J’vous fais le maillot ! – Olympique Lyonnais 2009/2010

Derrière « j’vous fais le maillot » on va parler de foot mais surtout de la chose la plus chère, la plus futile mais aussi la plus belle dont un footeux puisse parler. C’est la chose qu’on attend, qu’on scrute à chaque début de saison : « Moi je n’aurais pas fait pareil », « Il y a vraiment des gens qui vont l’acheter celui-ci ? » ou « Ça respecte pas les couleurs du club »… Ici on parlera de camiseta, de kit, de trikot, de maillot !

LE CLUB

L’OL ou plutôt l’Olympique Lyonnais est un club de football français basé à Lyon fondé en 1950. On les surnomme « les Gones » ce qui signifie « les gamins » en patois de là-bas. Il s’agit de l’émanation du LOU, Lyon Olympique Universitaire que l’on connait surtout pour sa section rugby et qui, de ce fait, fut le premier acteur du football professionnel dans la cité rhodanienne. Une cohabitation qui fut de plus en plus difficile à tel point que les deux clubs firent sécession donc en 1950, avec la naissance de notre Olympique Lyonnais. Le blason reprend les armoiries de la ville de Lyon, en gros ils ont remplacé les fleurs de Lys en haut par l’inscription OLYMPIQUE LYONNAIS.

C’est un club au palmarès conséquent mais plutôt conquis à l’époque moderne, en effet avant 2001 et leur victoire en Coupe de la Ligue, les lyonnais ont eu à se mettre sous la dent 3 coupes de France, 3 championnats de D2, et une coupe intertoto en 1997. (Il faut vraiment faire un article à part entière sur cette coupe…). Depuis, ils ont marché sur la Ligue 1 pendant 7 saisons consécutives entre 2002 et 2008, remporté 2 autres Coupes de France, se sont régulièrement qualifiés en Europa League et surtout en Ligue des Champions en y atteignant même 2 fois les demi-finales. Après avoir investi le stade Gerland dès 1950, l’OL emménagea au Parc OL que l’on doit nommer contractuellement le GROUPAMA Stadium, stade flambant neuf de 59 186 places construit à l’occasion de l’Euro 2016. Pour la petite anecdote, c’est le LOU qui évolue maintenant à Gerland ce qui est drôle alors qu’on sait que la scission originelle vient d’un souci d’occupation de terrain.

Un club n’en n’est pas un sans ses rivaux. Dans le coin gauche, l’AS Saint-Etienne rival régional et historique que l’OL vient de dépasser au nombre de victoires dans les confrontations directes. Ici, nous avons un vrai derby, sur fond de rivalité locale entre les deux villes qui sont séparées seulement de 62 kilomètres. On oppose vulgairement la minière Saint-Etienne à la bourgeoise Lyonnaise. Dans le coin droit, le rival médiatique avec l’Olympique de Marseille, outre la guerre de la dénomination « olympique », les dernière années ont donné des rencontres tendues autant en dehors que sur le terrain.

Les lyonnais évoluent traditionnellement avec un maillot blanc en majeur et des couleurs bleu et rouge reprenant celles de la ville de Lyon. Ces dernières apparaissent sur les maillots sous forme de bandes verticales, diagonales, ou horizontales. Mis à part un passage au rouge entre 1976 et 1990, les Gones ont toujours porté ces couleurs. Le bas est blanc ainsi que les chaussettes reprenant sous forme de liseré, les deux autres couleurs du club. Le rouge, on le retrouve sur les tenues extérieures, comme le bleu qui oscille entre le bleu roi et le bleu nuit. Au fil de leur histoire, des tenues noires, dorées, bordeaux, et même fuchsia furent proposées par les différents équipementiers. Il existerait même un maillot vert mais chut…..

Dans cette série, nous nous intéressons toujours à un maillot en particulier. Ici il s’agit d’un maillot Third ou maillot Europe. Pour rappel le maillot Third est la 3ème tenue d’un club. Elle s’appelle aussi Europe car elle est utilisée uniquement lors des rencontres européennes. Parfois cela donne l’OL qui affronte le Barça en jaune fluo ou en orange alors que le Barça lui joue dans ses couleurs traditionnelles… Le maillot Third est l’occasion de faire ce qu’il veut en termes de couleurs et de graphismes. Sur le podium du Third Rhôdanien, nous retrouvons une tenue jaune fluo, une argentée et même un maillot 3D. Trêve de mauvaise langue cependant, cette pratique a toujours existé. A l’origine le Third, c’est surtout une autre option de rechange en cas de conflit de couleur, maintenant c’est surtout un produit marketing, mais un maillot ça fait parler surtout ça se vend et c’est pour cela que l’on va s’intéresser au maillot Third de l’OL de la saison 2009/2010.

