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La tête dans les étoiles

Au terme de 90 minutes ultra maîtrisées, Paris s’invite en finale de LDC, un première depuis 2004 pour un club français, et ajoute une étape supplémentaire à un parcours devenu historique, prêt à défier Lyon ou le Bayern dimanche.

Source : Bleacher Report

Comme depuis le début de la phase à élimination directe de LDC, le PSG s’avance en favori face à un Leipzig tombeur convaincant de l’Atletico, poil à gratter de premier choix en C1. Les parisiens ne comptent pas laisser passer l’opportunité de s’inviter en finale, savent qu’une telle chance face à un adversaire de la trempe de Leipzig ne se représentera pas de sitôt. Pour autant, une confiance émane du groupe parisien, semblant jouir du peu de délai entre les matchs de ce Final 8 qui ne laisse pas de place aux spéculations anxiogènes. Leipzig est lui aussi ambitieux, déterminé à donner encore plus de relief à un parcours plus qu’honorable, dans le sillage d’un Nagelsmann dans le creux de la vague.

PARIS SORT LA GROSSE ARTILLERIE

Source : Le Parisien

Tuchel a tiré des enseignements de la victoire poussive du tour précédent en alignant un 4-3-3 qui a fière allure. Rico remplace Navas, blessé, dans les cages, Paredes prend place au milieu, pour faciliter les sorties de balle et soulager Marquinhos à la relance, Mbappé et Di Maria font leur retour dans le onze au détriment d’Icardi et Sarabia, peu convaincants en quarts. Les relais techniques comme Paredes doivent soulager Neymar et lui permettre de garder la lucidité qui lui a manqué dans le zone de vérité face à l’Atalanta. En face, Nagelsmann aligne un onze quasi identique à celui du tour précédent, en ôtant Halstenberg au profit de Mukiele, et fait le choix d’une défense à 4 en installant le français au coeur d’une arrière garde protéiforme, symbole d’un collectif à la réputation inventive. 

45 PREMIERES MINUTES A SENS UNIQUE

Dès les premières secondes, le PSG confisque le ballon et dicte le rythme du match aux allemands. La qualité technique de Paredes fait d’entrée de jeu le bonheur de la salle des machines parisienne, apporte une fluidité utile au collectif parisien et soulage Marquinhos. A la 6e, Neymar est lancé dans le dos d’Upamecano et se présente face au but mais sa frappe touche la base du poteau gauche de Gulasci : si le manqué peut rappeler la finition cauchemardesque du dernier match, la maîtrise de l’entame dissipe le moindre doute. Paris est bien au niveau de cette demi finale de C1, Leipzig se fait attendre. 

En effet, les protégés de Nagelsmann tardent à se mettre dans le sens de la marche : avec un bloc médian, le pressing est inexistant, à l’image d’un Laimer autrefois référence en la matière en retard sur les transmissions, la relance parisienne est dans un fauteuil. Poulsen bataille difficilement et peine à fausser compagnie à Kimpembe et Silva : Werner n’est plus qu’un lointain souvenir … Les parisiens pressent eux efficacement, Tuchel a travaillé son sujet avec rigueur et la machine parisienne est bien huilée tactiquement. Les 3 attaquants fixent les 3 centraux, les milieux font office d’une seconde lame performante, Leipzig ne parvient pas à trouver la solution, obnubilée à tort dans les sorties courtes depuis l’arrière. A l’avant, les demis espaces sont occupés par Olmo et Nkunku mais toute transmission leur est coupée, tuant dans l’oeuf tout espoir du côté de Leipzig. Le duel 100% allemand des bancs de touche tourne peu à peu à l’avantage du parisien et Nagelsmann paie la passivité de son collectif, une passivité parfaitement illustrée par l’ouverture du score de Marquinhos à la 13e. 

