L’Équipe de France à l’Euro : troisième sacre ou bérézina ?

Reporté d’un an, ce championnat d’Europe transcontinental est l’occasion pour les Bleus de poursuivre le mimétisme avec leurs glorieux aînés de 1998 et 2000. Alors que le sélectionneur Didier Deschamps prendra ce soir la parole pour annoncer les 26 joueurs qui seront de la partie, quelles sont les chances bleues de soulever la coupe Henri Delaunay le 11 juillet prochain ? Tour d’horizon des motifs d’espoir et d’inquiétude.  

Avant de se pencher sur le sportif, un impondérable est à considérer a priori. Responsable de cet Euro d’année impaire, le Covid-19 aura quoi qu’il arrive un rôle déterminant dans le déroulé de la compétition. Au-delà de la présence relative de spectateurs dans les enceintes qui peut influer sur le cours des matchs, il s’agit surtout de considérer l’impact du virus sur le quotidien des sélections. L’UEFA a déjà pris les devants en autorisant la constitution d’un contingent de 26 joueurs à chaque pays participant. Pour autant, les sélections devront à tout prix faire preuve d’une rigueur spartiate si elles ne veulent pas voir leurs espoirs hypothéqués par un écart de conduite qui mettrait sur le flanc une partie du groupe. On l’a constaté du côté de la sélection italienne pendant la dernière fenêtre internationale, un cluster peut vite se déclarer. Jusqu’à présent, le staff français a été vigilant quant à la gestion des cas de coronavirus lors des derniers rassemblements. Reste maintenant à voir si une délégation d’une cinquantaine de personnes consentira encore une fois aux sacrifices. 

DU COSTAUD D’ENTRÉE, UNE PREMIÈRE QUI PEUT INTERROGER

(Source : Le Parisien)

Le menu bleu sera copieux d’entrée. Membres du « groupe de la mort » aux côtés du tenant du titre portugais, du précédent champion du monde allemand et de la Hongrie, les Bleus auront fort à faire dès les premiers matchs. Sous l’ère Didier Deschamps, son matou a souvent donné de bons coups de patte en termes de tirages au sort. Une chance qui a permis à la France de se rôder pendant ces phases de poules, se permettant des ajustements tactiques à l’image du 4-3-3 contre l’Australie en 2018 ou de la non titularisation de Pogba et Griezmann contre l’Albanie en 2016. Le niveau très relevé de cette poule forcera donc l’équipe de France à ne pas tergiverser d’entrée mais aussi à être au point physiquement. On se souvient d’une préparation calibrée en 2018 pour une montée en forme crescendo une fois la phase de poules terminée. Il sera intéressant d’observer l’état de forme des Bleus à l’entame de cet Euro : fortissimo d’entrée ou à nouveau crescendo ? 

Un état des lieux du groupe F s’impose pour mieux cerner les chances françaises. Sortie la tête basse de la coupe du monde 2018, la Nationalmanschaft entame cet Euro assaillie de doutes. Dernier tournoi d’un Löw qui se passe des tauliers de 2014 (Muller, Boateng et Hummels) sans vraiment les remplacer, l’Allemagne pourra toutefois s’appuyer sur un milieu d’une très grande richesse. Pour autant le doute allemand à l’arrière place pour l’instant la France au-dessus. Second adversaire des Bleus, la Hongrie avait quitté l’Euro 2016 en huitièmes. Le visage hongrois de cet Euro sera probablement Dominik Szoboszlai, joueur de Leipzig. Malgré la promesse qu’il incarne, le petit poucet hongrois semble destiné à la dernière place. Enfin, dernier adversaire de ce groupe, le Portugal est armé pour livrer une lutte féroce. Eux aussi dotés d’un effectif complet et de grande qualité, les Portugais feront face à des Français revanchards après 2016. Adversaire en septembre dernier de l’équipe de France, la Selecçao n’avait pas fait trembler des Bleus appliqués. C’est peut-être avec eux que la France se disputera la tête du groupe. 