LE MAILLOT

source : eurosport.fr

La liquette 2009-2010 est pleine de subtilité, c’est ça qui va être drôle à décrire. Il s’agit d’une référence aux maillots qu’arboraient les Gones dans les années 70 avec sa bande horizontale rouge et bleu roi. Il est bleu nuit dans l’ensemble les tissus brillants et mats se succédant. Sur la face de ce dernier, on peut apercevoir des grandes bandes horizontales d’un bleu nuit plus clair qui laisse apparaître une fine bande reprenant les couleurs de l’OL, soit bleu roi, soit rouge. Ces motifs sont présents uniquement sur la face du maillot. Au milieu est présente la fameuse bande bleu roi et rouge caractéristique d’un maillot lyonnais surplombé par le sponsor qui en cette saison était ou aurait dû (on y reviendra) être Betclic. Au-dessus du sponsor, on retrouve le traditionnel combo logo/équipementier à droite et blason du club à gauche.

En championnat, on pouvait retrouver sous le logo de l’équipementier, le sponsor APICIL et au-dessus du blason du club un autre sponsor MDA. A noter qu’à cette époque, Umbro utilisait le double diamant sans typo comme logo. Le col reprend la couleur du maillot, la particularité de ce dernier est qu’il s’agit d’un col souple. Enfin en bas du maillot, on aperçoit un badge Climate Control. Sur les pans latéraux du maillot, on trouve deux types de tissus, une fine bande de tissu respirant de type sportswear avec des micros alvéoles et un tissu classique sans motifs apparents. Sur les deux manches, on retrouvait deux petits losanges blancs pleins mis en file verticale, sur la manche droite en championnat apparaissait le patch Ligue1.

En Ligue des champions, un patch Respect était présent sur la manche droite et le patch du ballon étoilé de la ligue des Champions sur la manche gauche. Le dos du maillot était composé du même enchevêtrement de bande textile alvéolé et de tissu sportswear classique. Notons que les alvéoles sur le dos reproduisaient la figure du lion du blason. Ce fameux lion issu du blason était présent sur le dos du col symbolisant l’intérieur du O de OL

Le flocage était blanc. En L1 avec la Police en vigueur entre 2002 et 2008 et en Ligue des champions avec deux typo différentes une pour le nom, une pour le numéro, enfin deux sponsors se succédés au bas du dos en championnat, MDA à domicile et LG à l’extérieur. Le tout était accompagné d’un bas bleu nuit et de chaussettes bleu nuit au lisérés bleu roi et rouge.

L’EQUIPEMENTIER

source : olweb.fr

Les rhodaniens ont commencé leur aventure textile sans support d’équipement, la première marque à avoir apposé son logo fut Le Coq Sportif en 1966 jusqu’à la fin des 70’s, s’en suivit la présence de Pony et Puma durant une grosse moitié des 80’s. Duarig habillera les Gones jusqu’à l’arrivée de Nike entre 1991 et 1995. Enfin Adidas a soutenu le club de 1995 à 2002 puis de nouveau en 2011 avec un contrat de longue durée toujours en cours. Cette saison 2009/2010 ne devait pas être la dernière du partenariat entre Umbro et l’OL commencé en 2003, ce dernier avait même été prolongé jusqu’en juillet 2013 mais Adidas est venu s’intercaler en proposant un deal plus intéressant financièrement ce qui entraina le départ de l’OL du roster britannique.

Alors Umbro est un équipementier anglais fondé en 1924 à Cheadle non loin de Manchester par Harold & Wallace Humphreys. Le nom Umbro est la contraction de HumPhrey Brother Clothing donc ça devrait s’appeler UMBROCLO mais bon ça sonne moins bien. Le logo composé de deux losanges allongés représente les deux frères Humphries, le grand pour l’ainé, le petit pour le cadet, une autre interprétation y voit un diamant avec ses 2 faces.

Au départ, il produisait des vêtements militaires mais comme Harold a du nez, il s’est mis à l’équipement de foot qui fut vraiment la spécialité de la marque. Petite anecdote historique, les soldats anglais lors de la 2nd guerre mondiale était habillé en Umbro. Niveau ownership, Umbro a été vendu en 2007 à Nike pour 409 millions d’euros mais comme ils sont forts en plus-value chez Nike, ils les ont revendu pour 230 millions d’Euros en 2012 à l’Iconix Brand Group, sorte de conglomérat textile ou on retrouve des marques comme Lee Cooper ou Zoo York. En pensant à leurs créations mythiques, on voit le maillot du Brésil lors de la coupe du monde 94, le domicile du triplé de Manchester en 99, tous les maillots de l’Angleterre et surtout le maillot du titre du RC Lens en 98.

