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Ligue des champions : faux départ

Entre choix tactiques douteux, recrutements hasardeux et manque d’envie, les clubs français démarrent très mal cette campagne de ligue des champions. Après 3 matchs chacun, ils ne comptabilisent qu’une victoire et un match nul. Résumé et analyse de ces débuts chaotiques…

UN CONSTAT SANS APPEL

Personne ne peut le nier, les clubs français sont la honte de cette première partie des phases de poules de la Ligue des Champions. Avec 4 points pris sur 27 possible, Rennes, Paris et Marseille réalisent une performance presque jamais vue. Depuis 2011 jamais les trois représentants français ne s’étaient inclinés la même semaine. C’est la première fois que trois clubs de l’Hexagone ne comptabilisent qu’une seule victoire après 3 journées. Pour un pays 2ème au classement FIFA avec un club, le PSG, 8ème au classement UEFA un bilan comme celui-ci est inacceptable. C’est toute une institution qui doit se remettre en question. Nous n’allons pas revenir sur l’importance qu’accordent certains clubs aux compétitions européennes. Il n’est pas non plus question d’aborder la formation des jeunes dans notre pays. Mais force est de constater que le football français va mal, la LFP et la FFF premiers responsables se dirigent sûrement vers le pire si rien ne change

LA TIMIDITÉ RENNAISE

Commençons par le positif, pour entamer par une longue descente aux enfers. Ce positif se nomme le Stade Rennais Football Club. Même si l’équipe ne compte qu’un seul point en 3 matchs, elle a su montrer des qualités et honorer un minimum la Ligue 1. Troisième de l’exercice 2019/20 jusqu’à son interruption à la 28ème journée, les Bretons ont directement entamé un mercato estival très prometteur. Avec près de 50 millions d’euros de ventes et 77 millions d’euros d’achats, Julien Stéphan s’est concocté une jeune équipe avec du talent. Lui et son staff ont notamment fait venir Jeremy Doku, un ailier de 18 ans pour 26 millions d’euros, soit le plus gros investissement de l’histoire du club. D’autres joueurs sont venus renforcer l’effectif comme Guirassy en provenance d’Amiens (8 millions), Rugani (prêt payant) de la Juventus ou encore Dalbert (prêt payant) arrivant de l’Inter. Enfin, Rennes a clôturé son mercato par l’achat d’Alfred Gomis afin de pallier le départ d’Edouard Mendy à Chelsea.

(source : dailymercato.com)

La campagne européenne débuta le 20 octobre à domicile contre Krasnodar, bien plus faible sur le papier. Et pour le premier match de ligue des champions du club, les joueurs ont déçu, tant leurs capacités sont supérieures à ce qu’ils ont proposé. Malgré un excellent Nzonzi au côté d’un très bon Camavinga et d’un bon Bourigeaud, ils n’ont pas su s’imposer, score final 1-1. En panne de réalisme ce soir-là, les Rennais n’ont pas réussi à marquer un autre but et sont donc rentrés au vestiaire avec un seul petit point. La faute à l’inexpérience sans doute, mais encaisser un but juste après avoir marqué, dans une compétition si importante, cette excuse n’est pas entièrement valable. Après ce match encourageant, Guirassy et les siens sont allés garer le bus en terre Espagnole. Que retenir de ce match hormis la peur de l’adversaire de la 1ère à la 90ème minute. Sans Camavinga, difficile d’imaginer pouvoir contrer une équipe de Séville pourtant pas à son meilleur niveau. Les Rennais sont repartis chez eux après une logique (et décevante) défaite 1-0.

Pour le troisième match, Julien Stéphan semblait avoir retenu la leçon, mais c’était sans compter sur un arbitrage made in VAR. Et pour ce match Felix Zwayer, arbitre de la rencontre, était vêtu d’un maillot bleu foncé aux couleurs de Chelsea. Après une vérification à l’aveugle d’une main de Zouma, il sort un deuxième carton jaune pour Dalbert, double peine suite au penalty. Avant ce doublé de Werner, les Bretons livraient un match intéressant. Loin de rendre une copie aussi triste qu’à Séville, ils ont même su instaurer quelques frissons dans la défense londonienne. Mais au fil du match les hommes de Frank Lampard ont pris le dessus et se sont imposés 3-0 laissant les Rennais à un point en trois matchs. Un bilan décevant si l’on observe le classement, mais quelques points positifs dans le jeu. Cela sera insuffisant pour la qualification en huitièmes. Néanmoins il reste l’espoir d’aller en Europa League, une compétition au niveau du club et du coaching…peut-être.

