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Le coup du Choupo

Premier de cordée de ce Final 8 à Lisbonne, le PSG s’est donné toutes les peines du monde mais est parvenu venir à bout des tenaces italiens de l’Atalanta Bergame, s’offrant une place dans le dernier carré de la LDC, une première sous l’ère QSI.

Source : L’Indépendant

Près de 5 mois jour pour jour après sa qualification au Parc des Princes, le PSG est bien favori sur le papier au moment d’affronter les joueurs de Gasperini. Revigorés après avoir défait Dortmund, les parisiens savent qu’ils peuvent peut-être définitivement chasser la « malédiction » de la C1 qui les hante depuis quelques années. De l’autre côté, la Dea n’a rien à perdre : décidée à redonner un peu de gaieté dans le quotidien des bergamesques gravement touchés par la pandémie, « Petit Poucet » de cette édition, équipe ultra protagoniste et sans complexe, elle a les armes pour perturber le club de la Capitale. 

UN AVANT MATCH SANS CERTITUDES

Au niveau des forces en présence, l’absence de Verratti et Mbappé tout comme la suspension de Di Maria font couler quelques sueurs froides dans le dos des parisiens, conscients du moment douloureux qu’ils s’apprêtent à passer car soumis à un des meilleurs pressings d’Europe. C’est donc un onze diminué mais gonflé à bloc qu’aligne Tuchel avec un 4-4-2 losange confiant à Neymar les clés du camion, qui se transforme en 4-4-2 à la perte. L’entrejeu pose toutefois d’entrée question : sans Paredes, avec Marquinhos, Herrera et Gueye, il semble très difficile de deviner comment les parisiens vont se sortir de la nasse italienne. De son côté, le maestro Gian Piero Gasperini aligne son 3-4-2-1 habituel, guidé par le malicieux Papu Gomez mais privé de son gardien titulaire et d’un de ses meilleurs attaquants en la personne du slovène Illicic.

UN PREMIER ACTE BROUILLON

D’entrée Neymar donne le ton avec une action qui sera à l’image de sa première mi temps : après une relance efficace de l’arrière garde parisienne, le brésilien s’échappe depuis la ligne médiane et dépose les défenseurs adverses, se présente face à Sportiello mais dévisse complètement sa frappe, fait très rare pour un tel joueur. C’est donc un Neymar pilote du onze PSG qui sera au centre de cette première période, capable d’éviter la plupart des embuches adverses (ses quelques succulents petits ponts rendent encore compte de sa supériorité …) sans pour autant mener son équipe à destination : une dépendance à double tranchant. Si le tout début du match est à l’avantage des parisiens, le rapport de force s’inverse vite et l’Atalanta donne tort à sa fâcheuse habitude de mal commencer ses rencontres en faisant trembler les parisiens, qui s’en sont remis à un Navas bondissant sur sa ligne, gardien du suspens pour quelques instants. 

Dans ce bras de fer tactique entre les deux techniciens, il faut saluer les initiatives parisiennes qui ont su d’abord s’adapter au niveau et à la qualité du bloc adverse en allant chercher haut ses attaquants à la relance, Neymar et Icardi, pour sauter le pressing adverse et toucher le 3e homme. Malgré tout, le niveau de l’attaquant argentin pose bien question à ce stade de la compétition : la comparaison avec le match de Lukaku contre Leverkusen il y a quelques jours, à qui on a demandé un rôle similaire qu’il a brillamment rempli, lui fait extrêmement mal. Tout au long de son match, il a été incapable de remettre un ballon correctement, d’attaquer l’espace qu’il a peu tenté de se créer (à l’inverse de Neymar) ou de permettre au bloc de remonter dans un jeu dos au but aucunement productif, ce qui a vite condamné les sorties de balle propres des parisiens et donc permis à l’Atalanta de se remettre dans le sens de la marche.