Umbro a habillé l’OL, pendant 7 saisons étant le symbole textile de cet hégémonie lyonnaise ; On a tous en tête la tenue rouge de la victoire à San Siro contre l’Inter ou la tenue bleu nuit du penalty non sifflé contre Nilmar ou la tenue jaune fluo d’un 8 eme de LDC contre le Barça, le reste, on en reparlera. En France, elle a accompagné comme évoqué auparavant le RC Lens à deux reprises, les voisins de l’AS Saint Etienne, et le FC Nantes.

En cette saison 2009/2010, outre l’OL, Umbro équipait Manchester City, une pléthore d’autres clubs britanniques que nous ne citerons pas ici parce qu’il y’en avait vraiment beaucoup, l’Athletic Bilbao, les Mexicains de Cruz Azul et les équipes nationales d’Angleterre, de Suède, d’Irlande et du Pays de Galles. Si vous jetez un coup d’œil sur les internets, vous verrez encore une fois que chaque club ou pays avait un maillot propre à se couleurs, les templates étaient proches mais le maillot de Blackburn ne ressemblait pas à celui de L’OL par exemple.

Cette année, on retrouve sous contrat avec Umbro, des clubs comme le Stade Malherbe de Caen, Guingamp ou le Stade de Reims en France, en Allemagne, Schake 04 et Le Werder Breme et en Angleterre les Claret & Blue Brother que sont West Ham et Burnley. Niveau international, on retrouve dans leur roster le XV de la Rose, on parle de rugby of course, l’équipe Williams, là on parle de F1 et enfin les équipes nationales d’Irlande et de Jamaïque en football. Comme toutes les marques de sportswear, Umbro développe toute une collection de reissuie de leur ancien modèle de façon à surfer sur la mode vintage à l’image de ce qui à donner une seconde jeunesse à des marques comme Diadora, Sergio Tachini ou Lotto.

LE SPONSOR

source : footmercato.net

L’histoire du sponsoring maillot de l’OL en 2009 2010 est assez particulière. Après l’air du NOVOTEL et du Ticket Restaurant, le club de Jean Michel Aulas signe un contrat avec Betclic, site bien connu de Paris en ligne. Cependant, en aout 2009, il est encore interdit de faire de la pub pour ces sites, une loi le permettant devait entrer en vigueur en Janvier 2010. Ce ne fut pas le cas et les Gones se retrouvèrent sans sponsor maillot principal malgré les protestations du président. Punk comme il est, son club arbora tout de même le Betclic sur les maillots vendus dans le commerce, en Ligue des Champions lors des matchs à l’extérieur et tenta même de la faire apparaître discrètement sur la manche lors d’un match contre Lille. En championnat, apparaissait tout de même les sponsors évoqué lors de la description de ce dernier.

Pris au dépourvu, le club loua l’espace offrant un défilé de sponsor en tout genre mais pas que. On a pu apercevoir Toupargel, Playstation qui fit la pub de God of War, Heavy Rain et FIFA 10, Europe1, et enfin Kool Shen qui fut le premier rappeur à s’afficher sur une tenue de football et surtout s’offrit le coup de pub du siècle car il sera a jamais associé au fameux 5-5 face à l’OM. L’OL offrit tout de même de la visibilité à des organismes non commerciaux comme Emmaus, les Restos du Coeur, la Fondation sOLidaire et même caser un merci pour fêter les 20 ans des Bad Gones. Il faut noter que cette mésaventure fit tout de même perdre 6 millions d’Euros à l’OL sur l’ensemble de la saison.

LA SAISON

source : ol.fr

C’est un OL orphelin de Juninho et Karim Benzema qui se lance dans le grand bain des transferts en cette intersaison 2009. On sort le chéquier et on lance une nouvelle génération avec pour but la reconquête du championnat, la saison précédente fut éreintante et marqua une fin de cycle,  2009/2010 qui marque la seconde saison de l’ère Claude Puel, doit signifier le retour de l’OL. Sur le papier, le recrutement est plaisant. On fait venir le rugueux Lisandro Lopez de Porto pour une somme record à l’époque de 25 millions d’euros, on maintient la filière lilloise avec la venue de Michel Bastos, on donne une bonne raison à notre ennemi intime d’encore plus nous détester avec Bafetimbi Gomis et enfin on signe un joueur au nez et la barbe du grand Milan en la présence d’Aly Cissokho. On ne jette cependant pas tout, l’effectif lyonnais est toujours un des meilleurs de France. Au casting on y retrouve Hugo Lloris déjà meilleur gardien français, une charnière centrale Boumsoung-Cris supplée dès janvier par l’espoir croate Dejan Lovren et même Mathieu Bodmer et Jeremy Toulalan pourtant milieux de formation. On retrouve ensuite des vieux briscards comme Anthony Reveillere, François Clerc, Sidney Govou, Kim Kallstrom et Jean II Makoun. Le tout est épaulé de jeunes espoirs comme Miralem Pjanic et Maxime Gonalons. Une équipe sans revanchards n’en est pas une avec Ederson et Cesar « Chelito » Delgado qui doivent encore taire les doutes nés de leurs performances la saison précédente. On notera aussi les premières apparitions en pro de Clément Grenier et d’Alexandre Lacazette.

