OM : Ça s’annonce très Sampa !

Marqués par une année riche en rebondissements aussi bien sur le terrain qu’en dehors, les Marseillais apparaissent aujourd’hui comme l’une des équipes les plus intéressantes du championnat. Le groupe a connu de profonds changements et, près de six mois après son arrivée, Jorge Sampaoli a, semble-t-il, disposé du temps nécessaire pour inculquer à ses joueurs, du moins à la plupart d’entre eux, ses préceptes de jeu. Alors qu’attendre de la saison phocéenne ? Une orgie offensive ? Le développement de jeunes talents ? Une qualification en Ligue des champions ? Tentative de réponse.

LE TEMPS DU CHANGEMENT

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(Source : foot01.com)

A l’aube de la saison 2020-21, les Marseillais semblent plutôt sereins. Forts d’une deuxième place en championnat, signant le retour du club en Ligue des Champions, les hommes d’André Villas-Boas sont alors présentés comme favoris à une nouvelle qualification en compétition européenne. Si le jeu n’est plus au rendez-vous depuis six mois, les résultats, eux, continuent de surprendre et démontrent une véritable force du collectif phocéen. Le retour en Europe tourne rapidement au vinaigre et les Olympiens ne parviennent à engranger que trois petits points sur les six matchs de groupe. Hormis cet échec cuisant, lors de cette première partie de saison, l’OM s’affirme comme un sérieux candidat à l’Europe en battant le Paris-Saint-Germain (3ème journée) et Monaco (14ème journée) et en accrochant 1-1 les Lillois, futurs champions (4ème journée), puis l’Olympique Lyonnais (6ème journée). Aucune défaite contre les quatre principaux adversaires, de quoi faire espérer les supporters phocéens quelque temps. Le jeu, lui, continue d’être aux abonnés absents et la communication de Villas-Boas, pourtant jusqu’ici exemplaire, devient de plus en plus froide. Le portugais est tendu. Il balaie systématiquement les questions sur le jeu de l’équipe et remballe plusieurs journalistes interloqués par ses choix. Il tente même de pitoyables intimidations physiques envers un journaliste de La Provence. A la mi-décembre, l’OM est quatrième mais n’apparaît pas décroché de la course au podium. Du moins pas encore, car les Marseillais ne parviennent à remporter qu’une seule rencontre (Montpellier, 18ème journée) sur les sept disputées entre le 16 décembre et le 23 janvier. Le 30 janvier, le lien entre supporters, dirigeants, entraîneur et joueurs semble définitivement rompu. Alors que l’OM doit affronter Rennes, environ trois-cents supporters phocéens s’introduisent au centre d’entraînement marseillais pour exiger des réponses quant à la gestion calamiteuse (sportive et financière) du club. Le président Jacques-Henri Eyraud, dont ils demandent le départ depuis plusieurs mois, apparaît comme le principal responsable de cette crise.

Peu après ces incidents et en raison de désaccords sportifs importants avec le nouvel homme-fort de l’exécutif phocéen Pablo Longoria, Villas-Boas est mis à pied. Le directeur du centre de formation Nasser Larguet assure l’intérim et tente, tant bien que mal, de maintenir l’équipe autour de la cinquième place, qualificative en Ligue Europa. Jorge Sampaoli arrive au club en plein bouleversement. En effet, Jacques-Henri Eyraud est démis de ses fonctions par Franck McCourt et est remplacé par Pablo Longoria.

