Édito Euro 2020 : une belle promesse, un grand match et deux joueurs superbes.

Le lendemain de chaque journée de l’Euro 2020 retrouvez un édito consacré à cette dernière.

L’UKRAINE SE RELANCE

🚨 Ukraine - Macédoine du Nord : les ukrainiens s'imposent !
(Source : Icon Sport)

Après avoir montré toute leur force de caractère face aux Pays-Bas et prouvé aux grandes nations européennes qu’il ne fallait pas les prendre à la légère, les Ukrainiens avaient à cœur de l’emporter face à des Macédoniens qui méritaient sûrement mieux qu’une défaite 3-1 contre l’Autriche lors de leur premier match en compétition internationale. Comme c’est régulièrement le cas depuis le début de cet Euro, les premières minutes sont plutôt séduisantes : les hommes de Shevchenko dominent mais les compatriotes de Goran Pandev ne déméritent pas et leur jeu fait de transitions rapides préoccupe les Ukrainiens.

La domination ukrainienne porte ses fruits lorsqu’à la demi-heure de jeu, suite à une belle action orchestrée par Ruslan Malinovskyi, les hommes en jaune bénéficient d’un corner. Sur ce coup de pied coin, Karavaev, bien placé au premier poteau, dévie le ballon du talon et permet à un Andriy Yarmolenko laissé seul d’inscrire son deuxième but dans la compétition. Un but sûrement plus simple que celui spectaculaire contre les Pays-Bas mais qui n’en reste pas moins déterminant. Les Ukrainiens ne laissent pas retomber la pression et vont même inscrire, cinq minutes plus tard, un second but : le joueur de Manchester City Oleksandr Zinchenko, bien positionné entre les lignes, décale Yarmolenko qui lance le très intéressant Roman Yaremchuk. Ce dernier ouvre bien son pied et, d’une frappe courbée, accroit l’avance ukrainienne. La Macédoine du Nord a coulé en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire. Avant la pause, Pandev nous montre une nouvelle fois que malgré ses trente-sept ans, il reste toujours aussi adroit devant le but, avant d’être finalement coupé dans son élan par l’arbitre de touche, signalant un hors-jeu.

Deux buts encaissés en cinq minutes, un but annulé, ça va pas fort fort pour les Macédoniens à l’issue de la première mi-temps, de quoi nous inquiéter quant à la suite de la rencontre. Pourtant, ce sont eux qui reviennent tambour battant des vestiaires. Angelosvki fait rentrer Churlinov et Trajkovski et permet à Elmas et Bardhi, les deux maitres à jouer de l’équipe, de redescendre plus bas et de dicter le rythme du match. Les résultats sont immédiats : à la 54ème minute, Trajkovski décoche un superbe tir que Bushchan renvoie hors du but. C’est bien la première fois qu’un Bush décide d’arrêter une frappe aérienne. Dans la continuité, Pandev récupère le ballon et provoque un pénalty. C’est le « tout-droit » peroxydé de Leeds United Ezgjan Alioski qui décide de prendre ses responsabilités. Il y a certains joueurs dont la qualité de leur pénalty semble transparaitre dès leur prise du ballon : c’est le cas pour Alioski. Tout semble indiquer que l’ailier va rater son geste. Surprise surprise, il rate en effet…mais en arrêtant le pénalty Buschan renvoie le ballon sur le macédonien qui assure et réduit l’écart !

Portés par un Elmas décidément bien plus intéressant positionné plus bas, les Macédoniens continuent de pousser à l’image de deux frappes puissantes repoussées par le gardien ukrainien. Malgré tout, les hommes de Shevchenko, se créent des situations dont Malinovskyi fait souvent partie. Le joueur de l’Atalanta obtient même un pénalty à la 84ème minute que Dimitrievski, le gardien macédonien, arrête superbement. Les Ukrainiens s’imposent donc logiquement face à la sélection de Macédoine du Nord qui n’aura, une nouvelle fois, pas démérité. Les Ukrainiens ont, à de nombreuses reprises, profité des grands espaces laissés par les Macédoniens pour développer leur jeu entre les lignes basé sur l’utilisation de triangles. De quoi en faire, à n’en pas douter, l’une des équipes les plus enthousiasmantes de ce début d’Euro.

LA JUSTICE A DEUX VITESSES…LA BELGIQUE AUSSI

Euro-2021 : grâce à De Bruyne, la Belgique renverse le Danemark et se  qualifie
(Source : Stuart Franklin, AFP)

Dire des deux équipes qu’elles connaissaient, avant cette rencontre, des dynamiques différentes serait un bien bel euphémisme. En effet, si les Belges ont remporté tranquillement leur premier match face à la Russie 3-0 grâce à un doublé de Lukaku, la semaine des Danois a été plus mouvementée suite à l’arrêt cardiaque d’Eriksen, aux pressions de l’UEFA pour reprendre le match ainsi que la défaite logique face à la Finlande dans un match de foot qui n’en avait plus que le nom. Pour ce second match des scandinaves, de nombreux messages de soutien envers le meneur de jeu de l’Inter ont été déployés dans les travées du Parken Stadium de Copenhague. Des preuves d’amour toutes plus touchantes les unes que les autres comme lorsque tout le stade s’est mis à applaudir, à la 10ème minute, pour apporter du courage au joueur danois dans sa convalescence. Si ce match semblait être une célébration de la vie concernant Erisken, les joueurs danois ont, eux, décidé, dès le coup d’envoi, d’asphyxier leurs adversaires belges.

