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Le renouvellement de l’Atletico : comment Simeone a su s’adapter ?

L’Atletico a terminé l’exercice 2019-2020 de la plus fade des manières, une défaite 2-1 face au RB Leipzig sur le terrain neutre de Lisbonne, où les madrilènes n’ont présenté une performance que très peu inspirée et seulement illuminée par l’entrée en cours de jeu de Joao Felix. En quête d’un nouveau souffle, quel avenir se dessine pour les Colchoneros ?

(Source : Photo by GABRIEL BOUYS / AFP)

UNE ANNÉE DE TRANSITION, ET MAINTENANT ?

Depuis l’arrivée de Diego Simeone en décembre 2011 l’Atletico de Madrid n’a cessé de monter en puissance jusqu’à s’imposer comme l’une des plus grosses écuries européennes. Deux Ligues Europa plus tard, l’Atletico semble désormais avoir perdu de son sublime d’antan et ses joueurs historiques avec. L’été 2019 est un véritable chamboulement dans la capitale. En effet suite au départ de ses cadres, l’Atletico n’est pas resté sans bouger. Renan Lodi a remplacé son compatriote Filipe Luis, Mario Hermoso et Felipe sont arrivés pour compenser le départ du capitaine Godin, le retour de Vrsaljko de son prêt à l’Inter Milan et l’arrivée de Kieran Trippier sont venus remplacer Juanfran, enfin le Golden Boy, Joao Felix, a eu la lourde tache de suppléer Griezmann parti en Catalogne. On peut donc parler de renouvellement complet malgré la conservation d’une bonne colonne vertébrale Oblak-Gimenez-Koke. A noter également le départ du très prometteur Rodri remplacé par Marcos Llorente, ainsi que l’arrivée d’Hector Herrera. Mais si l’Atletico a numériquement et qualitativement remplacé chacun de ses départs, les problèmes des madrilènes restent les mêmes, un plan de jeu peu enthousiaste doublé d’une attaque en peine, alors comment retrouver la réussite qui était la leur ? Les failles de l’effectif sont toujours les mêmes : un milieu surchargé pour une attaque fébrile et aucun véritable ailier dans l’effectif. Seulement la transition est peu évidente au début, avec seulement 3 victoires entre la 3ème et 16ème journée de championnat, les rojiblancos se retrouvent vite largués au classement et la capacité des petits nouveaux à s’adapter à la rigueur de leur entraîneur interroge. Si la première partie de saison des Colchoneros est réellement mauvaise, la seconde est plutôt honnête, voire bonne. La double confrontation contre Liverpool en 8èmes de finale de Ligue des Champions est le symbole de ce revirement de situation. En battant le champion d’Europe au Wanda Metropolitano puis à Anfield, les coéquipiers de Jan Oblak marquent un très grand coup et montrent à l’Europe que l’Atletico n’est pas encore mort. Les Colchoneros enchainent alors une série de 18 matchs sans défaite seulement entachée par la triste défaite contre Leipzig lors du final 8 où les madrilènes, pas non plus aidés par la chance, n’ont strictement rien montré. Alors si les espoirs misés sur les nouvelles recrues n’ont pas livré toutes leurs promesses, tout n’est pas à jeter et avec quelques ajustements la relève semble toute assurée.

Si l’on devait relever un défaut marquant dans l’Atletico de la saison dernière, c’est principalement son réalisme devant le but. Seuls deux clubs de Liga ont plus raté que l’Atletico Madrid la saison dernière si l’on se fie aux xGoals, en l’occurence deux des trois relégués à savoir Leganes (avec un manque de 8,92xG), et l’Espanyol Barcelone (avec un manque de 10xG). Les coéquipiers de Koke eux auraient du, selon les xGoals, marquer 7,70 buts de plus qu’ils ne l’ont fait. Évidemment ce décalage n’est pas un simple manque de chance et s’explique surtout par le déchet des attaquants madrilènes et en premier lieu Alvaro Morata respensable de presque 50% de ce manque à gagner. Diego Costa, qui lui aussi a beaucoup loupé, est également un réel poids tant au niveau de son jeu que de ses stats. Mais cette saison tout a changé, Alvaro Morata est retourné sous la forme d’un prêt payant à la Juventus tandis que son compère espagnol n’est plus un homme fort du groupe, lui qui a joué seulement 172 minutes en championnat jusqu’à présent. A l’inverse, Luis Suarez est arrivé pour renforcer une attaque pas assez incisive. Également renforcé de Yannick Carrasco l’hiver dernier (définitivement acheté cet été), puis de Lucas Torreira (en prêt avec option d’achat) cet été et dernièrement Geoffrey Kondogbia acheté en qualité de Joker pour remplacer le départ de dernière minute de Thomas Partey, l’Atletico peut désormais se vanter d’avoir un effectif aussi pléthorique que viable. Alors comment tout ce beau petit monde s’organise ?

