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Euro 2016 : Antoine Griezmann, dernière marche avant le graal

Petit nouveau au Brésil en 2014, Antoine Griezmann est devenu le patron de l’Équipe de France lors de l’Euro 2016. Pourtant, la compétition n’avait pas bien débuté pour lui. Pas dans son assiette durant la phase de poule, il aura fallu que Didier Deschamps modifie ses plans pour permettre à son numéro 7 d’exploiter la pleine mesure de son potentiel. Finalement, meilleur buteur puis élu meilleur joueur de l’Euro, le natif de Mâcon signe à l’époque ce qui est toujours sa compétition la plus aboutie individuellement. 

Au moment d’entrer dans l’Euro, Antoine Griezmann est déjà au sommet de son art. À 25 ans, le mâconnais sort d’une immense saison avec l’Atletico de Madrid. Arrivé dans la capitale espagnole au terme d’une Coupe du Monde 2014 de laquelle il était sorti les larmes aux yeux, « Grizi » a progressé de manière fulgurante sous les ordres de Diego Simeone. Pourtant, tout n’a pas toujours été tout rose entre lui et le « Cholo ». À Madrid, la phase d’adaptation est difficile pour le français. Fidèle aux valeurs qui font sa réputation, Diego Simeone attend beaucoup de lui. Les ambitions du technicien argentin pour son nouveau poulain sont claires, il compte en faire la pierre angulaire de son système. Ailier la plupart du temps à la Real Sociedad, Antoine Griezmann occupe désormais un rôle de 9 et demi dans le 4-4-2 des colchoneros. Déjà très fin en possession du cuir, c’est dans les phases sans ballon que le français doit progresser. La saison 2014/2015 n’est ni plus ni moins qu’une phase d’intériorisation du « logiciel Simeone ».

(Source : Le Buteur)

Le déclic intervient le 3 décembre 2014. Tout juste entré en jeu à la mi-temps d’un seizième de finale de Coupe du Roi face au petit club de troisième division de l’Hospitalet, Antoine Griezmann écope d’un carton jaune pour avoir violemment tamponné un joueur adverse. À la fin du match, Diego Simeone confie être content de l’entrée de son joueur. Ça y est, Griezmann a intégré les deux piliers qui caractérisent son Atletico : agressivité et intensité. La deuxième partie de saison du français est remarquable. Jusqu’à inscrire la bagatelle de 19 buts entre la 16ème et la 38ème journée de Liga ! Au-delà de l’aspect statistique, le français devient le premier défenseur de l’Atletico et une véritable machine à presser.

UN DÉBUT D’EURO DIFFICILE

En 2015/2016, après la métamorphose, place à l’apothéose. Lors de sa deuxième saison du côté du stade Vincente Calderon, la tornade Antoine Griezmann s’abat sur toutes les pelouses d’Espagne et d’Europe. Jusqu’à traumatiser les plus grands gardiens de la planète en Ligue des Champions où il s’affirme comme l’un des tous meilleurs joueurs du monde. D’une splendide tête décroisée qui laisse sans réaction Marc-André Ter Stegen en quarts de finale à son duel face à Manuel Neuer en demi-finales, le mâconnais est inarrêtable. Pourtant, en finale, Antoine Griezmann manque un pénalty et ne parvient pas à décoller l’étiquette de loosers collée historiquement à la peau de l’Atletico. Vaincus au bout d’une séance de tirs aux buts irrespirable face au voisin du Réal Madrid, les colchoneros terminent la saison sans titre. En Liga, malgré un excellent bilan et 88 points glanés, les hommes de Diego Simeone ne peuvent faire mieux qu’une troisième place derrière le Barça (91 points) et le Réal (90 points).

