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Apprendre, pour ne pas attendre dix ans de plus

Le parcours européen de l’Olympique Lyonnais était tellement inattendu qu’on en oublierait presque qu’il est l’arbre qui cache la forêt d’une saison décevante. Il s’agit maintenant d’en tirer les enseignements pour espérer figurer bien plus régulièrement à ce niveau.

Il y a un temps pour tout. Lorsque l’histoire d’un club s’écrit sous nos yeux, il faut en profiter pleinement et pour un temps, oublier tout le reste. Quand néanmoins la page se tourne, il faut, déjà, réfléchir à comment remplir les suivantes.

L’épopée européenne des Lyonnais apparaît effectivement comme une parenthèse enchantée en conclusion d’une saison du reste aussi décevante que chaotique. L’épidémie de Covid-19 a entraîné une forte incertitude puis d’importantes modifications au niveau du calendrier et des compétitions, Sylvinho s’est vu prématurément remplacé par un Garcia qui a dû composer avec plusieurs blessures, celles de Memphis et de Jeff Reine-Adélaïde en tête. Sans oublier les changements en interne, avec le départ de Florent Maurice, la récente nomination de Vincent Ponsot au poste de DG du football, et plus généralement l’influence grandissante d’Houiller au détriment d’un Juninho fragilisé depuis l’échec de « son coach ».

A l’issue de cet exercice, Lyon a certes atteint les demi-finales de Ligue des Champions pour la deuxième fois de son histoire seulement, mais l’OL ne sera pas européen la saison prochaine, une première depuis 1996.

L’absence européenne coûte plus que le dernier carré ne rapporte et les rhodaniens vont devoir vendre pour maintenir les comptes à l’équilibre. Cinq ou six joueurs selon Juninho, parmi lesquelles figurent assurément Aouar, probablement Dembélé voire Memphis. Si ces départs s’inscrivent dans la continuité d’un modèle économique et sportif prôné par Lyon depuis plusieurs années ( qui interroge cependant sur l’écart entre les ambitions affichées et les ambitions réelles du club ), ils posent la question de la gestion des jeunes. Les joueurs confirmés partent, très bien, et les jeunes les remplacent. Sauf que dernièrement, faute de temps de jeu, Gouiri s’en est allé vers Nice et Bard souhaiterait partir, alors même que le couloir gauche est loin d’être convaincant. La titularisation de Caqueret, qui n’est intervenue qu’à la reprise de la compétition, interpelle elle aussi tant il a rayonné au milieu.

source : OL.fr

Il y a évidemment du positif à retirer des matchs contre la Juve, City, et même le Bayern. Particulièrement l’intensité et l’envie démontrées par les lyonnais. Celle-là même qui, a de bien trop nombreuses reprises, leur a fait défaut en championnat. Compte-tenu de la qualité intrinsèque de l’effectif et de l’assez piètre niveau des autres concurrents au podium, une telle volonté et une telle énergie, répétées régulièrement, suffiraient amplement à assurer à l’OL une place parmi les trois premiers.

Mais les gones en sont-ils réduits à si modeste ambition ? Il faut malheureusement le croire, car tout au long de la saison et encore lors de ses trois matchs de Ligue des Champions, ni l’OL ni Garcia n’ont montré quoi que ce soit de nouveau du point de vue du jeu. Oui, Lyon sait manoeuvrer les « gros ». Ils l’ont montré à maintes reprises contre le PSG ces dernières années. Oui, tant Lyon que Garcia sont capables de « coups » en Europe. Rien de tout cela, pourtant, ne garantit de bien figurer en Ligue 1, et peut-être encore moins de progresser au niveau continental.

Source : leparisien.fr

Les parcours européens de l’Atalanta et de Leipzig ont cette saison démontré l’efficacité du jeu, d’un travail cohérent et collectif qui sublime les individualités au lieu de se reposer dessus. Plus encore, ces clubs prouvent depuis plusieurs années déjà que leurs modèles sont probablement ceux qui assurent la meilleure pérennité et le plus de sérénité au niveau économique. Si la nomination de Garcia en octobre répondait à un impératif de court-terme ( et n’était pas forcément une mauvaise idée de ce point de vue-là ), il paraît difficile d’envisager le développement d’un tel projet avec un entraîneur qui n’a jamais véritablement montré qu’il en était capable.

Évidemment, ce constat aurait été plus difficile à entendre si Lyon était passé. Probablement qualifié de rabat-joie, il n’en aurait pas été moins légitime pour autant. C’est sûrement l’un des principaux défis auxquels l’OL doit faire face depuis plusieurs années déjà et qu’il n’a pour l’instant jamais réussi à relever : se départir du résultat immédiat et ne pas se targuer de succès en trompe-l’oeil pour envisager davantage de progrès sur un temps plus long. Le club doit inévitablement se remettre en question et ne pas se cacher derrière l’excuse du dénouement injuste d’une saison tronquée. C’est assurément la direction à prendre s’il ne veut pas attendre sa prochaine demi-finale de Champion’s League encore dix ans, ou peut-être même plus.

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