PARIS N’EST PAS MAGIQUE

(source : eurosport.fr)

Après avoir passé en revue l’équipe la moins attendue et à la fois la moins décevante, passons à son antonyme, le Paris Saint Germain. Côté recrutement, le club a payé les 50 millions de l’option d’achat d’Icardi et s’est offert trois joueurs en prêt : Danilo Pereira de Porto, Moise Kean d’Everton et Alessandro Florenzi de l’AS Roma. Un recrutement original et intéressant sur le papier, surtout pour Thomas Tuchel et sa passion pour les changements de poste. Paris a hérité d’un tirage ni facile ni difficile en LDC avec Manchester United, Leipzig et Istanbul Basaksehir. Mais pour un club finaliste de la dernière édition, la qualification est une formalité, quoique. C’est sans compter sur le coaching de Tuchel, le sens du placement de Gueye ou encore les interventions de Diallo. Cette saison européenne les Parisiens l’ont débuté à domicile face à ce que l’on nomme chez RMC Sport « un vieux démon », Manchester United. Comme en mars 2019, c’est une équipe des Red Devils pas en grande forme qui s’est présentée au parc. Deux semaines et demi auparavant, Ole Gunnar Solskjær venait de prendre une leçon de football de Tottenham, s’inclinant 6-1 face aux hommes de Mourinho. Mais grâce à une performance médiocre des Parisiens, il a pu sauver sa place d’entraineur alors remise en question. Un match défensivement plus que décevant pour les joueurs de la capitale. Une faute de Diallo offre dès la vingtième minute un penalty pour Bruno Fernandes. Un penalty raté, retiré, puis marqué la faute à un Keylor Navas jugé trop avancé. En toute fin de match Pereira, positionné à son poste en milieu défensif, s’est offert un footing au côté de Marcus Rashford devant la surface de Navas. Bien entendu l’Anglais en a profité pour marquer le but de la victoire devant le regard admiratif de Mitchel Bakker. À noter l’égalisation du PSG entre temps sur un très belle tête de… Martial, symbole de la très faible animation offensive parisienne. Comme tout n’est pas tout noir, il faut souligner le très bon match de Keylor Navas qui a sauvé à nombreux coups ses coéquipiers, pas la première et dernière fois cette saison. Après cela Paris a su éviter le piège Turc de Basaksehir en s’imposant 2-0 sans sortir un grand match, mais le résultat est là, notamment grâce à un doublé de Moise, seule petite satisfaction du début de saison des vices champions d’Europe en titre. Jusqu’ici, il s’agit la seule victoire française en ligue des champions cette année après trois matchs joués par chaque club.

Le 4 novembre face à Leipzig, les Parisiens nous ont montré ce qu’il y avait de pire dans tous les secteurs en un seul match. Cela a débuté une heure avant le match avec la composition d’équipe proposée par Thomas Tuchel. Sans doute s’est-il dit que l’attaque du FC Nantes valait autant celle de Leipzig et qu’aligner Pereira au côté de Kimpembe en défense centrale ne poserait aucun souci. En effet le week-end précédent, le Portugais avait déjà endossé ce rôle cela avait bien fonctionné face à la 17ème pire attaque du championnat. Pourquoi cela ne fonctionnerait-il pas face à la 3ème meilleure de Bundesliga ? Allez donc demander au principal concerné, nous n’avons pas su trouver quelconque réponse. Malgré une bonne entame de match avec l’ouverture du score de Di Maria, les parisiens n’ont pas réussi à se mettre à l’abri faute à un penalty raté par ce même Di Maria. Comme un signe de la très mauvaise gestion des jeunes par le club, c’est Nkunku qui égalisa juste avant la mi-temps.