Pour Antoine Griezmann, tourner la page de la fin de saison en club est difficile. À l’image de l’Équipe de France, le numéro 7 tricolore est à la peine lors de la phase de poule, comme émoussé tant physiquement que mentalement. S’il demeure précieux en remise ainsi que par son jeu sans ballon, le protégé d’Éric Olhats passe au travers lors du match d’ouverture face à la Roumanie. Heureusement pour les Bleus, Dimitri Payet se charge de revêtir le costume du chef d’orchestre. Puis, à quelques secondes de la fin du temps règlementaire, le réunionnais se mue même en sauveur pour permettre aux Bleus de s’imposer (2-1). Cette frappe monumentale du pied gauche, Antoine Griezmann la vit du banc, remplacé à la 68ème minute par Kingsley Coman après avoir été le joueur français ayant touché le moins de ballons durant la première heure de jeu. La statistique est éloquente et assez représentative du manque d’impact de « Grizi » lors de la phase de poules. À sa décharge, le système mis en place par Didier Deschamps ne lui convient pas forcément. Initialement positionné sur l’aile droite dans le 4-3-3 du natif de Bayonne, Antoine Griezmann est, bien que très axial avec ballon, contraint de fournir de gros efforts défensifs sur le côté droit.

L’IRLANDE, LE DÉCLIC

(Source : Faute Tactique)

Il faut attendre la deuxième mi-temps du huitième de finale face à l’Irlande pour voir Didier Deschamps réagir et modifier son organisation. Tandis que l’équipe de France est sortie relativement facilement de sa poule composée de la Roumanie, l’Albanie et la Suisse, la voilà menacée par de vaillants irlandais. Menés d’entrée après un pénalty évitable concédé par Paul Pogba, les Bleus sont une nouvelle fois amorphes. Sans solution dans l’entrejeu, Laurent Koscielny et Adil Rami n’hésitent pas à allonger, espérant trouver Olivier Giroud en remise. Pour le moins limité, le schéma convient à merveille à l’imposante défense centrale irlandaise. 

Dos au mur et à quarante-cinq minutes d’une potentielle élimination qui aurait encore fait tâche après le passif de 2008, 2010 et 2012, Didier Deschamps réagit. Au retour des vestiaires, Kingsley Coman supplée N’golo Kanté. Jusqu’ici en 4-3-3, les Bleus évoluent désormais en 4-2-3-1 (ou 4-4-2 selon les phases). L’objectif, libérer Antoine Griezmann en lui évitant de longs replis énergivores sur le côté droit. Par la même occasion, le mâconnais se trouvera encore plus près d’Olivier Giroud et pourquoi pas au point de chute d’un second ballon. À la 59ème minute, déjà, la réorganisation porte ses fruits. À la réception d’un centre de Bacary Sagna, Antoine Griezmann égalise d’une belle tête décroisée. Quatre minutes plus tard, après une bonne remise de la tête d’Olivier Giroud, « Grizi » surgit à nouveau et ne se fait pas prier pour donner l’avantage à la France. Très attendu à l’aube de la compétition, l’ancien joueur de la Real Sociedad répond présent au moment où l’équipe de France a besoin de lui.

En quarts de finale, place à l’Islande, belle surprise du tournoi et tombeuse de l’Angleterre en huitièmes. Pour l’occasion, Didier Deschamps reconduit l’organisation qui a fonctionné à Lyon en deuxième mi-temps face à l’Irlande. Seul changement, Moussa Sissoko intègre le onze en lieu et place de Kingsley Coman dans le couloir droit. De retour en forme, Antoine Griezmann régale et soigne ses statistiques. 2 passes décisives, 1 but, tous les ballons passent par « Grizi » et le jeu français s’en ressent. Menés 4-0 à la pause, les vikings islandais ne sont pas à même de rivaliser.  

(Source : 20 minutes)

L’ALLEMAGNE, UNE VICTOIRE À LA SIMEONE

L’affiche de la demi-finale, elle, promet beaucoup. Dans un remake du quart de finale de la Coupe du Monde 2014, les français ont à cœur de prendre leur revanche face à l’armada allemande de Joachim Löw. Face à Toni Kroos, Mesut Özil, Bastian Schwensteiger et autres Thomas Müller, les Bleus vont rendre concret un des concepts si chers à leur sélectionneur, le pragmatisme. Contrairement à 2014, même malmené en première période, le roseau bleu plie mais ne rompt pas. Thomas Müller, Emre Can puis Bastian Schwensteiger manquent d’abord d’ouvrir le score.

