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Edito Euro 2020 : L’Italie, évolution nationale et révolution internationale

Le lendemain de chaque journée de l’Euro 2020, retrouvez un édito consacré à cette dernière. Celui-ci marque la fin de la compétition. C’est donc l’occasion parfaite pour tirer certains enseignements de la finale entre l’Italie et l’Angleterre et plus généralement de cet Euro.

SOUTHGATE, RESPONSABLE DE B À Z

Plutôt que de siffler l’hymne italien ou la sortie sur blessure de Chiesa, nous aurions préféré que les supporters anglais vilipendent les intentions de jeu de leur équipe. Avant le match, aux abords de Wembley, certains britanniques arboraient fièrement l’effigie de Gareth Southgate. Mais comme en 1996, celui qui est depuis devenu sélectionneur loupa complétement son match avant de voir tout espoir envolé durant la séance de tirs au but. Pourtant, il avait réalisé la meilleure entame de match possible puisqu’après seulement deux minutes, l’Angleterre mena 1-0. La macro-tactique de Southgate était parfaite, tandis que la micro-tactique a été tout l’inverse.

(Source : lequipe.fr)

A l’issue des cinq tirs au but anglais, il est facile de remettre en cause les loupés de Marcus Rashford, Jadon Sancho et Bukayo Saka mais il est nécessaire de ne pas confondre la cause et la conséquence. Après le but de Luke Shaw à la deuxième minute, l’Angleterre semblait sûre de ses forces comme jamais durant la compétition. Aligner une défense à trois, en titularisant Kieran Trippier, était un choix osé mais réussi puisque le bloc anglais a fait subir un véritable enfer à Roberto Mancini durant la première période.

Les décrochages d’Harry Kane, les dédoublements côtés droits avec l’apport de Kyle Walker et la prise de risque balle au pied des centraux ont été plus qu’intéressante. Jusqu’à la demi-heure de jeu, Federico Chiesa n’a rien eu à se mettre sous la dent. Pire : il était forcé de défendre (très) bas. Puis l’Angleterre a décidé de ne plus jouer. D’une situation de maîtrise totale récompensée par le gain logique du score, les Three Lions se sont retrouvés assiégés dans leur moitié de terrain. C’est à ce moment-là que Gareth Southgate a perdu le match.

LE BANC ITALIEN MEILLEUR QUE CELUI DE L’ANGLETERRE !

Alors que l’Italie revient de la meilleure des manières du vestiaire, en retrouvant la qualité technique et la force tactique qui lui a permis d’arriver en finale, l’Angleterre fait le contraire. La domination et la confiance change de camp et cela n’est pas étranger aux changements opérés par Mancini avant l’heure de jeu : Bryan Cristante prend la place de Nicolo Barella et Domenico Berardi de Ciro Immobile. Nous savions le banc italien moins fourni que celui de ses adversaires et les deux noms des entrants nous le confirment. Ils font pourtant parties des facteurs X de la suite de la rencontre.

Le but de Leonardo Bonucci vient récompenser la changement d’attitude de son équipe. Pour réagir à cette égalisation, Southgate apporte également du sang neuf en faisant rentrer Bukayo Saka et Jordan Henderson. Ce dernier est le symbole de l’ambition du sélectionneur. A la tête d’un des effectifs les plus fournis, notamment offensivement, Gareth Southgate a préféré continuer de subir sans rien tenter dans les trente derniers mètres adversaires. Elle se situe ici la prise de risque, pas ailleurs.

Durant la prolongation, la courbe du jeu ne s’inversa pas, loin de là. L’entrée de Jack Grealish (à la 100e minute) n’y changea rien et celles de Sancho et Rashford (119e minute) encore moins vu le peu de temps restant. Les deux derniers ne touchèrent d’ailleurs que deux fois le ballon avant de s’élancer pour tirer puis rater leur tir au but. Difficile donc de leur en vouloir, surtout quand on sait que Grealish et Raheem Sterling n’ont pas frappé. Le joueur d’Aston Villa s’est d’ailleurs défendu sur Twitter expliquant qu’il a demandé à tirer sans être entendu par son sélectionneur.

Gareth Southgate a maitrisé A puis a tout raté, de B à Z. La séance de tirs au but n’est que l’aboutissement d’une prestation où il est totalement passé à côté. Les remplaçants britanniques étaient sans aucun doute plus talentueux que leurs homologues italiens mais l’homme le plus fort était assis sur le banc transalpin, en la personne de Roberto Mancini. L’entraineur de la Squadra Azzura a su se relever d’une mauvaise entame de match et ainsi mettre fin à la politique de terre brûlée de son adversaire.

CETTE FOIS, LE FOOTBALL A VRAIMENT GAGNÉ

A l’annonce du dernier carré de la compétition, nous nous réjouissions de la présence de trois collectifs parfaitement huilés et au jeu protagoniste, l’Italie, l’Espagne et le Danemark. Nous pouvons aujourd’hui savourer la victoire italienne qui conclut de la plus belle façon un Euro 2020 très convaincant sur le plan du jeu. Tout n’a pas été parfait comme durant la première période de cette finale ou face à l’Espagne au tour précédent mais Roberto Mancini n’a jamais renié son projet de jeu travaillé depuis trois ans et désormais récompensé d’un titre majeur.

Avant la rencontre face aux Anglais, Louis van Gaal estimait que « les Italiens avaient la meilleure équipe. Ils ont des joueurs de qualité, n’importe qui peut marquer, et ils jouent en équipe justement ». La tulipe de fer avait une nouvelle fois raison tout comme le reste de son argumentaire sur la notion de collectivité footballistique. Alors que beaucoup n’ont retenu que ses phrases à l’encontre de Didier Deschamps et Kylian Mbappé, l’Hollandais a également mis en lumière les belles choses entrevues durant l’Euro en termes de jeu.

(Source : footradio.com)

Nous avons tiré la part belle au collectif danois mais l’ensemble de la compétition est allée dans ce sens. Le titre italien en est le point final. Le football de sélection n’est souvent qu’une copie minimaliste des projets de jeu triomphants dans les grands clubs de chaque pays. Cet Euro 2020 a fait office de véritable laboratoire tactique. Dans des matchs étonnement intenses, la flexibilité aura été le maître mot des sélectionneurs et le scénario de la finale en témoigne. La compétition aura également été marquée par l’arrivée massive et réussie de la défense à trois où les pistons étaient souvent les dépositaires du jeu. Joakim Maehle, Denzel Dumfries ou Leonardo Spinazzola se sont d’ailleurs révélé aux yeux de l’Europe grâce à leurs montées incessantes et à leur contrôle de l’espace.

Au-delà de la victoire de l’Italie de Roberto Mancini (qui est déjà un vent de fraicheur fort appréciable), c’est la révolution que cela peut emmener qui va être intéressante. Gareth Southgate s’est inspiré de Fernando Santos et de Didier Deschamps mais, cette année, le jeu et le protagonisme ont été récompensés, à l’inverse de 2016 et 2018. Le sacre de la Squadra peut permettre d’enclencher un nouveau cycle où les collectifs priment sur les individualités. Pour le moment, c’est une nouvelle fois la proactivité qui a battu la réactivité.

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Publié par leannienzo

"Le ballon est pour les joueurs ce que les mots sont pour les poètes. Dans leurs pieds ou dans la tête de certains d'entre eux, ils se transforment en oeuvre d'art" César Luis Menotti

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