir pour la première fois en vrai. J’ai compris que je t’aimerai et que je deviendrai également amoureux de l’Olympique Lyonnais. Quelques fois énervé contre vous, je peux aujourd’hui vous avouer que vous me manquez.

A l’école, si je ne caressais pas le ballon comme certains camarades, personne ne t’estimait autant que moi. Avant de te voir, nous faisions des paris, après nous refusions le match. Les maillots commençaient à s’empiler dans l’armoire et les souvenirs dans la tête. Tu façonnais mes idoles de jeunesse. En bon « gone », je t’ai aimé grâce à Juninho, Coupet ou Govou. Elevé par un fan de l’Olympique de Marseille, j’ai apprécié Heinze, Lucho ou Valbuena puis les Français Trezeguet, Henry ou Malouda. J’ai ensuite affectionner la belle partie de ton entité avec le Barça de Guardiola et ses joueurs comme Messi, Xavi ou Iniesta. D’autres championnat m’ont ensuite ouvert leurs portes et m’ont fait admirer Torres, Totti ou Riquelme.

L’Euro 2012 n’était pas la plus grande réussite des Bleus mais c’était la première compétition que j’ai pu suivre sans le spectre du scandale -l’insulte de Nasri fera couler moins d’encre que le bus sud-africain. Sevré de tournoi rassemblant toute la population tricolore j’ai commencé à m’intéresser à ceux qui avait réussi cet exploit : la Coupe du Monde 1998 et les Euros 1984 et 2000. De fil en aiguille, j’ai appris ton histoire et ta légende. Aujourd’hui, privé de toi, je peux me réfugier dans ces pages jaunies par le temps. Seulement, tu es beau car tu es imprévisible, tu es captivant car tu es empli d’émotion. Celles-ci ne peuvent pas se transmettre de la même façon d’événements achevés ou en cours. L’analyse est peut-être plus pointue lorsqu’on te regarde pour la troisième fois à l’identique mais rien ne sera aussi émouvant que la première.

QUE NOUS LAISSERAS-TU ?

Comme chaque année, nous avions fait le plein d’émotions jusqu’à début mars dernier. L’Atalanta réjouissait ses tifosi et se qualifiait pour la première fois de son histoire pour les quarts de finale de Ligue des Champions, Liverpool allait glaner son premier championnat anglais depuis trente ans et un mano à mano allait être livré entre le Real et le Barça pour l’acquisition de la Liga. Nous attendions impatiemment l’Euro ensoleillé pour voir si la France pouvait faire le même exploit qu’il y a deux ans en Russie. La Copa America annonçait des nuits passionnantes puisque « demain il n’y a pas école ».

Finalement, l’école nous manque comme toi. Vous alliez de paire. Y a-t-il une meilleure sensation que de chambrer son ami parisien avant de rentrer en cours d’espagnol alors qu’il a vu son club subir une Remontada la veille ? C’est bien évidemment de bonne guerre comme lorsque celui-ci te rappelle le quadruplé de Mbappé face à l’OL (7 octobre 2018 .Ndlr) avant de te souhaiter ton anniversaire. Bien sûr, on parle toujours de toi. Seulement, nous n’attendons que ton retour. Pour combler le manque, certains se plongent dans tes exploits passés et se rendent compte que c’était finalement bien avant aussi. Tu manques aux amateurs qui ne pourront pas retaper dans un ballon cette année, tu manques à ceux qui ne sont pas connaisseurs mais ne disent pas non à un barbecue avant un match. Tu me manques. Tu nous manques.

Enzo Leanni

Publié par leannienzo

"Le ballon est pour les joueurs ce que les mots sont pour les poètes. Dans leurs pieds ou dans la tête de certains d'entre eux, ils se transforment en oeuvre d'art" César Luis Menotti

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