(source : rmcsport.bfmtv.com)

Sur cette image nous pouvons admirer un bloc parisien parfaitement organisé…pour laisser marquer l’ancien joueur du club. En rouge Nkunku vient juste de contrôler le ballon transmis par Angelino depuis la gauche de la surface. Les deux joueurs en bleus sont les plus proches du milieu de Leipzig. Il y a Sarabia, attaquant gauche sur ce match qui est complètement arrêté à ce moment-là. Le second joueur est Angel Di Maria ailier droit. Mais alors pourquoi Di Maria est-il contraint de sprinter pour tenter de contrer la frappe ? Quatre fautifs (au moins). Gueye et Herrera positionnés au milieu de terrain par Tuchel, mais tous deux défenseurs centraux sur cette action. Le premier était parti affronter Forsberg alors que Florenzi, bien à son poste, était déjà au duel avec lui. Le second s’était placé à juste titre devant Angelino pour l’empêcher de frapper. Ils sont alors trop bas pour revenir sur Nkunku, si bas qu’ils décident eux-mêmes de ne pas monter sur lui. Pereira qui, certes n’est pas à son poste, mais doit logiquement savoir comment défendre face à un joueur en position de frappe. Angelino peut frapper lorsqu’il contrôle le ballon, Pereira est loin de lui. Il feinte alors une frappe ce qui fait descendre Herrera venu aider le portugais. En une action ce dernier prend mal son joueur et déséquilibre tout le bloc parisien. Marquinhos n’est pas exempt de tout reproche non plus. Aligné en numéro 6, pas pour la première fois, il se trouve sur l’action entre Pereira et Kimpembe. Sans doute un reflexe de son poste initial. Toujours est-il que c’est lui qui doit être au contact de Nkunku pour l’empêcher de frapper. Chose qu’il essayera de faire, mais avec trop de retard.

La suite du match est tout autant mauvaise pour la défense des joueurs de la capitale, qui enchaînent mauvais positionnements et retards. Kimpembe concèdera un penalty sur une main largement évitable, facilement transformé par Forsberg. Symbole des erreurs qui s’accumulent, Gueye est exclu après un deuxième jaune suite à une semelle sur Haidara. Le PSG est alors à 10 et perd 2-1 face à une équipe de Leipzig loin de produire un beau football. Face à ce constat, Tuchel décide en toute logique…de faire rentrer un défenseur. En effet le tacticien ne prend aucun risque, il sacrifie un attaquant (Sarabia) pour un défenseur (Kehrer). La fin du match sera difficile pour les Parisiens notamment Florenzi qui terminera le match ailier, lui habituellement latéral. Pour clôturer la soirée Kimpembe sera lui aussi expulsé après un tacle par derrière à la 95ème. Là encore l’homme qui sort de l’eau est Keylor Navas, hauteur d’un bon match et de plusieurs sauvetages décisifs. Malheureusement, il était bien seul ce soir-là et n’a pu empêcher la défaite de son club (2-1). Le match retour se jouera donc sans Kimpembe et Gueye, à voir quel miracle Tuchel nous réserve, s’il est encore là.

VILLAS-BOAS : VENI, VIDI, PAS VICI

(source : mercatoshow.com)

Si un supporter de Toulouse lit ce papier, attention ce qui va suivre risque de vous rappeler de mauvais souvenirs. Comme les violets, l’OM est entrain de battre un record de défaites, mais dans la plus belle des compétitions européennes. Malheureusement, eux ne pourront pas battre un record de points dans cette compétition…il est impossible de descendre en dessous de 0, leur propre record (2013). Avant d’aborder le coaching d’André Villas-Boas, il est important de passer en revue l’effectif olympien. Avec un recrutement proche de son niveau en ligue des champions, le club n’a pas abordé sereinement cette campagne européenne. L’OM a perdu deux joueurs importants avec la vente de Bouna Sarr au Bayern pour 8 millions et le prêt de Maxime Lopez à Sasuollo. Plusieurs joueurs intéressants ont été recrutés comme Pape Gueye et Yuto Nagatomo (arrivés gratuitement) ainsi que Michaël Cuisance et Léonardo Balerdi (tous deux prêtés). Des joueurs capables d’apporter du changement notamment dans le milieu à 3 de Villas-Boas, encore faut-il que ce dernier accepte de faire tourner. Avant de commencer son parcours européen, Marseille traînait derrière lui une statistique inquiétante de 9 défaites consécutives en Ligue des champions. Le tirage ne présageait rien de bon pour mettre fin à cette série avec Manchester City et Porto, mais une équipe de l’Olympiacos largement à la portée de l’équipe Marseillaise.