C’est avec l’Europe que l’OL débute sa saison à l’occasion du traditionnel tour préliminaire aoutien de Ligue des Champions face à Anderlecht qui fut une formalité. Une victoire 8-2 sur l’ensemble des deux matchs avec 50% des buts inscrits par Lisandro Lopez qui s’acclimate plutôt bien à son nouvel environnement. La phase de groupe les verra croiser la route de la romantique Fiorentina d’Adrian Mutu et Alberto Gilardino, les modestes hongrois de Debrescen et le Liverpool de Rafa Benitez en fin de cycle avec tout de même le capitaine Steven Gerrard, Dirk Kuyt et Fernando Torres. Les 2 matchs face aux Hongrois remportées tous les deux par le score de 4-0 font office de péripeties, on notera la victoire inaugurale contre la Fio et surtout la victoire à Anfield avec les deux improbables buteurs en la personne du jeune Gonalons et de Delgado. Le nul au retour arraché au courage permettra aux lyonnais de se qualifier pour les huitièmes où ils feront face au galactiques 2.0 du Real Madrid de Ronaldo, Kaka et Benzema.

Le match aller dans un Gerland en feu leur permet de prendre une option sur la qualification grâce à une improbable frappe de Jean II Makoun mais c’est surtout la performance au retour qui est à noter avec ce qu’il faut de réussite ou de chance, appelez ça comme vous voulez avec un face à face raté d’Higuain dès le quart d’heure de jeu et surtout l’égalisation  de Miralem Pjanic synonyme de qualification à la 75ème minute.

Le quart face au Bordeaux de Laurent Blanc voit l’OL montrer son expérience européenne en l’emportant l’aller 3-1 et « serrer les fesses » au retour en perdant 1-0 leur ouvrant les portes vers leur première demi-finale de Ligue des champions de leur histoire. On passera rapidement sur la demi-finale où les Gones lessivés et bien contents d’être là se font éliminer sans trop de difficulté face au Bayern de Kaizer Franck malgré un match aller plus accroché.

En championnat, on peut dire que les Gones n’ont pas à rougir même si le chemin a été tortueux, semé d’embûches mais toujours avec la réussite qu’il faut. Le bilan final est positif. Une deuxième place derrière l’OM de Deschamps, un Hugo Lloris nommé meilleur gardien de L1, un Licha Lopez nommé meilleur joueur de Ligue 1 et meilleur buteur du club toutes compétitions confondues, une place en Ligue des Champions assurée et surtout un match d’anthologie avec le fameux 5-5. Le match rentrera dans la postérité étant un des matchs nuls les plus prolifiques de l’histoire de la Ligue 1 avec 10 buts, le dernier remontant à 1957. Niveau coupes domestiques, rien à signaler étant donné que les lyonnais se sont fait éliminer en quart de la Coupe de la Ligue par les merlus Lorientais et en seizième de finale de la Coupe de France par l’AS Monaco.

De cette saison de fin de décennie, on retiendra un OL offensif avec la grinta de Lisandro Lopez, les patates de Michel Bastos, les buts improbables de Bafétimbi Gomis, un Miralem Pjanic en mode titan, 53 matches et surtout présent dans les grands rendez-vous, une défense friable mais qui sauve les meubles et un Hugo Lloris souvent tout seul mais toujours décisif.

Tous les mois, nous parlerons d’un maillot et de ses histoires. Espérons que vous avez appris des trucs utiles ou futiles et n’oubliez pas : on a pas le même maillot mais la même passion ! Portez les biens et lavez les bien à 30° (voir à la main).

Cet article est une adaptation écrite du Podcast « J’vous fais le maillot » – disponible sur toutes les plateformes, tous les derniers vendredis du mois.

J’vous fais le maillot c’est : 1 maillot > 1 saison > des histoires.

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