Le Brésil en Coupe du monde : de l’avènement du football à la désillusion (3/5)

Lorsque l’on parle du football et son histoire, l’évocation du Brésil et de la Coupe du monde sont deux choses qui reviennent de façon irrémédiable. Le pays le plus mythique de ce sport et le deuxième événement sportif le plus regardé au monde sont aussi étroitement liés. Une histoire non linéaire, parsemée d’aventures toutes aussi belles et différentes les unes des autres. Une nation symbole de l’essence même du football et de ce qu’il a de plus merveilleux à offrir. L’occasion de montrer au monde un spectacle magnifique avec à la clé les plus belles récompenses, la joie du public et le plus beau des trophées. De Leônidas à Neymar, de la Coupe du monde 1930 à la Coupe du monde 2018 en passant par Pelé, Garrincha, Zico, Rivaldo, Ronaldo et les Coupes du monde 1962 et 1970, retour sur les succès, échecs, moments de magie et événements mythiques du pays le plus titré de la plus belle des compétitions internationales. Troisième épisode, du triomphe de 1970 à la déception de 1982.

1970 : TRIOMPHE INÉGALÉ

Premier épisode : Premiers espoirs, premiers échecs

Top 10 des grand moments de la Coupe du Monde - Football - MAXIFOOT
Source : Maxifoot

Parfois considérée comme la plus belle Coupe du monde de l’histoire, la compétition de 1970 a offert l’une des plus belles équipes de tous les temps, emmenée par des joueurs tous aussi exceptionnels les uns que les autres. Si le Brésil avait réalisé l’exploit d’être un champion invaincu en 1958 et en 1962, il remporte cette fois tous ses matches durant le tournoi, en plus d’avoir remporté tous ses matches de qualifications. Mario Zagallo remet son pays sur le toit du monde et devient le premier homme à remporter la Coupe du monde en tant que joueur et entraîneur. Avant le tournoi, le Brésil avait entamé une longue et intense préparation physique, après avoir beaucoup souffert pendant le mondial anglais et en sachant que le mondial 70 se jouerait en altitude. Sur le terrain, Zagallo bouscule les codes en alignant une sorte de 4-4-2 avec cinq milieux offensifs de génie. Il justifie son choix en déclarant : « Cette équipe a besoin de grands joueurs, de joueurs intelligents. Laissons-les faire et voyons où ça nous mène. » Une volonté de laisser les joueurs libres plutôt que de les contraindre qui va porter ses fruits. D’après Zagallo, son équipe devait s’atteler à bien défendre en bloc, mais explosait en attaque, le latéral droit Carlos Alberto montait aux côtés des attaquants. Brito, Everaldo et Piazza restaient alors à l’arrière. Si certains craignent qu’ils ne se marchent dessus, Pelé, Tostão, Rivelino, Gerson et Jairzinho s’entendent à merveille et disposent tous d’un profil différent. Si l’on devait résumer très grossièrement, Tostão était l’atout tactique du Brésil, Gerson le cerveau, Jairzinho le feu-follet, Rivelino le meneur de jeu et Pelé le buteur. Mais tous les 5 étaient de formidables techniciens. Entre décrochages, percussions, accélérations, buts fantastiques et vision du jeu, c’est un feu d’artifice qui se met en place, permettant au Brésil d’inscrire 19 buts en 6 matches. Jairzinho, virevoltant ailier, signe un record encore inégalé : il inscrit un but durant chacune des 6 parties disputées par la Seleçao.

Deuxième épisode : 58-62, génération dorée

Et encore une fois, le talent de l’équipe ne se limite pas à l’attaque. Au milieu de terrain, Clodoaldo forme une paire avec Gerson, qui monte moins que les autres offensifs. A eux deux, ils suppléent les quatre autres joueurs d’attaque, aidés par les excellents latéraux Everaldo et Carlos Alberto. Carlos Alberto, capitaine, marquera d’ailleurs un but exceptionnel en finale face à l’Italie en ponctuant une action durant laquelle 7 autres de ses coéquipiers auront touché le ballon. But considéré comme le but du siècle. Rivelino dira plus tard qu’un tel but n’aurait pu être inscrit que par une équipe comme celle-là. Pour accéder à cette grande finale, la Seleçao avait en plus battu l’Uruguay 3 buts à 1, atténuant ainsi par la même occasion la grande douleur de 1950. Un match où les Brésiliens furent muselés et dans un premier temps menés, Gerson éteint par ses adversaires. Mais cette formidable équipe avait toujours une solution de secours, et Clodoaldo montra la voie après une grosse prise de risque. Une Coupe du monde on ne peut plus aboutie pour le Brésil, qui devient le pays le plus titré de la compétition. Une édition qui restera certainement inégalable…

