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Lucho à Marseille : le doux souvenir d’un amour trop court

Le 14 mars dernier, au détour d’un communiqué, l’Athletico Paranaense a annoncé la retraite de Louis Oscar González, dit « Lucho ». Le meneur de jeu de 40 ans raccrochera donc les crampons au terme d’un match d’adieu, organisé par son club dans les prochains mois, avant d’intégrer le staff. Cette nouvelle a raisonné particulièrement en France et surtout à Marseille. En effet, Lucho est l’un des joueurs qui a le plus marqué les supporters de cette ville. Arrivé en provenance de Porto l’été 2009, Lucho González aura foulé la pelouse du Vélodrome pendant deux ans et demi. Tant par son jeu que par son aura, « El Commandante » s’est imposé comme pilier du club et chouchou des supporters. Retour partiel (on l’espère le moins possible) et partial (on l’assume complètement) sur sa période marseillaise.

DES DÉBUTS MOUVEMENTÉS

(Source : rmcsport.bfmtv.com)

L’été 2009, les supporters marseillais voient débarquer de Porto Luis Oscar Gonzalez, dit « Lucho ». Le joueur d’1m85 avait, en 2005, rejoint le club portugais en provenance de River. Il avait ainsi découvert la Champions League. Et c’est là que les phocéens l’avaient rencontré deux ans plus tôt.

Le 24 octobre 2007, l’OM reçoit le FC Porto en match de groupe de la Ligue des Champions. Lucho, alors capitaine du club portugais, délivre une belle partition conclue par un but sur pénalty qui permet aux Portugais de revenir à 1-1. C’est toujours en Champions League, que le meneur argentin va confirmer les commentaires à son égard. Quelques mois avant son transfert, il porte, avec Lisandro Lopez, son FC Porto jusqu’en quart de finale de l’édition 2008-09 où il s’incline face au Manchester United de Cristiano Ronaldo qui ira jusqu’en finale. Lucho arrive donc à Marseille avec l’étiquette de joueur le plus cher de l’histoire du club (il arrive pour 18 millions et est détrôné plus tard par le retour de Dimitri Payet) et doit rapidement se montrer indispensable pour permettre à l’OM de Didier Deschamps, remplaçant d’Eric Gerets, de passer un cap.

Lucho est accueilli dans un contexte très particulier. En effet, Jean-Claude Dassier remplace Pape Diouf à la tête du club et Deschamps, bien que recruté par l’ancien président, est confirmé à son poste. En parallèle du natif de Buenos Aires, de nombreux joueurs débarquent sur le Vieux-Port, à l’instar de Gabriel Heinze, Souleymane Diwara, Stéphane Mbia ou encore Edouard Cissé. L’effectif est plutôt mixte regroupant des joueurs suffisamment expérimentés de Ligue 1 comme Steve Mandanda, Vitorino Hilton, Laurent Bonnart, Bruno Cheyrou, Taïe Taiwo et le capitaine Mamadou Niang, ainsi que des jeunes joueurs au talent indéniable désirant s’affirmer comme Hatem Ben Arfa, Mathieu Valbuena, Charles Kaboré ou encore Jordan Ayew. Au sein de cet effectif assez complet, Lucho va tenir un rôle essentiel, bien installé au cœur du système de Didier Deschamps.

Mais, comme souvent dans les histoires d’amour, celle entre l’argentin et les supporters phocéens connaît des débuts compliqués. Dès les premiers mois au sein du club marseillais, il est victime d’une fracture à la clavicule en match amical, le 29 juillet. Sans lui, l’équipe engrange pourtant des résultats plutôt bons (deux victoires, deux nuls). Lucho revient sur le terrain le 12 septembre contre Le Mans, quelques jours avant la réception de l’AC Milan au Vélodrome, une rencontre chargée d’une indéniable nostalgie. Ses deux premiers matchs ne sont pas spécialement brillants bien qu’il frôle par deux fois le but milanais lors de la défaite marseillaise (1-2). Placé en pointe haute du milieu en losange dessiné par Didier Deschamps, « El Commandante » montre son envie et se bat défensivement, mais il a du mal à trouver ses offensifs, pourtant sa qualité primordiale. C’est quatre jours plus tard, repositionné dans un milieu à trois que le numéro 8 phocéen réalise pour la première fois un match plein. Revenons sur sa partition.

OM-MHSC : LA RÉVÉLATION

(Source : Canal +)

Face au surprenant promu montpelliérain de René Girard, l’OM est d’abord fortement bousculé. Montpellier pousse avec un pressing plutôt haut et se procure les meilleures situations. Après un excellent retour défensif de Laurent Bonnart sur Montavio, les Olympiens se remobilisent et parviennent même à ouvrir le score dès leur première occasion. Après une belle ouverture de Cheyrou, Mamadou Niang va laisser sur place trois défenseurs montpelliérains et adresser une passe en retrait au point de pénalty à Lucho qui inscrit son premier but avec l’OM. Le Vélodrome exulte. L’Argentin dépose un baiser sur son poignet gauche, sa main droite se lève et vient se poser, à l’horizontale, sur son front, son regard est porté au loin, semblant alors percevoir la beauté de la saison qui s’annonce. Son surnom « El Commandante » raisonne alors dans la tête de tous les supporters marseillais, comme par magie. Ce sont les supporters de Porto qui l’ont nommé ainsi en raison de sa célébration si unique et de sa forte ressemblance avec « Che » Guevara. Un surnom qu’il disait d’ailleurs en privé ne pas aimer, sans donner plus d’explications. Ce surnom le suivra pourtant jusqu’à la fin de sa carrière.