LLORENTE LE JOUEUR SIMEONE, LE JOYAU FELIX ET LE DECLIC DU PISTOLERO

(Source : marca.com)

La victoire de l’Atletico Madrid 4-2 sur la pelouse d’Anfield n’est pas le seul fait majeur de cette grande soirée pour les madrilènes. En effet cette victoire est due à la solidité défensive que l’on sait propre aux matelassiers mais aussi et surtout au doublé d’un homme alors transfiguré, cet homme c’est bien évidemment Marcos Llorente. Milieu défensif de formation, Diego Simeone le fait rentrer à la 56eme minute pour Diego Costa afin de renforcer l’équipe défensivement alors menée 1-0 synonyme de prolongation. S’il rentre selon les mots de son coach pour d’abord renforcer le couloir droit et ainsi réaxer Angel Correa c’est lui qui va se repositionner à la place de l’Argentin suite à sa sortie. Et alors la magie opère, alors que les madrilènes sont désormais menés 2-0 en prolongations après le premier but de Firmino à Anfield en un an, un grand bonhomme sorti de nulle part arrive et marque coup sur coup son premier et second but en Ligue des Champions. Bien qu’aidé par le très moyen Adrian dans les buts, la performance de Llorente n’en est pas moins impressionante avec deux buts respectivement estimés à 0,03 et 0,07xG. Enfin, Alvaro Morata est venu conclure le bal et ainsi faire subir à Liverpool sa première défaite à Anfield en coupe d’Europe depuis 25 matchs, mémorable. Alors, peu à peu, Simeone commence à tester Llorente dans une position plus haute, celle du second attaquant si important à son 4-4-2 à plat. Alors que Llorente n’était jusqu’alors qu’un joueur de rotation du large milieu rojiblanco, il devient rapidement un joueur essentiel pour El Cholo. C’est ainsi que l’Atletico termine son exercice 2019/2020 avec un Llorente capable d’illuminations aussi incompréhensibles qu’exceptionnelles. Si son physique ne laisse pas paraître un joueur élégant balle au pied, sa technique et sa frappe de balle sont tout de même remarquables, lui permettant de marquer de positions que personne d’autre qui lui n’imaginerait. Malgré tout Llorente ne renie pas ses qualités initiales de milieu défensif et reste un joueur au physique exceptionnel avec une vitesse tranchante, rajoutez à cela un abattage incroyable lui qui atteint régulièrement les 12km courus par match. Cette endurance est idéale pour son poste, en effet en phase défensive le 4-4-2 de Diego Simeone devient un 4-5-1 avec le second attaquant qui redescend dans la ligne de quatre au milieu, qui de plus parfait que Llorente dans le système de l’Argentin pour remplir ce rôle ?

Seulement Llorente n’est pas le seul joueur de différences de l’Atletico, si Angel Correa pourrait egalement être qualifié de tel (voire Yannick Carrasco pour les plus vicieux), il est désormais relégué au second rang et aspire seulement à faire partie de la rotation. Mais le joueur de classe mondiale des madrilènes n’est évidemment autre que le petit mais ravissant Joao Felix. Alors lorsqu’on a le luxe d’avoir un tel joueur on s’adapte à lui et non pas l’inverse. Si le portugais n’a pas convaincu tous les observateurs, son talent reste indéniable et son début de saison réjouit même les plus sceptiques. Mais c’est là que survient le problème de Simeone, problème de riche pourrait-on dire, mais qui de Joao Felix ou Llorente doit occuper ce fameux poste de second attaquant. La saison dernière en championnat c’était soit l’un soit l’autre et lorsque le premier sortait, le second le remplaçait. Mais la donne à changé et les deux joueurs deviennent indispensables, alors c’est le portugais qui bénéficie de sa position préférentielle aux dépens de l’ancien  Merengue. Aux dépens ? pas exactement, Llorente se retrouve positionné en tant que milieu droit, poste où il s’exprime tout aussi bien. Cela lui permet en phase offensive de déborder ou parfois prendre la profondeur (bien que plus rare), sa capacité à jouer proche de la surface et son aise dans les petits espaces est précieuse même si combiner avec Kieran Trippier n’est pas toujours un cadeau, bien que Šime Vrsaljko devrait bientôt revenir de sa blessure. Autre avantage, ou du moins non-inconvénient à jouer à droite et laisser Joao Felix dans l’axe, le portugais dézone beaucoup pour venir chercher le ballon bas et remonter avec ou trouver les intervalles, ainsi lorsque Joao redescend cela permet à Llorente de monter d’un cran avec précaution. Si Joao est le maestro qui dicte les mouvements de son équipe, Llorente est celui qui s’adapte, voit, et compense chacun de ces mouvements. Mais l’équation offensive de l’Atleti est plus complexe que cela et implique encore bien des inconnues.