Le temps fort bergamasque se concrétise alors à la 27e avec le but de Pasalic qui trompe Navas d’une enroulée du gauche, profitant d’un contre favorable de Zapata et du mauvais marquage de Bernat, concluant une bonne remontée de balle de son équipe. Le doute s’installe alors côté parisien : serait-ce le retour du fantôme LDC ? Cette compétition ne rime-t-elle qu’avec déception ? Menés 1-0, les parisiens reprennent leur marche en avant, avec un Neymar aussi brillant dans les 60 premiers mètres, adulte au milieu d’une cour de récré, que frustrant dans les 30 derniers tant ses loupés ont été incompréhensibles. Malgré tout, Paris doute mais garde espoir, s’appuyant sur un triangle Kimpembe-Silva-Navas en béton armé, et Zapata peut en témoigner tant il a été mangé tout cru par le défenseur français et le capitaine brésilien.

Au moment où Anthony Taylor met le sifflet à la bouche pour renvoyer les acteurs au vestiaire, les doutes planent toujours : l’absence de Verratti se fait terriblement ressentir tant les sorties  de balle sont difficiles, Icardi et Sarabia sont aux abonnés absents, le côté droit est laissé à l’abandon. Pour autant, la supériorité parisienne à l’arrière rassure et les largesses défensives du onze de Gasperini face à la solution Mbappé, qui pourrait faire de gros dégâts dans les boulevards adverses servi par Neymar, font espérer les parisiens.

Source : AFP

UNE FIN DE MATCH MEMORABLE

A l’entame de la seconde période, la physionomie du match reste la même : une Atalanta moins effrayante que prévue, un PSG qui garde le pied sur le ballon, ou plutôt Neymar, sans pour autant se montrer véritablement dangereux. A la 60e minute, un premier tournant : le capitaine Gomez cède sa place à Malinovsky pour une gêne à la jambe droite et Mbappé rentre en jeu. Du côté des hommes de Gasperini, c’est la sortie d’un chef d’orchestre qui jusque là s’était montré précieux entre les lignes et sur les coups de pied arrêtés en plus d’être le seul espoir de Zapata pour toucher un ballon. Pour Tuchel & co, c’est un atout majeur qui sort de la manche de l’allemand, bien décidé à (enfin) passer aux choses sérieuses et à profiter des espaces devant le but de Sportiello. Malgré ces deux faits favorables, le vent met du temps à tourner du côté de Lisbonne et le chronomètre égrène les secondes, Paris semble aller de mal en pis, avec la sortie sur blessure de Navas à la 79e , de mauvaise augure en cas de demi-finale. Pendant tout ce temps, quasiment aucune action franche parisienne, un Neymar qui subit le contrecoup de son hyperactvité, un Mbappé qui se chauffe doucement mais sûrement, heureusement que la Dea tire elle aussi la langue et que le socle défensif parisien est toujours aussi impérial. Mais c’est à la 80e que tout change, avec l’entrée d’Eric Maxim Choupo Moting : si les supporters parisiens ont pu soupirer de dépit à son entrée, se prenant en plein visage le manque de profondeur de leur effectif, ce ne fut qu’un mal pour un bien …

Si jusqu’alors le vent gonflait les voiles noires et bleues, il tourne brutalement quelques secondes avant la fin de la partie, pour envoyer Paris dans les étoiles, grâce à l’Elu d’un soir, Choupo Moting. 90e minute : les visages des 22 acteurs sont marqués par la fatigue, le ballon circule difficilement d’un côté comme de l’autre mais il parvient finalement à naviguer jusqu’aux 30m bergamasques et touche Choupo Moting qui met le ballon dans la boîte de son pied gauche vers Neymar pour Marquinhos qui pousse le ballon dans le but avec l’aide de Caldara : Paris survit, merci Marqui. Paris reprend son souffle et repart à l’abordage du but adverse, les italiens n’y sont plus physiquement, ouvrant des brêches béantes dans un bloc qui faisait trembler tous ses adversaires ces dernières semaines. L’exigeance physique que requiert le système de Gasperini a eu raison de ses hommes dans une saison qui s’éternise et assène un cruel verdict à une équipe dont on se souviendra longtemps. 90+3 : le ballon navigue entrée de surface et arrive à Neymar qui lance Mbappé, passeur décisif pour le non moins décisif Choupo Moting qui anéantit les espoirs bergamasques et envoie Paris en demi-finale. Elu homme du match, il a été un des acteurs majeurs de la résurrection parisienne, lui qui n’était même pas sur la liste des joueurs qualifiés pour la C1 avant la crise sanitaire … 

