Edito Euro 2020 : L’histoire du football est triste

Le lendemain de chaque journée de l’Euro, retrouvez notre édito consacré à cette dernière.

L’ITALIE AU MENTAL

(Source : twitter.com)

L’Espagne aura sans aucun doute livré sa meilleure prestation de la compétition, mais paradoxalement ce match marque aussi sa première défaite, synonyme d’élimination. Menée par un Pedri phénoménal, la Roja aura vraiment réussi à mettre à mal la sélection de Roberto Mancini. Seulement, voilà désormais 34 matchs successifs sans défaite pour les italiens, et quoi qu’il se passe on a la cinglante impression que rien ne peut leur arriver. Si la Roja aura présenté de belles choses sur ce match, la faiblesse individuelle de nombre de ses joueurs, ou du moins le manque concret de joueur étincelant notamment aux avant-postes, a couté cher aux coéquipiers de Sergio Busquets. Sur le plan offensif, aucun titulaire indiscutable n’aura su se démarquer sur la compétition. Ferran Torres, Dani Olmo, Alvaro Morata, Gerard Moreno, Oyarzabal ne sont pas individuellement de mauvais joueurs, mais restent très loin d’être des noms impressionnants.

Luis Enrique a fait le choix pour ce match de se priver de réel numéro 9, laissant cette tâche accrue de faux numéro 9 à Dani Olmo. Le joueur du RB Leipzig est certes très intéressant mais ses décisions à l’approche du but adverse sont rarement adéquates, sacrifiant ainsi nombre d’occasions espagnoles. Malgré tout les champions du monde 2010 auront réussi à la surprise générale à prendre le pas sur l’impressionnant milieu italien. Pas exempt de tout reproche sur le but de Federico Chiesa, Busquets aura tout de même délivré un Euro exemplaire aux côtés de Koke mais surtout de son coéquipier au FC Barcelone, Pedri. Si le jeune milieu espagnol impressionne tant au-delà de sa qualité à manier le ballon comme il le souhaite, c’est son volume de jeu et sa capacité d’analyse de la situation presque hors du commun qui nous laissent presque sans voix. Marcher avec une telle aisance sur un milieu dont les mérites ont été loués à de nombreuses reprises depuis le début de la compétition n’était pas chose aisée, loin de là.

Pour finir sur l’Espagne, il faut noter que l’entrée d’Alvaro Morata aura permis aux espagnols d’avoir un repère dans la surface adverse important. Le très décrié attaquant de l’Atletico Madrid a une importance capitale de par ses déplacements, à l’image de son appel en soutien sur le but. C’est lui qui vient chercher la solution auprès d’Aymeric Laporte qui lui délivre au passage une superbe passe, et vient jouer en remise avec Dani Olmo avant de conclure parfaitement l’action dans le petit filet gauche de Gianluigi Donnarumma. Côté italien on a souffert en toute tranquilité pourrait-on dire. Malgré la nette domination espagnole, la Squadra Azzurra semblait maitriser son match de A à Z. S’il leur manquait la maitrise globale du ballon, les coéquipiers de Lorenzo Insigne ont réussi à mettre à mal la défense espagnole à chaque incursion dans le camp adverse. Mais à l’image des espagnols, les italiens ne sont pas vernis devant. Insigne et Chiesa sont eux très intéressants dans tout ce qu’ils produisent mais le tronc d’arbre quadri-centenaire qu’est Ciro Immobile est un problème sans nom pour les italiens. Il est difficile de comprendre pourquoi Andrea Belotti ne lui est pas préféré tant le joueur de la Lazio ne sert à rien et pire que ça, ne fait que causer des problèmes à son équipe. Il ralentit le jeu et perd un nombre incalculable de ballons sans même être clinique devant le but, une ardoise bien terne pour le soulier d’or 2020. L’absence de Spinazzola blessé lourdement contre la Belgique s’est aussi faite ressentir, le rendement d’Emerson est bien moins impressionnant que celui du joueur de la Roma. On a également pu sentir un milieu de terrain moins en jambes, secteur faisant pourtant la force des italiens depuis le début de la compétition. Il y aurait sûrement encore beaucoup à dire sur ce match mais résumons simplement cela en disant qu’on a pu apprécier un très bon match de football, à l’image de cet Euro 2020, vivant et enthousiasmant. Les pénalties auront une fois de plus coûté cher à Alvaro Morata, comme un symbole. Dani Olmo passeur décisif sur le but de Morata aura lui aussi loupé l’immanquable, causant au terme d’un magnifique match, la qualification de l’Italie en finale de cet Euro.