Malgré ce but, l’OM n’est toujours pas à l’abri de l’équipe héraultaise. A tel point que Gabriel Heinze doit nous gratifier d’une intervention exceptionnelle pour préserver le score. Peu de temps après, Mamadou Niang mystifie quatre défenseurs dans un slalom d’une technique éblouissante et assure le but d’une frappe puissante. Deux occasions, deux buts, ce soir-là les Marseillais sont aussi efficaces que les Milanais ont pu l’être dans la semaine. Seulement cinq minutes après ce but, Benoit Cheyrou, dans le rond central, trouve Lucho, bien positionné entre deux Montpelliérains. A aucun moment, sur les images de l’époque, l’Argentin ne semble prendre l’information et pourtant il délivre, en première intention, comme par instinct, une passe en profondeur d’une simplicité et d’une beauté déconcertante. Le ballon arrive au meilleur des moments pour Edouard Cissé qui s’était projeté et qui porte le score à 3-0. Je crois que c’est à cet instant précis que, comme moi, beaucoup ont compris quel joueur nous avions recruté deux mois plus tôt. Cette passe sans contrôle effectuée avec l’intérieur du pied est très probablement le moment où je suis tombé amoureux de ce joueur. Un coup de foudre, imprévisible, soudain.

A cette époque, je ne suis pas encore autant le foot qu’aujourd’hui et l’unique émotion comparable à celle que je ressens à ce moment-là a été causée par Fernando Torres quelques mois auparavant (je ne saurais pas détailler à quel moment exactement mais c’était pendant l’Euro 2008). D’autres « coups de foudre footballistiques » me toucheront, plus tard, pour Dimitri Payet, pendant la saison 2013-14 et, plus récemment, pour Léo Messi (je sais, j’ai mis du temps). Cette sensation de regarder un joueur d’une élégance particulière et, qui plus est, jouant dans mon club de cœur est alors pour moi totalement nouvelle, extraordinaire et au combien marquante. Mon amour pour le foot, s’incarnant alors jusqu’ici uniquement dans l’OM, se duplique. Maintenant j’aime le foot : j’aime l’OM et Lucho, encore plus quand ces deux éléments ne font qu’un. Dans mon esprit, trop jeune pour Drogba et pas suffisamment conscient pour Nasri, c’est Lucho qui représente le joueur marseillais, comme Habib Beye et Lorik Cana ont pu l’être dans celui de mon frère ou comme Manuel Amoros a pu l’être dans celui de mon père. Ça y est, je l’ai mon joueur référence ! Tout le monde en a un. Celui dont on parle quand on évoque son enfance. Ce joueur dont on raconte les plus grands exploits à ses enfants lorsqu’on devient trop aigri pour aimer les leurs : « Ah mais Lucho c’était quelque chose ! C’est pas vos pleureuses d’aujourd’hui ! » Des récits qui provoquent nécessairement des questions : « Hein ? Lucho ? Mais c’est qui ce gars dont tu parles à chaque fois ? Papa, parle-moi plutôt de Kamara! Il était comment quand il était jeune ? »

La première mi-temps s’arrête donc sur le score de 3-0. En deuxième période, l’OM accroit encore l’écart par une tête de Diawara après un magnifique centre de Cheyrou. La suite du match sera marquée par un second souffle montpelliérain impulsé par Younes Belhanda, lui aussi particulièrement plaisant à regarder. Montpellier revient à 4-2 après la frappe du même Belhanda et un pénalty inscrit par Camara. Malgré la frappe de l’élégant Tino Costa qui glisse à côté du but de Mandanda, le résultat reste 4-2. L’arbitre siffle la fin du match. Lucho et l’OM sont 3èmes du Championnat de France au terme de cette sixième journée. La saison de l’Argentin semble alors complétement lancée.

Mais, après ce match, Lucho ne parvient pas à maintenir un tel niveau de prestation. Il est pointé du doigt, ne répond pas aux attentes et va même se blesser face à Toulouse, le 31 octobre. L’Argentin manque trois semaines pendant lesquelles l’OM affrontera notamment Zurich (victoire 6-1) et Lyon (le fameux nul 5-5). Il revient lors du Classique contre Paris remplaçant Mathieu Valbuena à la 75e et permettant à l’OM de maintenir son avance de 1-0. En décembre, l’élan de Lucho est à nouveau brisé. Alors qu’il fait un très bon match à Nice (auteur d’un but et à l’origine d’un autre dans la victoire 3-1), qu’il réalise une belle prestation face au Réal Madrid (auteur d’un but mais manque le pénalty de l’égalisation) et qu’il reste bon sans être exceptionnel face à Boulogne, Lorient (à noter ici son centre exceptionnel sur le but de la victoire inscrit par Diawara) et Saint-Étienne, il se blesse lors du dernier match de l’année civile face à Auxerre.