C’est tout juste après deux minutes de jeu que Denayer se trompe dans sa relance et offre la balle à Hojberg. Le milieu de Tottenham décale intelligemment Poulsen qui trompe Courtois d’une frappe croisée puissante. 1-0 pour le Danemark, le stade exulte, les Danois célèbrent ensemble ne formant alors qu’une même entité, un symbole de l’esprit de cette équipe. Mais ça ne s’arrête pas là ! Les hommes de Kasper Hjumland continuent d’imposer aux Belges un pressing haut, intense, insoutenable. La défense belge est sous l’eau et la relance se résume à des pertes de balles dangereuses ou de longs ballons pour chercher un Lukaku esseulé. La rencontre est très plaisante, le jeu danois y est pour beaucoup. À la pause, les Belges n’ont toujours pas réussi à développer leur jeu, l’équipe est coupée en deux, les défenseurs sont souvent pris dans leurs dos, et les Danois nous régalent. Tout simplement la meilleure entame de match depuis le début de la compétition.

Mais l’histoire semble trop belle. Au retour des vestiaires, Roberto Martinez fait ce qui semble couler de source : il fait rentrer son meilleur joueur. Kevin De Bruyne change très rapidement la physionomie de la partie. Installé au cœur du jeu, il apporte énormément de sérénité et de justesse technique à une équipe qui en manquait cruellement jusqu’ici. Le grand-frère (non officiel) de Zinchenko permettra même à son équipe d’égaliser lorsque, suite à une course en profondeur de Lukaku qui le sert en retrait, le cityzen feinte la frappe et donne un caviar à Thorgan Hazard qui marque du plat du pied. Grâce aux rentrées d’Axel Witsel et d’Eden Hazard, les Belges dominent maintenant complètement l’entrejeu. À la 71ème minute, les « diables rouges » réalisent une superbe combinaison de passes partie d’un slalom côté gauche de Lukaku : Tielemans, excentré à une quinzaine de mètres du but, sert Thorgan Hazard qui remise pour son grand-frère (officiel cette fois), ce dernier écarte parfaitement pour De Bruyne qui surgit sur le côté gauche et conclut cette magnifique action par une frappe puissante du gauche. 2-1 pour la Belgique, ça semble plié.

Et pourtant ! Les quinze dernières minutes sont clairement à l’avantage des Danois qui se procurent un grand nombre de situations, notamment depuis la rentrée (bien trop tardive) du jeune Andreas Skov Olsen. Après avoir déposé son vis-à-vis, le joueur de Bologne sert idéalement Martin Braithwaite à la 87ème minute mais le buteur de Barcelone voit sa reprise de la tête s’écraser sur la barre transversale. Rien n’y fera, ni la frappe surpuissante de Jansen à l’entrée de la surface, ni une énième situation gâchée par l’ancien attaquant du TFC privilégiant la frappe à une passe à l’un de ses partenaires mieux placé. 2-1 score final. La Belgique a eu chaud et a bien failli se faire surprendre par une très belle équipe danoise mais a bel et bien validé son ticket pour les huitièmes de finale. Prenons donc un moment pour remercier l’UEFA d’avoir condamnés les joueurs danois si attachants en leur imposant de reprendre leur match contre la Finlande comme si de rien n’était après la perte de leur coéquipier. C’est Ceferin qui régale.

DES « ORANJES » PRESSÉS D’ÊTRE EN 1/8e

📝 Pays-Bas - Autriche : les notes des néerlandais !
(Source : Icon Sport)

Après une victoire sur le fil contre l’Ukraine, les Pays-Bas recevaient l’Autriche à Amsterdam, victorieuse de la Macédoine lors de son entrée en lice. Avec une victoire, les hommes de Franck De Boer s’assuraient une qualification pour les huitièmes de finale, rejoignant alors l’Italie et la Belgique, seules équipes pour l’instant qualifiées. Rapidement, les hollandais prennent le contrôle du match. De Jong, Wijnaldum et Depay sont très régulièrement trouvés entre les lignes et créent plusieurs situations. C’est à la 9ème minute que cette domination se confirme lorsque Denzel Dumfries est accroché par David Alaba dans la surface autrichienne. Memphis Depay se charge du pénalty et le transforme. Le premier de la journée. Les Autrichiens n’abdiquent pas et les vingt premières minutes sont vraiment très plaisantes à suivre. Le rythme retombe lorsque les « Rot-Weiss-Roten » (« les Rouges-Blancs-Rouges ») ont la maitrise du ballon mais qu’ils ne savent pas réellement quoi en faire. Un joueur comme Sabitzer par exemple se retrouve souvent bien placé entre les lignes adverses mais ne peut inquiéter Martin Stekelenburg et sa défense. Le dernier sursaut de cette mi-temps qui avait très bien débuté arrive lorsque Van Aanholt trouve Wout Weghorst en profondeur. Le buteur de Wolfsburg joue parfaitement le coup et sert Memphis Depay devant le but à mi-hauteur. L’ancien capitaine lyonnais rate son geste et ne parvient pas à rabattre le ballon. Résultat à la pause : 1-0.