Sur un coup franc parfaitement botté par Di Maria, Marquinhos profite de l’écran de Kimpembe sur Poulsen et s’élève seul au beau milieu de la surface de Gulasci, venant le crucifier à quasi bout portant. L’argentin passeur s’était peu montré jusqu’à présent dans le jeu mais est décisif sur ce coup, mettant en lumière la qualité de la gestion des coups de pieds arrêtés, tant défensifs qu’offensifs, par les parisiens dans cette partie. Paris ouvre le score et concrétise son temps fort qui dure depuis le coup d’envoi, un point important et significatif à ce stade de la compétition en LDC : la gestion des temps forts et des temps faible est une des clefs de l’issue des grands matchs, une clef qui a souvent échappé aux parisiens par le passé. Malgré cette ouverture du score, les coéquipiers d’Upamecano restent passifs, victimes de l’activité parisienne et en panne d’inspiration avec le ballon. L’assise défensive axiale parisienne ne pâtit pas de l’absence de Navas et continue de se poser en garantie majeure du club de la Capitale : Rico est sérieux, Kimpembe et Silva défendent correctement et sont appliqués à la relance, s’appuyant sur un Paredes inspiré. Si Paris domine de la tête et des épaules ce premier acte, à coups de geste de classe de Neymar et de passes destructrices de Paredes, il ne fait pas immédiatement le break, notamment à cause d’un Mbappé en difficulté, peut-être encore gêné par sa blessure et muselé par Mukiele. 

L’étreinte parisienne se resserre et étouffe peu à peu Leipzig avant la mi temps : le pressing cohérent des hommes de Tuchel paie et fait craquer la ligne défensive arrière à la 42e, Gulasci se troue, Neymar illumine le match d’une talonnage somptueuse pour trouver Di Maria, qui conclut et remplit encore un peu plus sa feuille de stats. C’est un coup de massue qui s’abat sur Nagelsmann et le siens : totalement dépassés dans tous les secteurs du jeu, les allemands ont toutes les peines du monde à inverser le rapport de forces et des ajustements sont à prévoir. Neymar, Di Maria et Paredes mènent le bataillon parisien avec brio et semblent insaisissables. Le break est fait, la balle est dans le camp de Leipzig, qui doit désormais tenter de revenir au score avec un pressing qui se devra d’être bien plus impressionnant tout en veillant à pallier aux faiblesses de Gulasci : le ton est donné … 

Source : l’Equipe

PARIS ENFILE LE SMOKING

Au retour des vestiaires, Nagelsmann modifie son système avec les entrées de Schick et Forsberg et bascule en 4-4-2. L’entame est cette fois pour Leipzig, qui se montre bien plus entreprenante et tente de prendre les parisiens à la gorge. Pendant près de 10 minutes, les allemands semblent enfin dans le ton. Upamecano réédite ses sorties de balle et passes inspirées de l’Atletico, symbole d’une équipe qui reprend peu à peu confiance. Pour autant, Paris est bien déterminé à atteindre la finale et plie mais ne compte pas. Sa gestion de ce temps faible est parfaite : à la 56e, le PSG se défait du bloc allemand et part à l’attaque après 10 minutes dans ses 30 mètres, Mukiele se troue, Di Maria (encore lui) envoie un centre millimétré sur Bernat qui conclut. 3-0, le score est sans appel, Leipzig est douché, Paris caresse son rêve de finale. 

Les maigres satisfactions individuelles de Leipzig dans le premier acte sont celles qui le plombent dans le deuxième : l’espoir s’efface définitivement. Tout au long de la seconde période le PSG dicte sa loi dans toutes les lignes et continue sur son rythme de croisière : Neymar sème la pagaille, Paredes brise Leipzig avant même qu’elle ne presse, Silva et Kimpembe croquent les attaquants, … Tuchel peut bien être satisfait de son groupe, à l’inverse de son homologue, les idées qu’il a mises en place sont bien visibles et fonctionnent parfaitement. Si le technicien allemand manquait de crédit avant ce Final 8, davantage que sa victoire face à la Dea, ce match contre Leipzig fait de lui le véritable patron de son équipe tant son équipe a récité brillamment la partition qu’il a composé, tous ses choix ont payé. 

Paris est en tenue de soirée jusqu’à la fin des 90 minutes, dictant le rythme de la partie sans opposition, menaçant à plusieurs reprises la cage d’un Gulasci au bout du rouleau. Si la Gazzetta dello Sport disait au sortir de la victoire en quarts qu’il était tel un dîner à Versailles aux couverts d’argent dans lequel on peut y rôter, le PSG a ce soir bien appliqué les règles de bienséance en éjectant des débats avec la manière un adversaire encore en pyjama qui a raté son réveil. Tuchel s’offre même le luxe en fin de match de remettre Verratti dans le bain, de bonne augure avant la finale de dimanche. 