UNE TRÊVE QUI FAIT DU BIEN

(Source : tf1.fr)

« El Commandante » profite de la trêve hivernale pour se remettre en forme et ne manque finalement que le 32ème  de finale de Coupe de France face à Trélissac avant d’être titularisé trois jours plus tard contre l’AS Saint-Étienne en Coupe de la Ligue. Ce mois de janvier reste oubliable pour Lucho et l’OM, hormis les deux victoires en Coupe de la Ligue qui prolongent l’aventure marseillaise dans cette compétition.

C’est en février que Lucho retrouve sa forme du mois de décembre. Son mois remarquable commence par une belle prestation face à Toulouse en demi-finale de Coupe de la Ligue, où il offre au moins trois situations claires de buts, ratées par ses coéquipiers. Il est tout de même passeur décisif sur le but victorieux de Brandao qui permet aux Marseillais d’atteindre la finale. Il poursuit lors du match suivant contre Valenciennes en délivrant une nouvelle passe décisive à Brandao et en inscrivant un but sur une sublime talonnade d’Hatem Ben Arfa. Il ne participe pas à l’élimination contre Lens en 32ème de Coupe de France mais il est titulaire face à Monaco, quelques jours plus tard, et offre quelques situations de buts gâchées par ses partenaires qui n’empêcheront pas l’OM de gagner 1-2.

Lors de la rencontre qui suit, un seizième de finale d’Europa League contre Copenhague (l’OM ayant terminé 3ème de son groupe de Ligue des Champions), un match plutôt terne jusqu’aux trente dernières minutes, Lucho sort, là encore, un geste éblouissant dont il a le secret. Alors que l’OM mène 1-2 à la 88ème , Niang récupère haut le ballon sur le côté droit et sert Charles Kaboré (auteur du deuxième but marseillais) qui trouve Lucho en appui. L’Argentin contrôle pied gauche et décale légèrement le ballon du pied droit avant de resservir ce-même Kaboré d’une louche superbe. En excellent gestionnaire du tempo, l’Argentin réussit l’exploit d’arrêter le temps. Les défenseurs danois, comme paralysés, regardent passer au-dessus d’eux cet objet rond qui n’a pas dénié s’arrêter en l’air. Le ballon atterrit dans les pieds du milieu burkinabé qui, aidé par le poteau, porte le score à 1-3. Ce geste plein de classe m’a, sans aucun doute, rendu encore plus admiratif de cet artiste si particulier qui jouait dans mon club.

Il confirme par une magnifique passe décisive lors du match suivant contre Nancy, pendant lequel le capitaine Niang inscrit un triplé pour sortir l’OM d’un match au combien compliqué. Il ne joue pas lors du match retour contre Copenhague que l’OM remporte là encore 3-1, qualifiant ainsi le club pour les huitièmes de finale d’Europa League. Enfin, février se termine par le Classique contre le PSG, au Parc des Princes. La première période affiche 0-1 après l’ouverture du score par Hatem Ben Arfa. En seconde période, Lucho, à la suite d’un débordement d’Heinze et d’une mauvaise sortie d’Apoula Edel, permet à l’OM de creuser l’écart. Puis, c’est Benoit Cheyrou qui scelle le score avec un troisième but sur une frappe puissante à la conclusion d’un superbe enchainement. L’OM remporte le match et prend la tête du championnat au dépend des Girondins de Bordeaux. Ce match sera, pendant (trop) longtemps, le dernier que les Marseillais remporteront au Parc des Princes, renforçant l’idée d’une saison au combien particulière.

FIN DE SAISON HISTORIQUE

(Source : lepoint.fr)