LA FORME PHYSIQUE COMME INCONNUE

(Source : France Football)

L’enchaînement des matchs dans une saison au calendrier surchargé a émoussé plus d’un organisme. On peut d’ores et déjà prévoir un Euro à la qualité de jeu endommagée par cette donnée, alors même que le football de sélection ne brille déjà pas par sa richesse. Côté bleu, on ne déroge pas à la règle : pour la plupart membres importants de grands clubs, les Français peuvent pâtir en cours de tournoi d’un manque de turnover effectué auparavant en club. Si ce problème peut s’appliquer aux plus grandes sélections, ce ne sera pas le cas des plus petites, ce qui peut favoriser l’émergence de nations trouble-fêtes notamment. 

Pour autant, le groupe de 2021 s’appuiera en grande partie sur les champions du monde. Enhardis par cette deuxième étoile, les Bleus auront l’atout de connaître les sommets des joutes internationales, et surtout le triomphe de ce genre de compétition. On sait combien le sang-froid et la gestion des temps forts et faibles compte quand le niveau s’élève et le passif bleu est une arme dans cette optique. Pourtant, certaines ombres planent sur le tableau à l’orée du tournoi. 

TACTIQUEMENT, ENTRE CERTITUDES ET DOUTES 

(Source : RTL)

Pour ce qui est de la tactique de Deschamps, là encore des mystères planent. La richesse de l’effectif français n’a pourtant pas permis au sélectionneur de dégager de vraies alternatives en termes de schéma de jeu. Certes peu de grandes nations changent de système comme de chemise mais Deschamps a pourtant répété plusieurs fois l’importance d’être le moins prévisible possible. Pour ce faire, le Bayonnais a notamment testé à plusieurs reprises la défense à trois : victime d’un contenu insipide et d’une trop grande faiblesse des latéraux, ce système semble être retourné au placard, ou du moins il n’en sortira qu’en cas de force majeure. 

Parmi les particularités de l’équipe championne du monde il y a trois ans, le positionnement de Matuidi était la marque de fabrique. Positionné à gauche du 4-2-3-1, le joueur de Miami assurait l’équilibre défensif du bloc. Le candidat favori à ce poste en 2021 est Adrien Rabiot. Le Turinois avait donné pleine satisfaction à ce poste contre le Portugal à la rentrée. Malgré un abattage conséquent et des qualités de projection intéressantes, ses performances en dents de scie en Italie et sa faiblesse entre les lignes n’ont pas donné de certitude à Deschamps à gauche. L’autre candidat crédible est Thomas Lemar. Revenant de la dernière liste, le Madrilène a livré des prestations intéressantes dans ce registre, faisant pour sa part preuve d’aisance au moment de combiner et d’orienter entre les lignes. Si le Guadeloupéen assure une couverture défensive moins efficace que le Turinois, il fluidifie l’animation et en décharge la responsabilité au seul Griezmann. 

Malgré tout, les forces de 2018 sont aujourd’hui intactes, laissant présager du meilleur pour cet été. Si la charnière titulaire (Kimpembe-Varane) connaît une année 2021 difficile, ce qui peut laisser planer l’idée d’une surprise à ce poste parmi les 26 (Koundé ? Fofana ?), le triangle axial Pogba-Kanté-Griezmann est en pleine forme. Exilé côté gauche du 4-2-3-1 mancunien, Pogba tire toutefois son épingle du jeu et retrouve confiance. Rarement décevant dans les grands rendez-vous en sélection, il sera dans sa pleine mesure aux côtés de Kanté. Ce dernier finit la saison en boulet de canon : maître de l’entrejeu contre le Real en Ligue des Champions, le Français continue de progresser balle au pied et dans ses percées offensives. Complet et précieux, le milieu des Blues sera prêt à reformer cette paire indestructible avec Pogba (aucune défaite en sélection quand ils sont alignés tous les deux au milieu). Cœur indispensable de l’équipe, Griezmann retrouve des couleurs en Catalogne. Après un an et demi cauchemardesque, il parvient enfin à marquer des points au Barca. Celui pour qui la sélection a été une bouffée d’air pendant cette sombre période retrouve forme et confiance au meilleur des moments.

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