LE DANEMARK SORT PAR LA GRANDE PORTE

(Source : onzemondial.com)

C’est sans aucun doute la plus belle équipe de cet Euro 2020 qui a tiré sa révérence hier. La phrase est certes bateau, mais jamais une équipe ne nous aura autant fait passer par toutes les émotions. La fin est cruelle mais semblait presque inévitable au vu de cette demi-finale les opposant aux très grégaires anglais. En effet on n’a que difficilement retrouvé les principes de jeu chers à Kasper Hjulmand, ou du moins que par phases. L’état physique des danois leur aura grandement fait défaut sur ce match, on peut le justifier par la fatigue mentale et physique qu’est sans doute la leur après tout ce qu’ils ont vécu ces derniers jours, ou encore à une débauche d’énergie peut-être trop importante sur les derniers matchs mais au fond peu importe.

Le pressing étouffant des danois a eu du mal a être mis en place par Hojbjerg et ses coéquipiers, bien qu’efficace à chaque phase de pressing tentée sur la première mi-temps. On a ainsi retrouvé des danois plus acculés sur leur but, chose nouvelle pour la sélection sur la compétition. Delaney est un poids mort pour l’équipe tant son incapacité à utiliser le ballon est flagrante, et le pourtant très intéressant Stryger Larsen manque de calme balle au pied, causant souvent des dégagements lointains inutilisable pour Martin Braithwaite et ses compères. Ce dernier aura encore une fois, à l’image de son Euro, délivré une excellente partie mettant régulièrement le feu dans la défense anglaise qui sans les retours défensifs du TGV humain qu’est Kyle Walker, auraient pu prendre l’eau. Difficile de parler de ce match sans encore une fois évoquer Mikkel Damsgaard qui décidemment aura fait parler de lui durant cet Euro. Le jeune ailier de la Sampdoria nous a gratifié d’un coup-franc sublime, le premier de la compétition, qui reste pour l’instant le seul et unique but concédé par le néfaste Jordan Pickford. Ce dernier aura fait plus de mal que de bien aux siens avec ses relances plus qu’approximatives, même dangereuses pour son équipe.

Heureusement que l’Angleterre peut compter sur John Stones mais surtout Harry Maguire qui au-delà de son rôle simplement défensif, est un excellent relanceur, compansant ainsi les déboires de son gardien. Si d’autres joueurs auront fait un match plus qu’intéressant à l’image de Luke Shaw ou encore la petite merveille sur pattes qu’est Bukayo Saka, c’est surtout Raheem Sterling qui a une fois encore sublimé les siens. Pourtant en difficulté cette saison, le petit ailier de Manchester City a décidemment décidé de prendre seul les rênes de la sélection, que l’incapable qu’est Gareth Southgate ne peut tenir correctement. Cela résume d’ailleurs bien l’image que revoie les Three Lions, une sélection peut enthousiasmante mais dont les individualités ne peuvent qu’éclaircir le reflet.

Quoi que l’on puisse dire cette finale Angleterre-Italie est tout de même excitante, sans doute bien plus que celle de la dernière édition pour un observateur neutre. Malgré les réserves qu’on peut avoir sur certaines caractéristiques de ces équipes, leur place respective en finale est loin d’être imméritée et nous promet déjà un beau spectacle dimanche soir.

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