En effet, cette saison marquera les esprits marseillais au-delà d’une simple victoire marseillaise en terre parisienne. Si un chiffre devait symboliser le mois de mars olympien ce serait indéniablement le 1. Comme on l’a dit, l’OM passe 1er avec sa victoire au Parc des Princes et le restera jusqu’à la fin de la saison. 1, comme le nombre de touches qui suffit à Lucho pour émerveiller les amateurs de football. Face à Lorient, le meneur de jeu argentin offre d’abord à Niang un parfait ballon lobé que l’attaquant sénégalais n’arrivera hélas pas à pousser au fond des filets. Puis, toujours en première intention, il est à l’origine du but marseillais, en lançant superbement Laurent Bonnard sur le côté droit, qui adresse un centre repris du bout du pied par Niang. Un but qui ne suffira pourtant pas, suite à l’égalisation lorientaise, pour partir avec les trois points. Première campagne européenne de l’Argentin à Marseille également, qui s’arrête en huitièmes de finale face à la très belle équipe de Benfica, portée par Saviola, Di Maria, Aimar, David Luiz ou encore Julio Cesar, et dirigée par Jorge Jesus. Au terme de deux matchs très plaisants, l’OM sort ainsi de l’Europa League après s’être fait remonter par le club lisboète lors du match retour (les Olympiens menaient 1-0 à la 70ème  et s’inclinent finalement 1-2). Premier choc face à Lyon aussi pour Lucho qui était absent à l’aller lors du 5-5. Quelques jours après leur élimination d’Europe, les Marseillais, globalement dominés, l’emportent tout de même 2-1 grâce à une frappe puissante de Taïe Taiwo. Enfin et surtout, le premier titre à Marseille pour Lucho ! En effet, en finale de la Coupe de la Ligue, après 45 minutes passées à se faire découper par des Bordelais bien déterminés à remporter le match, Lucho dépose ,à l’heure de jeu, un bijou de centre sur la tête de Diawara (ancien Bordelais) qui porte le score à 1-0. Peu après, Mathieu Valbuena l’augmente à 2-0. Deschamps juge l’avantage suffisant pour faire souffler son maitre du jeu argentin qu’il sait encore fragile. La finale se termine sur le score de 3-1. C’est le premier trophée pour « El Commandante » à Marseille, mais c’est aussi l’un des premiers trophées remportés par le club depuis la coupe d’Europe de1993 (avec le Championnat de Seconde Division en 95 et la Coupe Intertoto de 2005).

Grace à ce trophée et à la première place toujours marseillaise, toute la ville ne pense qu’à une chose : le titre de champion de France qui fuit le club depuis 1992. Lucho aussi semble y penser. Lui qui a gagné les quatre derniers championnats du Portugal avec Porto sait qu’il va devoir être à son meilleur niveau pour emmener l’équipe vers le Graal national. Et il le fait. Ainsi, malgré des prestations dans le jeu qui ne sont plus forcément celles d’un champion, l’OM peut compter sur son meneur de jeu argentin. En plus de nombreux centres qui auraient pu être décisifs avec plus de réussite offensive, Lucho délivre tout d’abord une passe décisive sur corner pour Brandao face à Lens, puis deux passes décisives lors de la rencontre suivante (en retard) face à Sochau, une sur corner et une autre en profondeur pour Baky Koné qui lobe le gardien. Contre Nice, le natif de Buenos Aires offre à ses coéquipiers plusieurs occasions de buts qu’ils transformeront à trois reprises : deux sur corner et une passe en profondeur, là encore, pour Koné. Il est également à l’origine du troisième but olympien. Une nouvelle fois confrontés à Sochaux, les Marseillais sont poussés dans leurs retranchements. Dans un match « piégeux » et après deux buts annulés pour l’OM, Lucho adresse un magnifique centre à Mbia qui conclut à la 88ème  minute. Même sans cette nouvelle passe décisive, l’Argentin rend à nouveau une très belle copie en offrant plusieurs fois de merveilleuses passes à ses coéquipiers. Après Sochaux, c’est face à Boulogne et Saint-Étienne que l’OM a du mal, mais finit par vaincre. Avant d’affronter Auxerre (2ème  au classement), l’équipe reste sur huit victoires consécutives toutes compétitions confondues. L’enjeu est grand pour ce match : si les Marseillais gagnent, ils seront sacrés champions de France. Mais l’enjeu est trop fort et le match très fermé. Lucho, se retrouvant seul face au but, manque là l’occasion de gagner 1-0. Comme le signe annonciateur de ce qui arrive.