C’est donc au terme d’un match au scénario dantesque que Paris se qualifie. En plus de sa valeur sportive, il ne faut pas négliger la valeur émotionnelle et symbolique de cette victoire pour le peuple parisien : meurtris depuis les échecs des dernières campagnes, les parisiens ont montré ce soir qu’un groupe solidaire était bien né de la victoire contre Dortmund, que ce club n’était pas qu’une somme d’individualités mais bien une unique équipe, quasiment indivisible lorsqu’elle est à son pic, sinon tirée par Neymar. Une fois l’euphorie passée, il reste nécessaire de dresser un bilan de ce match. L’absence de Verratti est terriblement préjudiciable et est le premier problème à régler pour le PSG. Icardi doit voir sa place de titulaire remise en question : même si son remplaçant du soir a fait des miracles, pas sûr que cela se reproduise à chaque match. Une équipe qui aligne de telles individualités ne doit pas trembler face à une équipe comme l’Atalanta, aussi forte soit-elle, les gros d’Europe ne tremblent que lorsque qu’ils rencontrent leur alter ego, l’euphorie de ce succès est proportionnelle au chemin qui reste à parcourir pour Paris. Mais au-delà du cas parisien, il faut saluer le parcours de l’Atalanta : après l’Ajax l’an passé, la Dea a été l’invitée surprise de cette LDC en proposant aux fans de ballon rond à chacune de ses représentations un splendide spectacle, celui d’un chaos organisé, passionné et passionnant, représentant ce qui se fait de mieux en matière force collective cette saison dans le monde. 

Source : UEFA

Choupo et les siens ont ouvert ce Final 8 de la meilleure des manières, désormais demi-finalistes ils guetteront attentivement l’issue d’Atletico-Lepizig et se prépareront au mieux pour pourquoi pas (enfin) matérialiser un souhait clamé depuis 2011 par QSI, celui de « rêver plus grand ».

LES TOPS

Source : UEFA

Neymar : si le numéro 10 parisien a pu agacer par son déchet dans la zone de vérité, impossible d’ignorer son insolente supériorité durant les trois quarts de la partie, donnant le tournis à tout le milieu bergamasque (9 fautes subies, plus haut total du match) et distribuant des caviars à la pelle, comme l’avant dernière passe sur le but de Choupo Moting. Il était le plus attendu avant le match, il a bien répondu présent.

Source : FootMercato

Kimpembe : il ne compte qu’un seul duel perdu, sur une accélération de Muriel côté droit en fin de match, pour le reste « Presko » a été le second « Monstro » de la charnière parisienne. Imprenable au duel physique avec le costaud Duvan Zapata, plein de personnalité à la relance comme en attestent ses percées balle au pied pour casser les premières lignes de pressing adverses, Kimpembe a été impérial dans sa zone, taille patron et ce n’est pas la première fois dans un grand rendez-vous.

Source : AFP

Choupo Moting : héros d’une nuit, il restera LE joueur de ce match, celui dont on se souviendra si l’aventure parisienne en venait à connaître une fin heureuse, tant son but a évité bien des misères à son équipe, offrant une étincelante lumière dans un nuit d’Europe qui s’enfonçait dans la pénombre. Pas avare en efforts, le camerounais n’a pas révolutionné son registre mais a su se montrer décisif. Fuoriclasse le temps d’un soir. 

LES FLOPS

Source : 90min

Icardi : un sprint à haute intensité à la 79e, au moment de sa sortie, sinon rien, aussi peu productif que Zapata dans le camp d’en face.

Source : Eurosport

Marquinhos : pas aidé par ses compères du milieu, le brésilien n’a jamais su être la rampe de lancement du jeu de son équipe qu’aurait pu être Paredes, se retournant face au jeu avec trop de lenteur et trop loin dans son marquage, en souffrance face à Papu Gomez notamment. 

Source : SkySports

Gasperini : si Guardiola avait pu dire de sa formation qu’elle était tel un dentiste, garantie de douleur le temps de la rencontre, Gasperini s’est mué en hypnotiseur, peinant à réveiller ses joueurs exténués et à imposer l’étouffant pressing caractéristique de sa formation, ses changements et réajustements tactiques n’ont pas changé la donne non plus.


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