A lire : Villas-Boas, un bilan à nuancer

Le premier match était justement en Grèce face à l’équipe de Mathieu Valbuena. Dans son 4-3-3 habituel Villas-Boas décida d’aligner le jeune Pape Gueye derrière Sanson et Rongier. Devant Payet, Benedetto et Thauvin étaient chargés de faire plier la défense de l’Olympiacos. Un rôle qui ne rempliront absolument pas, sans grande surprise pour les deux premiers, en difficulté depuis la reprise du championnat. Mais Dario Benedetto n’a pas de souci à se faire, bon ou pas, son entraineur ne semble pas avoir le projet de le remplacer. Que dire de cette purge ? Un OM inefficace sur le peu d’occasion qu’il se procure et un milieu presque fantomatique durant tout le match. Les joueurs payeront leur laxisme à la 91ème sur un but de la tête de Ahmed Hassan, seul dans la surface.

(source : rmcsport.bfmtv.com)

Sur cette image (très floue on l’accorde), nous vous laissons prendre une leçon de marquage à la culotte des Olympiens. Entourés en rouge, Rongier, Sakai, Strootman et Alvaro sont en losange autour de deux joueurs de l’Olympiacos dont le futur buteur bien seul au point de penalty. Une irrégularité qui coutera chère à l’OM qui concède donc sa dixième défaite de rang en ligue des champions. Après ça, c’est à domicile face à Manchester City que les joueurs de Villas-Boas sont allés défendre leurs couleurs…quelques minutes. Vu le peu de positif que nous pouvons ressortir de la performance, quand il y en a il faut savoir le faire. Et il est important de souligner un changement de joueurs et dispositif de la part du coach avec la présence de Cuisance dans un 5-3-2 plus que défensif. Mais cette tactique n’a pas payé très longtemps grâce à Rongier toujours aussi inconstant, qui, à la 18ème minute, confondit De Bruyne et Caleta-Car. Ce dernier n’est pas exempt de tout reproche puisqu’il resta à l’arrêt et laissa tout le temps au Belge d’ajuster sa passe pour Ferran Torres. Le reste du match est une attaque-défense qui permettra aux Cityzens d’inscrire deux autres buts facilement. Nous pourrions tout excuser par la différence d’effectifs entre les deux clubs. Mais nous ne le ferons pas. Lyon aussi avait un effectif bien inférieur à celui de Pep Guardiola et pourtant, en ayant la détermination et en ne partant pas défaitistes ils avaient su créer l’exploit.

Nous en étions donc à onze défaites, la douzième est arrivée, presque invitée par les Marseillais. Porto, pourtant loin de sa grande époque, à pu très simplement récupérer trois points supplémentaires, sans aucune adversité. Peut-être que le retour du milieu Sanson, Kamara, Rongier explique cette piètre performance de la 1ère à la 90ème minute. Et pourtant Payet a eu l’occasion sur penalty, de marquer son premier but en Ligue des champions de sa carrière. Mais, sans doute par une envie de challenge, le français préféra envoyer le ballon en tribune. Pour le reste, un match plutôt équilibré, mais les lacunes défensives permettront aux joueurs de Conceiçao d’inscrire trois buts. À noter la médiocre performance, et le mot est faible, des joueurs offensifs de Marseille avec un total de 0 tir cadré en 90 minutes. Et c’est ainsi que le groupe Olympien rentra dans l’histoire avec une série de 12 défaites d’affilée égalant le record d’Anderlecht. Mais si Villas-Boas et les siens ne se remettent pas en question, ils battront tous ensemble cette série et redeviendront, à jamais les premiers.

Il reste neuf matchs. Neuf matchs pour sauver l’honneur, sauver le football français. Mais les coachs en sont-ils capables ? Stéphan saura-t-il instaurer un jeu offensif ? Tuchel pourra-t-il comprendre les difficultés de Pereira en défense centrale ? Villas-Boas arrivera-t-il à trouver un milieu qui sait porter le ballon vers l’avant ? L’avenir nous le dira, pour l’heure place aux matchs internationaux, courage à tous, vraiment !

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