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Illustres homonymes : Hugo Sánchez, Señor Gol (1/3)

A travers l’histoire du foot, nombreux sont les joueurs à s’être illustrés sous le même nom que certains de leurs glorieux aînés. Au point parfois, de presque faire oublier leurs remarquables prédécesseurs aux fans de ballon rond francophones que nous sommes. Evidemment, les contemporains de ces footballeurs d’exception et les plus fervents aficionados du Beautiful Game en connaissent déjà probablement les exploits. D’autres, peut-être moins. Retour en trois papiers sur la carrière de trois de ces illustres homonymes de joueurs aux succès plus récents.

Signifiant littéralement « fils de Saint », le patronyme Sánchez a été floqué sur les maillots de beaucoup de footballeurs. Puisque Joaquín le bético préférait qu’on l’appelle par son prénom, ce sont récemment Davinson ou Carlos qui ont fièrement arboré ces sept lettres dans leur dos. Mais le plus célèbre d’entre eux reste très probablement Alexis. Révélé à l’Udinese, explosant au Barça, confirmé au nord de Londres et s’égarant au nord de l’Angleterre, le chilien poursuit à l’Inter une très belle carrière. Assez du moins, pour avoir épaulé Messi sous Guardiola et avoir offert à son pays ses deux premières Copa America. Amoureux lui aussi des chilenas, ces retournés qu’il affectionnait tant, le plus grand Sánchez de l’histoire du football n’est ni sud-américain ni espagnol. Il est originaire de Mexico et se prénomme Hugo.

MADE IN MEXICO

(source : colgadosporelfutbol.com)

Hugo Sánchez est assez largement considéré comme le plus grand joueur de l’histoire du Mexique, sans pour autant que son long passage en sélection ne coïncide avec une période particulièrement faste pour El tri. Surpassé par le Salvador et le Honduras, les Mexicains ne se qualifient pas pour le mondial 82. Lorsque éclate le scandale des cachirules avec la découverte de joueurs trop âgés au sein de l’équipe U20, le Mexique est tout simplement suspendu par la FIFA et ne dispute même pas la phase préliminaire à l’édition 90. D’une longévité impressionnante, l’attaquant vedette des verde participe néanmoins à trois coupes du Monde en 1978, 1986 et 1994, pour un bilan d’un but en huit matchs.

C’est dans son pays natal qu’Hugo débute sa carrière. Aux Pumas de l’Université nationale autonome du Mexique où ses frères Hector et Horacio jouent déjà. S’il se destine au métier de dentiste, ses qualités lui ouvrent rapidement les portes du monde professionnel, puis celles des Etats-Unis. Pendant les trêves estivales de 1979 et 1980, il porte ainsi les couleurs des San Diego Rockets et enchaîne les buts dans une ligue où Pelé, Beckenbauer, Muller, Neeskens ou autres Georges Best se côtoient.

A LA CONQUETE DE MADRID

(source : realmadrid.com)

Repéré par les dirigeants de l’Atletico, Sánchez s’envole pour Madrid. Le mexicain, va, une fois n’est pas coutume, conquérir la capitale espagnole. Les colchoneros emportent la Coupe d’Espagne 85, Hugo le trophée de Pichichi. Une saison au terme de laquelle le prolifique attaquant quitte Vicente Calderón pour le Bernabeu. Il y rejoint la Quinta del Buitre, et forme avec son vautour Emilio Butragueño un tandem offensif des plus redoutables. Alors que celui que l’on appelle désormais Hugol règne en maître sur le classement des buteurs, les merengues remportent cinq ligas consécutives et ramènent la Coupe de l’UEFA 86 à la Maison Blanche. Entre une pige en Autriche, des retours au Mexique et aux Etats-Unis, Sánchez effectuera une ultime aventure madrilène au Rayo Vallecano avant de raccrocher les crampons.

HUGOL

Bien plus que pour ses titres, Hugo Sánchez est renommé pour ses buts, 234 en Liga, qu’il accompagnait bien souvent d’un salto en guise de célébration. Les fruits d’un instinct stupéfiant, ce sens obsessionnel du but propre aux véritables neufs :

« Je rentrais toujours sur le terrain avec la même idée, j’avais toujours le même objectif : j’étais là pour marquer deux ou trois buts, à tel point que parfois je les visualisais avant le match »

Un authentique renard des surfaces, adroit et habile. Capable de disparaître dans le dos d’un défenseur ou de surgir devant lui pour propulser le cuir au fond des filets, de finir dans n’importe quelle situation, quelque soit la trajectoire du ballon qu’il recevait ou la position des adversaires, il savait être l’auteur de buts de raccroc comme de perles rares. Un joueur racé, aux finitions parfois incroyablement esthétiques et éminemment acrobatiques : ce genre de buts pour lesquels on va au stade et dont on a presque l’impression qu’ils comptent double.

Passionné par la cage, il se devait de maîtriser de nombreux gestes. La chilena, cette bicyclette qu’il travaillait depuis tout petit en imitant son père, mais également d’autres contorsions qu’il n’a jamais eu l’occasion de révéler en match. Il dit lui-même avoir inventé le « coup du scorpion » avant que le fantasque René Higuita ne le réalise à Wembley.

Mais le plus grand témoignage de son admirable efficacité dans la surface reste incontestablement sa saison 1989-90. Il y inscrit 38 buts en 35 matchs de championnat, tous en une touche de balle, et devient le meilleur buteur de l’histoire de la Liga en égalant le record de Telmo Zarra, accompli 39 ans auparavant par l’attaquant de Bilbao. Un record qui tiendra jusqu’en 2011. Il glane cette saison-là le sobriquet de Pentapichichi, quintuple meilleur buteur, ainsi que le Soulier d’or européen, une première pour un joueur évoluant en Espagne :

« Etre meilleur buteur de Liga était incroyable. Gagner le Soulier d’or, c’était un rêve qui devenait réalité »

SENOR GOL

(source : as.com)

C’est fort de cette carrière incroyable qu’Hugo Sánchez est considéré comme l’un des grands du ballon rond. Membre de la FIFA 100 de Pelé, 26e footballeur du XXe siècle selon l’IFFHS (International Federation of Football History and Statistics) et quatrième meilleur buteur de la Liga, il reste dans l’histoire comme un merengue. Marca le plaçait récemment onzième dans son classement des plus grands joueurs du Real, juste derrière son inévitable compère Butragueño.

Et c’est à Bernabeu qu’il inscrit son plus beau but. Le 10 avril 1988, le Real, leader depuis la première journée affronte le promu Logroñes. 9e minute de jeu, Martin Vázquez récupère le cuir sur l’aile gauche. Il adresse un centre dans la surface où se trouve son numéro neuf, au niveau du point de penalty, légèrement excentré sur la droite mais dos au but. La passe est haute mais le mexicain s’envole et ajuste un ciseau magistral : le ballon file dans la lucarne d’un gardien impuissant. Un but prodigieux pour un surnom non moins fantastique :

« Un peu après, j’ai remarqué quelque chose: en écrivant Logroñes à l’envers, on lit Señor Gol »

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