La survie à tout prix

En fâcheuse posture au coup d’envoi, Paris s’est imposé (1-0) ce soir et c’est bien le seul point positif de la soirée : indigents, les Parisiens n’ont fait peur qu’à leurs supporters. L’essentiel ce ne sont pas que les trois points. 

(Source : Le Parisien)

AU « BON » SOUVENIR DU FINAL 8

(Source : Europe 1)

Le onze parisien avait ce soir des saveurs aoûtiennes aigres-douces. Le retour au 4-3-3 du Final 8 signifiait à nouveau que Tuchel concédait bon gré mal gré la Neymar-dépendance. Le choix de positionner Paredes au milieu rappelle l’Atalanta, match dans lequel le milieu argentin avait brillé par ses services pour Neymar qui avaient permis de maintenir le danger haut sur le terrain. Si le PSG ouvre le score dès la 10e minute, il peut remercier Leipzig. Comme lors de la dernière demi-finale, Paris avait fait le choix de placer ses trois attaquants face aux trois défenseurs de Nagelsmann. Comme lors de la dernière demi-finale, ce semblant de pressing a payé avec le penalty provoqué par Di Maria après une faute de Sabitzer. Transformé par Neymar, ce penalty sera le seul moment du match maîtrisé par Paris, c’est dire … Le retour au 4-3-3 n’a pas été payant. L’animation intermittente et éphémère du système a réduit Paris à la défense de sa surface, comme un Petit Poucet de Coupe de France, sans aucune offensive construite. Le jeu sans ballon est aussi cacophonique qu’avec. Le pressing organisé des attaquants parisiens n’aura duré qu’une action, confirmant l’investissement plus qu’intermittent de Neymar et Mbappé dans les tâches défensives, et offensives à en juger par le désert à l’avant présenté ce soir. Le milieu de terrain court dans le vide, Paredes n’est pas la rampe de lancement espérée, Danilo n’a aucune notion de l’espace et les courses d’Herrera n’y changent rien. Bref, ici c’est pourri.

PARIS CHANCEUX, LEIPZIG MALHEUREUX

(Source : Goal.com)

Le plan de Tuchel, si tant est qu’il en ait eu un, a vite été lu par Nagelsmann et ses hommes. En orientant notamment leur pressing sur Bakker et Florenzi, Leipzig s’est assurée de récupérer moult ballons, tant dans les pieds des deux joueurs qu’à la tombée de leurs dégagements en catastrophe. Avec ce milieu parisien si poreux, Olmo et Forsberg avaient tout le temps d’orchestrer les offensives depuis les demis espaces. Si Paris s’en est au final sorti, il ne le doit évidemment pas qu’à Neymar et beaucoup aux imprécisions adverses, sans pour autant avoir forcé ces dernières. Alors qu’ils ont plutôt été efficaces dans leur approche sans ballon sur les côtés, l’animation des couloirs a fait défaut aux Lipsiens. Olmo a parfois été trop brouillon, Forsberg s’est démené seul et Nkunku était trop discret et lent dans ses prises de décisions pour amener du danger sur la cage de Navas. L’animation offensive de Leipzig aura été leur seul mais coûteux péché de la partie, tant Sabitzer a été juste dans son rôle de plaque tournante dans l’entrejeu, tant Konaté a été impitoyable sur chaque ballon. 

THOMAS TOUT SEUL

(Source : CNews)

Même si la victoire de ce soir devrait lui apporter un léger répit aux yeux de la direction parisienne, Thomas Tuchel n’est plus vraiment en odeur de sainteté dans la capitale. Autrefois appuyé sur ses deux plus grosses individualités que sont Neymar et Mbappé, le technicien allemand en est devenu complètement dépendant et incapable de les mettre dans les meilleures conditions pour qu’elles brillent. Il se résout à lier son destin au dilettantisme des deux joueurs. Tuchel se saborde match après match et l’épisode « Danilo le défenseur » avait annoncé la couleur : il a perdu les pédales et toute lucidité sur la situation. Comme si son approche de la partie ne suffisait pas, le coach parisien a suscité de nombreuses interrogations dans sa lecture du match en sortant Di Maria dès la 64e, probablement l’offensif le plus volontaire, pour passer à une défense à 3 et repositionner le Danilo, sa remorque et ses sabots, dans l’arrière-garde parisienne. Ce choix a été encore plus criant dans l’attitude parisienne : tant pis pour la manière, courage survivons, les 3 points nous sauveront. Pour clore le tout, Thomas Tuchel s’est fendu d’une analyse post-match à la marseillaise au micro d’RMC Sport, en invoquant l’importance du résultat de ce soir et en défendant très maladroitement la qualité du match de son équipe. Copier son homologue portugais par les temps qui courent n’a rien d’une bonne idée mais Tuchel ressemble à AVB à s’y méprendre. Il en viendrait presque à nous inviter à rejoindre l’amicale des décevants … 

TOPS & FLOPS

Tops

Ibrahima Konaté

(Source : PSG Talk)

Lui qui plaçait ce matin dans l’Équipe Mbappé parmi les meilleurs joueurs du monde l’a pourtant fait passer pour un attaquant lambda. Juste dans sa lecture des ballons en profondeur, décisif comme son retour sur Neymar, le jeune défenseur français a brillé par sa maîtrise et sa sérénité. 

Marcel Sabitzer

(Source : Transfermarkt)

Il a un temps été l’ennemi public numéro un de Neymar et ce n’est pas pour rien. Tous les ballons sont passés par lui et peu ont été gâchés. Premier relais derrière l’attaque parisienne, Sabitzer a dicté le jeu de Leipzig avec brio.

Abdou Diallo

(Source : le 10Sport)

Celui qui remplaçait Kimpembe avait pour principale mission de faire oublier l’absent et ce fut plutôt réussi. Parfois gêné par le jeu dos au but de Poulsen, Diallo a su garder le dessus dans son duel avec le Danois. Son aisance balle au pied a aussi rendu service à un milieu allergique au ballon. 

FLOPS

Thomas Tuchel

(Source : Paris Fans)

Ce match s’ajoute à la récente série des prestations plus que moyennes des Parisiens et il n’y est pas pour rien. La défaite de Monaco avait été relativisée par l’Allemand en invoquant le match de ce soir mais Paris a été aussi mauvais que durant sa deuxième mi-temps à Louis II. Sans inspiration ni idée, Tuchel a joué petits bras en se reposant encore sur Neymar, qui lui a sauvé la mise d’une certaine manière. Si la victoire l’aide au niveau comptable, elle ne lève pas pour autant son sursis sur le banc parisien. 

Neymar

(Source : Instant foot)

Hautement responsabilisé, le Brésilien a tout fait à l’envers ce soir. En surjeu constant, Neymar a joué la tête dans le guidon et multiplié les mauvais choix. En plus d’un niveau douteux, le numéro 10 a eu une attitude puérile et exécrable, donnant inutilement des coups, tentant des petits ponts vengeurs comme on en voit dans des tournois de jeunes et surjouant la victoire au coup de sifflet final avec Mbappé. 

Kylian Mbappé

(Source : ActuFoot)

Le « génie français » aura encore une fois raté son œuvre en C1. Allongeant sa disette européenne à 8 matchs, Mbappé est resté dans ce qu’il fait mal, dans le stéréotype. Parfois pousse-ballon, parfois dribbleur improvisé, le Français heurte à nouveau un plafond en Ligue des Champions. Si la Ligue 1 est devenue trop facile pour lui, l’Europe lui pose encore trop de soucis. 

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