Si quelque chose reste à souligner dans cette première mi-temps c’est la facilité avec laquelle Frenkie De Jong (souvent bas sur le terrain) et Georginio Wijnaldum (positionné en tant que réel milieu offensif) sont trouvés au cœur du jeu et parviennent à se défaire du marquage autrichien. Les deux milieux rayonnent, percutent, cassent des lignes. Les deux surnagent tant défensivement qu’offensivement. Un nouveau match référence pour ces deux joueurs après leur premier récital contre l’Ukraine. Des matchs qui font, à coup sûr, saliver les supporters barcelonais et parisiens qui les verront à l’œuvre la saison prochaine dans leurs clubs respectifs. « Sommes-nous responsables de l’avenir ? » interrogeait l’un des sujets de l’épreuve de philosophie au baccalauréat cette année ; si Paris et Barcelone n’arrivent pas à faire de ces deux joueurs des pièces essentielles de leur jeu lors des années à venir, dirigeants parisiens et barcelonais seront, à juste titre, jugés comme responsables. A noter également la nouvelle bonne prestation de Denzel Dumfries qui arpente inlassablement son côté droit pendant toute cette première mi-temps, a provoqué le pénalty et participe à de nombreuses occasions.

La seconde période est bien moins passionnante que la première. Si De Ligt rate une très grosse occasion sur corner, les vingt-deux acteurs ne se procurent que peu de réelles situations dangereuses. A la 67ème minute, Marten De Roon met le ballon sur la route de Memphis, le maitre à jouer hollandais contrôle et lance parfaitement le tout frais Donyell Mallen en profondeur. Le jeune attaquant du PSV Eindhoven se retrouve face à Bachmann et décide d’offrir le but à Denzel Dumfries qui avait suivi toute l’action en déboulant de son côté droit. Un nouveau but qui vient récompenser tout son travail sur les deux premiers matchs. Après ce but, rien de bien d’intéressant à souligner, l’Autriche garde le ballon mais n’en fait rien. Les Autrichiens ne semblent pas se connaitre, rien ne semble avoir été travaillé au préalable. Pas de quoi rassurer pour le dernier match contre une belle équipe d’Ukraine. Un match décisif pour savoir quelle équipe terminera deuxième de ce groupe C. Les « Oranjes« , quant à eux, voient leur deux belles victoires leur ouvrir la voie des huitièmes de finales. Ils y retrouveront l’équipe terminant deuxième du groupe D (Angleterre, Croatie, Écosse ou République Tchèque).

LE JOUEUR DE LA JOURNÉE

📝 Pays-Bas - Autriche : les notes des néerlandais !
(Source : Icon Sport)
(Source : Reuters/Stuart Franklin)

Pour cette journée de trois matchs, deux joueurs ont particulièrement brillé : Kevin De Bruyne et Frenkie De Jong. Le premier a complètement renversé le cours d’un match par son emprise sur le milieu de terrain et est décisif sur les deux buts de son équipe. Le second, quant à lui, n’a pas inscrit de but ni délivré de passe décisive mais n’en reste pas moins l’un des joueurs les plus élégants sur un terrain actuellement. Ce serait peu dire que d’affirmer qu’il a eu la mainmise sur l’entrejeu contre l’Autriche : primordial à la relance, casseur de lignes au cœur du jeu, créatif dans les derniers mètres, le jeune milieu du Barça a tout simplement brillé hier soir. Ce qui fait en revanche pencher la balance du côté du milieu belge c’est la faculté avec laquelle il a changé son équipe et l’entièreté de la rencontre avec. Au vu du match on a bien remarqué que l’équipe était tout bonnement incapable de développer du jeu sans lui. En définitive, si De Jong est sûrement celui des deux qui a le plus impressionné et été le plus juste, De Bruyne a une incidence directe et indiscutable sur le déroulé de la partie. Ce choix nous amène à identifier deux écoles de pensées, deux façons de voir le sport que l’on aime. Et vous, quel est votre joueur de la journée ? Pour vous aider dans votre choix là où nous n’avons pu nous décider, on vous propose de regarder deux vidéos résumant les superbes prestations des deux joueurs.

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