Pendant quarante minutes, la France ne voit pas le jour mais peut compter sur un Hugo Lloris des grands soirs. Déterminant, le gardien de Tottenham laisse d’abord les siens dans la partie. Puis, à cinq minutes de la pause, les Bleus sortent la tête de l’eau. Pour la première fois du match, pendant cinq minutes, la Mannschaft court après le ballon. Jusqu’à craquer sur un corner que Bastian Schwensteiger touche de la main. Pénalty ! Dans un Vélodrome plein à craquer, Antoine Griezmann ne tremble pas et propulse la France en tête. Sur leur lancée, les bleus poussent au retour des vestiaires. Après une frappe contrée, Antoine Griezmann demande au public de pousser. À vingt minutes du terme, à la suite d’un bon travail de Paul Pogba, « Grizi » profite du mauvais dégagement de Manuel Neuer pour surgir comme face à l’Irlande et inscrire son deuxième but du match. Portée par son héros, la France mène 2-0. Le Stade Vélodrome chavire. 16 ans après, revoilà les Bleus en finale de l’Euro.

QUAND LE SORT S’ACHARNE

En finale, nouvelle revanche en perspective pour Antoine Griezmann, cette fois face à Cristiano Ronaldo. Après le cauchemar de San Siro, le français a l’occasion de prouver qu’il boxe dans la même catégorie que son homologue madrilène. Fort de ses trois victoires précédentes, Didier Deschamps conserve le même onze de départ.

La première grosse occasion du match est à mettre au crédit d’Antoine Griezmann. Sur une erreur de relance de Pepe, Dimitri Payet récupère et distille un superbe centre pour Antoine Griezmann qui, pour la première fois du match, trouve Rui Patricio sur sa route. Cristiano Ronaldo est quant à lui contraint de céder sa place, victime d’une violente béquille de Dimitri Payet. Dans une finale on ne peut plus verrouillée, Antoine Griezmann se crée, un peu après l’heure de jeu, une nouvelle occasion de la tête, encore manquée. À ce moment-là, difficile de ne pas repenser à la finale de la Ligue des Champions. Après le pénalty face au Réal, c’est cette fois une tête décroisée largement à sa portée qu’Antoine Griezmann vient de manquer. Le jeu de tête, un secteur dans lequel il a pourtant excellé toute la saison. Marc André Ter Stegen ne dira pas le contraire. 

(Source : Le Parisien)

Sans avoir été mise en danger, la France a peut-être laissé passer sa chance. On joue la 92ème minute lorsqu’André Pierre Gignac dispose d’une dernière cartouche. Au contact avec Pepe dans les six mètres portugais, l’ancien marseillais élimine son vis-à-vis d’un crochet dévastateur avant d’armer une frappe. Pendant quelques fractions de seconde, le temps s’arrête, comme suspendu à la trajectoire du ballon. Malheureusement trop croisée, la tentative heurte le poteau de Rui Patricio avant de passer à quelques centimètres d’un Antoine Griezmann impuissant. Comme un symbole, deux mois après la défaite en finale de Ligue des Champions, ce trophée-là non plus ne lui est pas destiné. En prolongation, Eder finit de doucher les espoirs tricolores.

Pour Antoine Griezmann, retour en 2014. En guise de consolation et à défaut du trophée Henry Delauney, le Mâconnais est élu meilleur joueur du tournoi. Il succède à Andres Iniesta, Xavi ou encore Zinédine Zidane à ce palmarès. Bien qu’abattu, cette fois, Antoine Griezmann ne pleure pas, comme s’il préssentait que son tour viendrait deux ans plus tard.

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