A 22h51, Mr Kuipers ferme le bal et envoie les parisiens dans les étoiles, pour conclure une soirée mémorable et riche en enseignements. Paris pourra se présenter dimanche à 90 voire 100 % de ses capacités : Tuchel a gardé une assise derrière, des solutions au milieu en attendant peut-être Verratti, récupéré un Mbappé qui doit encore retrouver du rythme, gardé Neymar intact et en pleine forme, réglé le souci Icardi, fait le plein de confiance et de certitudes … C’est suffisamment rare pour être souligné mais cette soirée de C1 parisienne est quasiment parfaite, il aurait été difficile d’aborder la finale dans de meilleures dispositions. De son côté, Leipzig sort par la petite porte tant sa partie aura été décevante à la vue de ce qu’elle a montré lors des tours précédents. Si Nagelsmann est bien un prodige, il lui reste encore du chemin à parcourir, notamment dans sa lecture des matchs comme on l’a vu aujourd’hui. Mais il ne faut pas se laisser aveugler par le résultat de ce soir : l’écurie allemande a été, à l’instar de l’Atalanta ou de l’Ajax l’an passé, un tube de l’été qui s’est débarrassé successivement de Tottenham, vice champion en titre, et de l’Atletico du coriace Simeone pour en arriver là, avec la manière en prime. Certaines de ses individualités ont émergé au cours de cette épopée, comme Upamecano par exemple et elle fait bien partie des équipes qui seront toujours à suivre la saison prochaine en LDC. 

Source : AFP

LES TOPS

Source : l’Equipe

Di Maria : suspendu au tour précédent, « El Fideo » a été déterminant pour son équipe ce soir : décisif et chirurgical en première mi temps, plus influent dans le jeu en deuxième, il est impliqué dans les 3 buts parisien en plus d’un déchet minime. Il fallait bien un Ange(l) pour atteindre les cieux.

Source : l’Equipe

Neymar : habitué de la rubrique, le numéro 10 brésilien a été un véritable poison pour l’équipe adverse. Insaisissable entre les lignes, déroutant par le dribble, le parisien est celui qui a remporté le plus de duels ce soir. Il a lui aussi enfilé le smoking ce soir, quittant définitivement le costume de la diva pour revêtir celui du maître de cérémonie. 

Source : Le Parisien

Tuchel : il a fait des choix forts en sortant Icardi pour installer Mbappé seul en pointe (bien qu’il fut plus cantonné au côté gauche, laissant Neymar en faux 9), en se passant de Gueye qu’il voyait comme un talisman, et ils se sont révélés payants. Son équipe a transpiré la cohérence tactique avec un pressing coordonné, des relances calibrées, en annihilant les points forts adverses (pressing, gestion des demi espaces, …) et en appuyant sur les points faibles (Gulasci, les espaces dans le dos des défenseurs, …). Un match référence au PSG, si ce n’est le sommet de sa carrière pour le moment.

LES FLOPS

Source : AFP

Nagelsmann : faisant face à un de ses maîtres, l’élève n’a pas su surprendre son monde, il l’a même déçu. Le technicien de Leipzig a construit une équipe qui était jusqu’à présent un modèle dans l’offensive, capable de faire sauter le verrou Colchonero, une référence de pressing mais ce soir elle a été reine de l’indécision. Nagelsmann n’a pas été capable de répondre aux dilemmes imposés par Tuchel (hauteur du bloc, jeu long/jeu court, sorties de balle, pressing, …)

Source : Footballogue

Nkunku : déjà maillon faible contre l’Atletico, l’ancien Titi Parisien a connu des retrouvailles amères : trop de déchet, n’a pas su se rendre disponible entre les lignes, peu précis sur coups de pied arrêtés, … Un jour sans, sorti à la mi temps à juste titre.

Source : AFP

Kehrer : face à la passivité du pressing adverse, ses imprécisions techniques ont fait tâche : autant gêné avec que sans ballon, il s’est mis en difficulté à trop de reprises. L’allemand est le principal point faible du PSG.

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