Mercredi 5 mai 2010, 21 heures. Auxerre a perdu face à Lyon qui prend la deuxième place du championnat. Si l’OM bat Rennes ce soir, l’affaire est pliée, Marseille est championne de France. Le stade Vélodrome s’est drapé de ses plus belles couleurs, l’ambiance est chaude, tout le monde s’attend à la victoire. Dès la 5ème  minute, Gabriel Heinze, homme fort de cette saison, fait prendre à la soirée une tournure extraordinaire. « L’autre » Argentin inscrit d’une frappe enroulée du gauche, un magnifique coup-franc qui trompe Nicolas Douchez, son premier coup-franc en match à l’OM. Pendant la suite de la première mi-temps, l’OM est mis en difficulté et concède même l’égalisation par l’intermédiaire de Jimmy Briand. Malgré une ou deux situations, le retour des vestiaires est quelque peu poussif jusqu’à l’entrée d’ Hatem Ben Arfa à la 66ème minute. Le jeune prodige est d’ailleurs acclamé par les supporters qui le savent : dans ce match compliqué, la différence peut venir de lui. Et son entrée débloque effectivement la situation. L’OM obtient deux corners dangereux ; Taiwo rate de peu le cadre avec une frappe puissante ; Stéphane M’bia rate, lui, sa tête à bout portant ; le score est toujours de 1-1. Puis, à la 75ème minute, suite à un débordement de Laurent Bonnart, Mathieu Valbuena reprend le ballon de volée. Douchez la renvoie involontairement sur Mamadou Niang, bien placé. Le capitaine marseillais, moins performant depuis quelques matchs, délivre le Vélodrome et porte le score à 2-1.Le Vélodrome s’embrase, tous les joueurs célèbrent avec leur capitaine au poteau de corner devant le virage Nord. Le jeu vient juste de reprendre quand Ben Arfa, encore lui, récupère le ballon et pousse pour marquer le troisième but. L’excitation monte. L’attaquant se retrouve confronté à deux défenseurs rennais mais trouve Niang. Un Rennais tente tant bien que mal de dégager et remet alors le ballon à l’entrée de la surface. Aux abords des vingt mètres, Lucho, qui avait bien senti le coup, enroule du gauche en première intention et mystifie Douchez. Le Vélodrome entre définitivement en irruption. Même les superstitieux n’ayant pas voulu crier victoire trop vite lors des buts de Heinze et de Niang ne laissent plus de place à la raison. Les quelques fumigènes toujours disponibles sont immédiatement craqués donnant lieu à un magnifique spectacle. Lucho, quant à lui, glisse vers le poteau de corner pour célébrer ce but et tous les autres joueurs, son compatriote Heinze en tête, se jettent sur lui. Moins d’un quart d’heure après, l’arbitre siffle la fin du match, l’OM est officiellement champion de France. Aussitôt la folie s’empare de la ville. Je me jette dans les bras de ma mère, comme délivré d’un poids insoutenable. Nous quittons le bar dans lequel nous regardions la rencontre et partons en voiture faire la fête dans la ville, accompagnés de centaines de supporters venus communier ensemble. Je ne reverrai mon père et mon frère (au stade, les veinards !) qu’au petit matin tant la célébration aura duré longtemps sur place. Comme probablement des dizaines d’enfants dans la ville, ma justification pour manquer l’école est alors déjà toute trouvée : « Veuillez excusez l’absence de Pablo ce matin, L’OM est champion de France et nous avons fêté cela comme il se doit. » Les matchs qui suivent se soldent par une défaite à la dernière minute contre Lille et par une victoire face à Grenoble. Mamadou Niang est sacré meilleur buteur, Lucho meilleur passeur. La saison prochaine s’annonce palpitante.

L’AN 2 : EN MODE DIESEL

(Source : passionfoot.ma)

Avant le début de cette saison 2010-11, tout semble aller pour le mieux à Marseille. Malgré de nombreuses rumeurs l’associant à l’AS Roma, Didier Deschamps continue l’aventure marseillaise, l’équipe remporte le trophée des champions face au rival historique parisien, peu de joueurs importants partent (seuls les départs de Bakary Koné et Laurent Bonnart sont à signaler, mais ne sont pas insurmontables), le club parvient même à recruter un jeune latéral droit espagnol pour un montant de 7 millions d’euros : César Azpilicueta. Mais surtout Lucho Gonzalez et son capitaine Mamadou Niang se trouvent les yeux fermés et ça fait saliver tous les supporters phocéens. Alors oui, Hatem Ben Arfa est sur le point de quitter le club. Oui, les moyens disponibles pour le mercato ne sont pas particulièrement excitants pour un champion de France en titre. Oui, il y a ce pénalty manqué par Lucho durant le Trophée des Champions. Mais, en Ligue 1, personne ne semble réellement représenter un danger pour cette équipe-là. Tout l’écosystème OM apparait confiant et attend de pied ferme le début de la saison face au promu caennais. Ce match débute d’ailleurs très bien, avec une superbe combinaison à la 14ème  minute du duo fort olympien Lucho-Niang, conclu par l’Argentin d’un ballon piqué qui passe tout juste au-dessus de la cage de Caen. Ça promet. « Toute la saison, on va voir ça ? Mais c’est génial ! » semblent se dire les supporters marseillais. Ils déchantent rapidement après une série d’occasions dangereuses mais non concrétisées des caennais. A la mi-temps, le score nul et vierge est flatteur pour le champion en titre. Mais ce dernier ne résiste pas longtemps au retour des vestiaires. Dès la 52ème , le SMC prend l’avantage par l’intermédiaire de Seube. Caen continue de pousser et d’être dangereux jusqu’à l’entrée de Ben Arfa qui n’a toujours pas fait ses valises. Le jeune clamartois s’illustre en dribblant toute la défense caennaise mais sans atteindre les filets, puis en délivrant une merveille de louche en profondeur pour Mamadou Samassa qui égalise. L’OM y croit à nouveau. Mais à la 85ème  El Arabi, laissé seul, trompe  Mandanda de la tête et permet aux Caennais de battre les Phocéens 2-1.