Celui qui pourrait permettre à Simeone de trouver une solution à son équation est l’un des transferts qui aura fait jasé cet été. En effet le départ de Luis Suarez qui a préalablement été libéré de sa dernière année de contrat par le Barça n’est pas des plus anodins. Un temps annoncé à Turin, l’attaquant de 33 ans était proche de la Vieille Dame mais à fini par atterrir dans la capitale espagnole où il retrouve ses compatriotes Gimenez et Torreira entre autres. Avec ses sept sud-américains (et même 8 en incluant Diego Costa qui a la nationalité brésilienne), l’Atletico se rappelle aux doux souvenirs des années 70 qui leur donna ce surnom cher aux supporters rojiblancos de « Los Indios » en référence au grand nombre de sud-américains peuplant l’effectif à l’époque à l’image par exemple de Ruben Ayala, ou encore Ramon Heredia. C’est ainsi dans ce monde ou les différents accents espagnols chantent au milieu de quelques bribes de portugais, tout cela sous la tutelle de la passion criante de Diego Simeone, que Luis Suarez vient poser ses valises. Ça sera à coup sur un voyage épuisant où Le Profe Oscar Ortega ne laissera pas la moindre seconde de repos à ses joueurs, mais qui réservera sûrement de belles surprises, un voyage vers l’inconnu sommes toutes. L’attaquant uruguayen lui n’a pas prit le temps de rêver, à peine 20 minutes lui auront suffit lors de sa première entrée sous sa nouvelle tunique pour inscrire son premier doublé. Avec déjà 5 buts inscrits en Liga, soit un but toutes les 75 minutes, l’Atletico semble avoir enfin retrouvé l’efficacité qui lui manquait temps. Certes, l’ancien de l’Ajax et de Liverpool n’a plus sa forme qui fut la sienne et son déchet technique peut parfois énerver, mais ses gestes pleins d’intelligence face au but sont cruciaux, il est d’une certaine manière aux antipodes de ce qu’apportait Alvaro Morata. On se rapproche ainsi de ce qui pourrait être la recette parfaite pour El Cholo, avec cela un Joao qui en plus de sublimer le jeu par phases devient terriblement décisif et une colonne vertébrale citée précédemment toujours aussi solide. Si Gimenez et Koke peuvent éviter les blessures alors l’avenir de ce qui a toujours été considéré comme le second club de la capitale semble radieux et pourrait peut-être les replacer au premier plan. Reste à savoir si Renan Lodi, en difficulté depuis le début de saison arrivera à retrouver son niveau, ou encore si Saul Niguez dont les prestations sont de plus en plus insipides se reprendra en main, ou si alors Simeone finira par lui préférer Hector Herrera dont la latéralité reste précieuse pour les attaquants madrilènes. Même Geoffrey Kondogbia et Lucas Torreira fraîchement arrivés de Valence et Arsenal pourraient bien devenir des solutions. Quoi qu’il en soit la saison de l’Atletico de Madrid sera des plus intéressantes à suivre aussi bien pour ses supporters que pour les observateurs curieux.

C’est ainsi dans ce contexte favorable que l’Atletico débute une saison pleine de promesses. Les individualités impressionnent et même le jeu proposé est parfois enthousiasmant, suffisant pour permettre aux hommes de Simeone de rêver d’une Liga voire du Graal européen qui leur a déjà échappé de si peu à plusieurs reprises ?

Louis L.

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