Le Brésil en Coupe du monde : premiers espoirs, premiers échecs (1/5)

Lorsque l’on parle du football et son histoire, l’évocation du Brésil et de la Coupe du monde sont deux choses qui reviennent de façon irrémédiable. Le pays le plus mythique de ce sport et le deuxième événement sportif le plus regardé au monde sont aussi étroitement liés. Une histoire non linéaire, parsemée d’aventures toutes aussi belles et différentes les unes des autres. Une nation symbole de l’essence même du football et de ce qu’il a de plus merveilleux à offrir. L’occasion de montrer au monde un spectacle magnifique avec à la clé les plus belles récompenses, la joie du public et le plus beau des trophées. De Leônidas à Neymar, de la Coupe du monde 1930 à la Coupe du monde 2018 en passant par Pelé, Garrincha, Zico, Rivaldo, Ronaldo et les Coupes du monde 1962 et 1970, retour sur les succès, échecs, moments de magie et événements mythiques du pays le plus titré de la plus belle des compétitions internationales. Premier épisode ici, de 1930 à 1950.

LA COUPE DU MONDE 1930, PREMIÈRE DE TOUTES

La première Coupe du Monde de l’histoire se dispute en Uruguay, pays vainqueur de l’épreuve des Jeux Olympiques 1924 et 1928. Ce championnat du monde de football s’appellera plus tard Trophée Jules Rimet, en hommage à son créateur français. Le Brésil fait partie des 13 équipes invitées à disputer cette première édition, et est désigné comme tête de série au même titre que l’Argentine, l’Uruguay et les États-Unis. Malheureusement, les Auriverdes ne sortiront pas d’un groupe où figurent également la Bolivie et la Yougoslavie. Malgré une victoire 4-0 contre la Bolivie, avec deux doublés de Preguinho et Moderato, les brésiliens s’inclineront 2-1 face à la Yougoslavie en dépit d’un autre but du capitaine Preguinho. A cette époque, tous les joueurs sélectionnés évoluaient au Brésil.

(Source : fifa.com)

Si Preguinho est le meilleur joueur de son équipe pendant la compétition, l’absence du grand Arthur Friedenreich se fait ressentir durant cette Coupe du Monde. Ce dernier avait soulevé deux Copa America avec son pays, dont celle de 1919 où il avait fini meilleur buteur. Le grand écrivain uruguayen Eduardo Galeano dit de lui qu’il marqua plus de buts que n’importe qui dans l’histoire du football, un nombre de 1329, soit 50 de plus que Pelé. Des statistiques évidemment non vérifiables par manque de données statistiques à l’époque, mais qui donnent une idée de l’importance du joueur. L’écrivain déclare également dans son livre Le Football, Ombre et Lumière qu’il incarnait un style fantaisiste qui préférait le jeu au résultat. Friedenreich, fils d’un immigré allemand et d’une mère noire, avait réussi à montrer sa classe et à intégrer l’équipe nationale à une époque en proie au racisme ambiant. En effet, en 1921, le président Epitacio Pessoa avait formulé un « décret de blancheur ». Il était interdit de sélectionner des joueurs à la peau brune.

1934-1938, DU NÉANT AUX ESPOIRS

La Coupe du monde 1934 du Brésil est sûrement l’une des moins marquantes de son histoire. En pleine Italie fasciste, – occasion idéale de la mise en place de la propagande de Mussolini – la Seleçao sort dès le premier tour en s’inclinant 3-1 face à l’Espagne, dans ce qui pourrait aujourd’hui être considéré comme un huitième de finale. Néanmoins, le buteur brésilien, Leônidas, est un gage de bon espoir pour le Brésil dans la compétition…

Légendes du Brésil : Leonidas
(Source : francetvsports)

Dans un contexte de guerre prochaine, c’est en effet ce même Leônidas qui va rayonner sur la France en 1938. Ses huit buts vont porter le Brésil, seul pays sud-américain présent, jusqu’en demi-finale. Dès le premier tour, les Auriverdes offrent un match d’anthologie, une victoire 6-5 face à la Pologne avec un triplé du grand Leônidas, dont notamment un but inscrit pied nu. Le « diamant noir » ne s’arrête pas en si bon chemin puisqu’il illumine le quart de finale de son équipe avec une bicyclette face à la Tchécoslovaquie. Le résultat est cependant nul, le match est donc à rejouer. Leônidas plante encore, mais se blesse et ne pourra pas jouer face à l’Italie en demies. Dans un tournoi où tous les arbitres sont européens, un penalty douteux envoie l’Italie en finale. Le Brésil laisse encore passer sa chance, mais a ébloui la France.

Dans cette compétition, Leônidas n’est pas le seul brésilien qui brille. Eduardo Galeano affirme qu’il n’y eut pas d’arrière plus solide que Domingos da Guia. « Homme au style imperturbable, il faisait tout en sifflant et en regardant ailleurs ». Un joueur qui avait beaucoup de reconnaissance pour le ballon et dont le nom désigna par la domingada l’art de ressortir le ballon avec calme.

1950, DRAME NATIONAL

Mondial 1950 : l'Uruguay traumatise le Brésil
(Source : Franceinfo)

« La pire tragédie de l’histoire du Brésil » selon les commentateurs locaux de l’époque. 12 ans après la Coupe du monde en France, tout un pays prêt à faire la fête et célébrer une victoire inévitable, est sous le choc. Grandissime favori, dans un Maracaña plein à craquer (200 000 personnes), le Brésil s’incline 2-1 après avoir mené au score, à domicile. Malgré la présence du meilleur buteur Ademir dans ses rangs, et de grands joueurs tels Zizinho, Jair ou Bauer, malgré des victoires écrasantes 6-1 sur l’Espagne et 7-1 sur la Suède, malgré un « football du futur » selon le journaliste Brian Glanville, le Brésil a perdu. En plus de la certitude absolue de victoire avant le match, les brésiliens n’avaient besoin que d’un match nul dans cette finale qui n’en était pas une. Il s’agissait d’un tour final à quatre équipes, que seuls le Brésil et l’Uruguay pouvaient encore gagner à l’aube de leur confrontation. Dans un match où le Brésil avait commencé par attaquer, la dynamique s’inversa, le stade devenant silencieux avant que Schiaffino n’égalise et que Ghiggia ne porte le coup fatal. Un échec de plus pour la Seleçao…

Seul pays à avoir participé aux quatre premières Coupes du monde, le Brésil n’y a pas connu le succès pour autant, en dépit d’équipes enthousiasmantes inscrites pour le plaisir de jouer. De grands joueurs comme Leônidas, Domingos, Ademir ou Zizinho avaient pourtant apporté leur talent à l’équipe. Une belle époque pas encore couronnée de réussite, qui viendrait quelques années plus tard… A demain pour l’épisode 2 du Brésil en Coupe du monde, de 1954 à 1966

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