Cette saison commence donc par un accroc qui en annonce d’autres. Lors du match suivant contre Valenciennes, l’OM encaisse trois buts en quinze minutes au retour des vestiaires. Pas aussi influent qu’en fin de saison passée, Lucho n’en reste pas moins l’un des meilleurs Marseillais. Il est à l’origine des plus grosses occasions ainsi que du premier but de l’OM. Une défaite 3-2, suivie dans la foulée du départ du capitaine et meilleur buteur du club, Mamadou Niang. Lucho perd alors le joueur avec lequel il combine le mieux. Le meneur argentin voit André-Pierre Gignac (meilleur buteur de Ligue 1 en 2009) et Loïc Rémy (attaquant prometteur de 23 ans à Nice) débarquer pour renforcer l’attaque marseillaise. Les premières prestations « post-Niang » sont compliquées pour l’OM et Lucho. L’équipe est fragile derrière, peu inspirée devant et perd de nombreux points. Lucho, lui, ne parvient pas forcément à être aussi important dans l’utilisation du ballon qu’auparavant et trouve peu ses nouveaux partenaires. Pour autant, il reste souvent très bien placé, bénéficie de plusieurs occasions franches et il est même buteur contre Bordeaux et Sochaux. Sochaux contre qui il réalise d’ailleurs une superbe performance, délivrant pas moins de cinq services qui auraient pu aboutir si ses coéquipiers avaient été plus adroits. Après Sochaux, l’OM connait une bonne forme qui coïncide avec la hausse du niveau de son meneur de jeu, de Benoit Cheyrou et de Mathieu Valbuena. Toujours bon, Lucho nous gratifie de gestes étincelants comme sa passe décisive piquée face à Saint-Étienne. Il permet ainsi à l’OM de remonter dans le top 5 de la Ligue 1 et d’espérer une qualification en huitième de finale de Ligue des Champions après les victoires contre Zilina et le Spartak Moscou.

Contre Montpellier, lors de la 15ème  journée, l’OM (5ème ) reçoit le 3ème  de Ligue 1 et continue sur sa belle dynamique en l’emportant 4-0 grâce, entre autres, à une superbe reprise de volée de Lucho pour l’ouverture du score. Après cette large victoire, l’OM n’obtient pas les résultats espérés contre Nice, Auxerre, Lyon et Brest mais l’emporte face à Chelsea lors du dernier match de la phase de poules de Ligue des Champions. Résultat à la trêve hivernale : l’équipe est 5ème. Les derniers matchs de Lucho, comme ceux de ses coéquipiers, ne sont pas forcément d’une qualité hors-pair. Les résultats et la qualité du jeu ne sont pas au niveau des attentes pour cette première partie de championnat. Il n’en reste pas moins que le club est à deux points de la 2ème place et se qualifie en huitième de finale de Ligue des Champions à l’occasion duquel il affrontera Manchester United, quart-de-finaliste de la dernière édition.

UNE FIN DE SAISON TIMIDE

(Source : AFP via Yahoo Sport)

En ce début d’année 2011, l’OM affiche de plutôt bons résultats mais la qualité de jeu n’est plus présente depuis quelques temps. L’équipe est à l’image de son maestro argentin, plus aussi actif qu’auparavant mais tout de même important, notamment contre Auxerre en demi-finale de Coupe de la Ligue ainsi que contre Sochaux et Saint-Étienne en Ligue 1. Malgré ces gestes décisifs, Lucho ne retrouve pas sa forme d’antan. Depuis la trêve hivernale, il parait plus fatigué, moins lucide. Il faut préciser que, depuis janvier, il a 30 ans, un âge jugé « avancé » dans un monde footballistique toujours plus porté sur la jeunesse. Peu présent dans la double-confrontation contre Manchester, il ne l’est pas beaucoup plus contre Lille, candidat au titre.

Pour ne rien arranger, le 17 mars (trois jours avant un match contre le PSG), il est victime d’un home-jacking, alors qu’il se trouve, avec sa famille, à la maison. A quatre heures du matin, des braqueurs les tiennent en joue. Ils lui volent sa Bentley, sa carte de crédit, des effets personnels et lui demandent des informations sur les joueurs de l’équipe et le fonctionnement du club… Lunaire. Lucho est alors l’une des nombreuses cibles d’une série de cambriolages touchant les membres de l’OM (Hilton, Gignac, Abriel, Dassier, Mbia, les frères Ayew). Un évènement qui le traumatisera pendant de nombreux mois. Contre Paris, c’est tout naturellement que Deschamps le fait débuter sur le banc. Après un premier quart d’heure moribond, Gabriel Heinze vient emballer le match avec un superbe coup-franc du gauche qui prend par surprise Grégory Coupet. L’Argentin célèbre immédiatement avec la main sur le front, symbole de Lucho, et serre dans ses bras son compatriote et ami. Une amitié décisive dans son parcours à l’OM, comme le précise Lucho lui-même à La Provence : « La première idée a été de faire mes valises et de rentrer en Argentine. « Gabi » Heinze m’a rafraîchi les idées et m’a ramené à la raison. C’est un ami et il me manque un peu ». Après cette belle image, le match est plus que sympathique à suivre, bien loin de la fadeur infligée depuis le début de saison. Lucho entre en jeu à l’heure du changement et effectue trente belles minutes. L’OM l’emporte 2-1 et s’installe à la 2ème place du classement.