74 – 78 : PÉRIODE DE FLOTTEMENT

Brésil-Zaïre 1974: Les Léopards défient l'ogre auriverde
Source : Orange Football Club

En 1974, le champion du monde en titre ne dispose plus d’un effectif aussi flamboyant que celui qui lui a permis d’être sacré pour la troisième fois. Seuls 3 titulaires de la finale 1970, Piazza, Jairzinho et Rivelino sont sélectionnés pour le mondial allemand. Malgré tout, les brésiliens parviennent à accéder au deuxième tour de manière laborieuse. Une victoire 3-0 contre le Zaïre offre la deuxième place du groupe 2 au Brésil après deux matches nuls et vierges face à la Yougoslavie et l’Ecosse. Le deuxième tour consiste en la réduction des 16 équipes de départ en 2 groupes de 4, le premier étant qualifié pour la finale. Malgré des victoires face à la RDA et l’Argentine, la Seleçao doit s’incliner 2-0 face aux Pays-Bas et se contenter de la deuxième place du groupe. Les Auriverdes quittent la compétition le 6 juillet 1974 à l’issue d’une défaite 1-0 contre la Pologne dans le match pour la troisième place. Le mondial 70 semble déjà bien loin…

Lire aussi : L’âge d’or des Pays-Bas

4 ans plus tard, chez le voisin et ennemi argentin, le Brésil ne marquera pas non plus de son empreinte le tournoi. Avec un Rivelino vieillissant et un Zico peu inspiré, la Seleçao connait exactement le même parcours qu’en 1974, à l’exception d’une victoire dans le match pour la troisième place les opposant à l’Italie. En cause notamment, le comportement restrictif du sélectionneur, Claudio Coutinho. Si le Brésil finit invaincu et n’accède pas à la finale que pour une différence de buts défavorable et un arbitrage soupçonné maison pour l’Argentine, les Auriverdes n’offrent pas leur meilleur visage.

1982 : RETOUR DE L’ÉQUIPE QUI FAIT RÊVER

Dans une sorte de remake de la Coupe du monde au Mexique, le Brésil aligne à nouveau une équipe majestueuse en Espagne, douze ans plus tard. Avec Zico, Sócrates, Falcão et l’ambitieux Telê Santana à sa tête, le Brésil retrouve de l’or dans les pieds de ses joueurs et du beau dans les idées de son entraîneur. Dans une Coupe du monde au format étrange, le Brésil se défait facilement de l’URSS, de l’Écosse et de la Nouvelle-Zélande, et accède à un second tour qui l’opposera à l’Argentine et à l’Italie.

https://www.lequipe.fr/_medias/img-photo-jpg/les-bresiliens-du-mondial-1982-lors-de-leur-succes-3-1-contre-l-argentine-l-equipe/1500000001326177/0:0,1997:1331-624-416-75/aae1d.jpg
Source : L’Équipe

Néanmoins, les ambitions de Telê Santana ne se réaliseront pas. Son équipe ultra offensive est beaucoup trop déséquilibrée et exposée en raison de ses « boulets ». Son attaquant Serginho d’abord, titulaire seulement en raison de la blessure de Careca et pas du tout au niveau. Mais aussi et surtout à cause de son gardien, Waldir Peres que beaucoup considèrent comme le pire gardien de l’histoire de la Seleçao. La faute aussi à un gros manque de cohérence tactique. Ses latéraux trop attirés par l’avant et sa défense beaucoup trop en difficulté, Santana n’a pu que constater l’ampleur des dégâts. Face à une Italie déraisonnablement défensive qui n’était arrivée là que grâce à trois piteux matches nuls, le Brésil s’inclina 3-1, l’idéalisme vite rattrapé par le froid réalisme italien. Dans cette finale de groupe, le Brésil n’aura laissé que des rêves inachevés.

Après ses deux sacres de 58 et 62 et son échec au mondial anglais, le Brésil aura renoué avec le succès en 1970, avec ce qui est l’une si ce n’est la plus belle équipe de tous les temps. Dans une période plus vague, les quatrième et troisième places en 1974 et 1978 n’auront pas laissé de souvenirs impérissables. Mais le Brésil connut aussi à nouveau la désillusion quatre ans plus tard, n’accédant pas au dernier carré et laissant s’évader un rêve envolé. Rendez-vous jeudi pour un autre épisode du Brésil en Coupe du monde, de 1986 à 1998.

Sources : https://www.sofoot.com/pourquoi-la-coupe-du-monde-1970-est-la-plus-belle-de-l-histoire-486290.html, https://www.eurosport.fr/football/coupe-du-monde/2014/coupe-du-monde-selecao-pourquoi-le-bresil-82-a-perdu_sto4312718/story.shtml La Pyramide inversée, L’histoire illustrée de la Coupe du monde de Football, https://youtu.be/u4pGASQz74k Image mise en avant : Athlet.org

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