Les deux derniers mois de championnat commencent par une victoire à l’arrachée contre Lens pendant laquelle Lucho est passeur décisif sur le but du très bon Benoit Cheyrou. En Ligue 1, contre Toulouse et Montpellier, l’OM est très souvent mis en danger et obtient des résultats quelque peu chanceux au regard de la physionomie des matchs (2-2 contre Toulouse et victoire 2-1 face à Montpellier). Lucho, lui, ne retrouve toujours pas son niveau et n’apporte finalement pas grand-chose dans une équipe où Cheyrou, Valbuena et André Ayew sont les trois hommes forts marseillais de la saison. En finale de la Coupe de la Ligue, l’équipe affronte à nouveau Montpellier dans un match qui s’avère être plus équilibré qu’une semaine auparavant en Ligue 1. L’OM s’offre alors, grâce à un but sur coup-franc, une deuxième Coupe de la Ligue d’affilée, une première dans l’histoire de la compétition. Face à Nice, de retour en Ligue 1, Deschamps préfère titulariser Abriel au cœur du jeu plutôt que Lucho. Étant tenu en échec 1-1 à l’heure de jeu, l’entraineur marseillais fait finalement rentrer l’Argentin et Jordan Ayew. Le match prend une toute autre tournure, et les Olympiens l’emportent finalement 4-2 par un triplé d’André Ayew et un but de son petit-frère Jordan. L’OM profite ensuite d’un faux-pas lillois pour prendre la première place à six journées de la fin du championnat.

Avant d’affronter Lyon (3ème), l’OM se doit de gagner pour reprendre la première place aux Lillois passés devant lors de la 33ème journée. Lors d’un match très agréable, où Lucho sera positionné bien plus haut que durant toute la saison, l’OM est globalement dominé par des Lyonnais conquérants. Menés 2-0, les Marseillais reviendront tout de même à 2-2 grâce aux buts de Lucho et de Loïc Rémy. Pourtant, en toute fin de match, Cris vient doucher les espoirs de l’OM et Lyon l’emporte 3-2. L’OM est toujours 2ème mais, à présent, à quatre points du leader lillois. Les matchs qui suivent ne permettent pas aux Marseillais de revenir sur le LOSC. Après une victoire à Brest où Lucho n’est pas brillant et un nul à Lorient qu’il manque pour cause de blessure, la fin de saison s’achève sur deux matchs nuls 2-2 contre Valenciennes et Caen, des matchs plus que prenables pour un 2ème de Ligue 1. Lucho finit donc plus que timidement cette saison qu’il avait pourtant si bien commencée. S’il fait peu de doutes qu’il est encore sous le choc lié au home-jacking, Lucho n’est plus aussi important sur le terrain, plus aussi déterminé, parfois invisible. Un qualificatif que, quelques mois plus tôt, l’on aurait jugé impossible de lui attribuer tant il était beau et génial…

SIX MOIS DE TROP

(Source : Icon Sport)

L’inter-saison est très (trop ?) mouvementée pour l’Argentin et le club. Son ami « Gabi » Heinze a quitté le club en juin 2011 après la résiliation, avec son accord, de son contrat pour rejoindre l’AS Roma. Didier Deschamps est toujours pressenti du côté de Rome. Lucho, toujours atteint mentalement par son agression, tombe d’accord avec Malaga mais le club andalou n’offre pas les 13 millions d’euros demandés par l’OM. Deux jours avant le 15 juillet, date butoir fixée par l’OM pour un départ de l’Argentin, son coéquipier Hilton est à nouveau cambriolé et frappé par un des braqueurs alors qu’il était à son domicile. Cet épisode renforce la volonté de départ de Lucho. Mais aucun club ne satisfait ses attentes ni celles de l’OM. Didier Deschamps, lui aussi,  reste finalement au club. Taiwo, Cissé, Hilton et Abriel quittent le club. Alou Diarra, Jérémy Morel, Nicolas N’koulou et Morgan Amalfitano viennent, quant à eux, renforcer l’équipe.

Malgré cette période tumultueuse, Lucho est titulaire lors du Trophée des Champions remporté 5-4 par l’OM contre le LOSC de Rudi Garcia. Loin du joueur anodin des derniers mois, « El Commandante » délivre deux passes décisives et retrouve son importance dans le jeu. Titulaire à nouveau pour le premier match de Ligue 1 contre Sochaux, il est aussi bon que contre Lille, meilleur même. Au-delà de son joli but, il est plus actif au cœur du jeu et se procure un grand nombre d’occasions. La rencontre se termine sur un match nul, mais la prestation de Lucho est, elle, très encourageante pour la suite de la saison. Si les premiers matchs peuvent sembler quelque peu ennuyeux dans le jeu, la plupart des situations marseillaises impliquent Lucho d’une manière ou d’une autre. Moins précis dans l’ensemble de ses gestes, il n’en reste pas moins capable de passes et/ou de centres mettant dans les meilleures dispositions ses coéquipiers. Contrairement aux années précédentes, au-delà du niveau de jeu inquiétant proposé par l’équipe, il apparait que les résultats ne suivent plus. Une seule victoire toutes compétitions confondues sur les sept premiers matchs : 1-0 contre l’Olympiakos sur un but de Lucho. En Ligue 1, les résultats s’améliorent légèrement après ce début de saison catastrophique. Le jeu n’est toujours pas au rendez-vous. Lucho n’est plus un titulaire indiscutable. Et lorsqu’il l’est, il ne fait malheureusement pas grand-chose pour faire taire les critiques. Il ne se projette plus aussi haut qu’avant, plus aussi rapidement. Il n’est plus aussi fin techniquement, plus aussi adroit devant le but. Il n’a plus d’incidence dans les matchs. Seul son travail défensif (qui reste un aspect bien moins intéressant de son jeu) semble être à la hauteur, lui qui se bat régulièrement à la perte de balle comme contre Lyon et Paris. Les résultats décevants et le jeu proposé par l’équipe ne font que renforcer la colère des supporters. C’est particulièrement visible contre Ajaccio où s’étalent des banderoles «  »Silence, on coule ! » ou encore « Millionnaires dans la vie, clochards sur le terrain !« . Malgré ce bien triste tableau, l’OM performe tout de même en Ligue des Champions où les victoires contre l’Olympiakos et Dortmund (3-0), lui permettent de rester dans la course aux huitièmes de finale.

Au grand regret des admirateurs de Lucho, ses trois derniers mois ne sont guère plus glorieux. Il est titulaire lors des gros matchs contre Arsenal, Paris ou encore Dortmund mais ne retrouve pas son niveau. Il démarre aussi plusieurs fois sur le banc pour ne rentrer qu’en fin de match. Décembre et janvier marquent les meilleurs mois marseillais puisqu’en dix matchs sur ces deux mois, l’OM en remporte neuf toutes compétitions confondues. Entré en fin de partie contre Nancy, Lucho marque son dernier but sous les couleurs phocéennes, à bout portant, du point de pénalty, une habitude qu’il avait perdue. A la suite de ce but, il est titularisé contre le Red Star en Coupe de France et Caen en Coupe de la Ligue où il réalise des matchs corrects, sans plus. Puis il est à nouveau titulaire face à Lille, champion de France en titre, où il est ici plus à son aise. Il combine plus facilement avec Rémy et Valbuena, et crée plusieurs situations de danger. Reconduit contre Le Havre en Coupe de France, il se blesse et sort à la mi-temps. L’Argentin se remet finalement et est titulaire une semaine plus tard contre Rennes (victoire 1-2). C’est son dernier match avec l’OM, encore un match où il ne présente pas son meilleur visage, perdant même le ballon à l’origine du but concédé par les Olympiens. Lucho n’est plus celui qu’il était il y a un an. Beaucoup de choses ont changé. Il a besoin de nouveauté. Il le sait. Il appelle Vincent Labrune, président de l’OM depuis l’été, lui indiquant qu’il a contacté son ancien club, le FC Porto. Les deux clubs tombent d’accord et, le lendemain de la victoire contre Rennes, « El Commandante » dit adieu à ses coéquipiers. Beaucoup d’hypothèses seront soulevées concernant ce départ. Le principal intéressé, quant à lui, l’explique par une fin de cycle : « Quand on me faisait entrer cinq ou dix minutes comme un gamin, j’ai réalisé que mon cycle à Marseille était en train de se finir » lâche-t-il, un peu plus d’un an après, au micro de RMC. Après Porto, il effectue une saison au Qatar, puis un peu plus d’un an à River Plate où il remporte une Copa Libertadores, avant de rejoindre l’Athletico Paranaense en septembre 2016. Chez le Furacão il remporte la Copa Sudamericana de 2018 et la Coupe du Brésil en 2019. Sa retraite est finalement annoncée en mars 2021.

Lucho quitte donc l’OM avec un bilan que beaucoup jugent « contrasté ». A l’heure où les avis sont toujours plus polarisés, Lucho est considéré comme un génie incompris par les uns, comme un joueur surcoté par les autres. En ce qui me concerne, il aura été le premier à m’avoir fait rêver devant ce noble sport. N’est-ce pas finalement ça le plus important pour nous autres, amateurs de foot ? Alors que le football semble perdre son intérêt de jour en jour, n’est-il pas primordial de se recentrer sur le jeu, sur les émotions que nous procure un joueur, plutôt que sur le nombre de titres qu’il a remportés ou le nombre de buts qu’il a marqués sans même penser son apport réel à ses équipes ? N’est-il finalement pas nécessaire pour chacun d’entre nous de s’autoriser à rêver, sans aucune objectivité, au spectacle d’un joueur ou d’une équipe ? Durant sa période marseillaise, Lucho aura fait rêver de nombreux amateurs de ce sport, parfois au-delà même de ce que la raison peut expliquer. Avec le temps, l’Homme a parfois tendance à enjoliver ses souvenirs. Finalement, le passage à Marseille de l’élégant Argentin, n’a-t-il pas, comme une première relation amoureuse que l’on refuse de voir se terminer, laissé en beaucoup d’entre nous le doux souvenir d’un amour jugé trop court ?

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