Sous Sampaoli, les Phocéens reprennent confiance. Si tout n’est pas parfait, loin de là, certaines attitudes ne trompent pas, notamment les rencontres remportées sur le fil contre Rennes (but à la 88ème minute), Brest (buts victorieux aux 88ème et 92ème minute), Lorient (but victorieux à la 91ème minute) ou encore Angers (but victorieux à la 95ème minute). Au-delà de la détermination retrouvée des Marseillais, certains aspects tactiques sont déjà plaisants. Dès son premier match, Sampaoli décide d’instaurer une défense à trois composée de Balerdi, Caleta-Car et Alvaro. Luis Henrique (la plupart du temps) est positionné en piston à gauche. Kamara et Gueye sont, quant à eux, confortés au sein du milieu de terrain marseillais. Devant, Payet et Thauvin continuent d’être alignés et la recrue phare du mercato hivernale Arkadiusz Milik s’installe rapidement à la pointe de l’attaque. Autre recrue de l’hiver : le latéral droit Pol Lirola arrive en prêt de la Fiorentina. Positionné en piston droit dans la nouvelle animation de l’OM, l’Espagnol rayonne. À l’aise techniquement et jouissant d’une certaine liberté sur phase offensive, il exploite à merveille l’espace laissé côté droit par Thauvin (réaxé dans le nouveau dispositif) et, une fois dans les 35 derniers mètres, tente fréquemment de repiquer dans l’axe pour faire déjouer les défenses adverses. Il se paie même le luxe d’inscrire un doublé contre Lorient, sauvant l’OM d’un match piège, et délivre deux passes décisives sur la dizaine de rencontres jouées dans ce rôle. A noter également que la relance apparaît déjà mieux organisée qu’auparavant, même si, à plusieurs reprises, elle se transforme en une possession stérile autour du rond central lorsqu’ aucun défenseur ne tente de casser, balle au pied, la première ligne de pressing adverse. Les hommes de Sampaoli terminent le championnat avec six victoires en onze matchs et concluent alors cette saison mouvementée par une cinquième place arrachée lors des trois dernières journées à une superbe équipe lensoise.

L’OM FAIT PEAU NEUVE

(Source : OM via twitter.com)

Pour cette première pré-saison du duo Longoria/Sampaoli, le moins que l’on puisse dire c’est que les deux hommes n’ont pas chômé. La direction marseillaise est rapidement parvenue à signer le milieu de terrain de Flamengo Gerson, l’espoir américain du Barça Konrad de La Fuente et l’achat définitif, de Leonardo Balerdi, titulaire en deuxième partie de saison l’année passée. Se sont ensuite ajoutés à la liste des recrues les noms de Cengiz Ünder, ailier turc de l’AS Roma, Matteo Guendouzi, milieu de terrain issu d’Arsenal, William Saliba, jeune défenseur espoir français, Pau Lopez, gardien espagnol de la Roma et Luan Peres, défenseur central gauche de Santos. Des joueurs qui débarquent dans la cité phocéenne sous forme de prêts avec option d’achat, exceptions faites de William Saliba, qui retournera à Arsenal en fin de saison et de Luan Peres acheté pour une indemnité de 4,5 millions d’euros. A l’heure où s’écrivent ces lignes, Pol Lirola et Daniel Wass, dont les noms reviennent constamment dans la presse, n’ont pas été annoncés officiellement à l’OM.

Côté départ, Maxime Lopez a été définitivement transféré du côté de Sassuolo où il occupera, semble-t-il, un rôle plus important cette année. Kevin Strootman a, quant à lui, été de nouveau prêté en Italie, cette fois à Cagliari. Le jeune défenseur Lucas Perrin a été transféré à Strasbourg pour un peu plus d’un million d’euros. Enfin, Valère Germain, Hiroki Sakai et Florian Thauvin ont, quant à eux, quitté le club à la fin de leur contrat. Le Japonais et l’international français ont trouvé leur bonheur en rejoignant respectivement les Urawa Red Diamonds et les Tigres de Monterrey. Malgré ces départs, il parait indispensable pour renflouer les caisses de vendre certains joueurs avant la fin du mercato le 31 août.

Les joueurs les plus susceptibles de plier bagages sont, à ce jour, Dario Benedetto, Nemanja Radonjic, Duje Caleta-Car et Boubacar Kamara. Un départ de Radonjic semble avoir été anticipé avec les arrivées de Konrad et Ünder ainsi que le maintien de Luis Henrique qui effectuera sa deuxième saison sous le maillot marseillais. Mais une nouvelle recrue dans ce secteur de jeu n’est pas à exclure tant les rumeurs d’une arrivée de Cristian Pavon, Amine Adli ou plus récemment Alex Collado sont insistantes. Si Benedetto venait à quitter Marseille, le jeune Bamba Dieng est en pole pour être le remplaçant attitré de Milik. Mais saura-t-il s’affirmer au sein de l’attaque phocéenne pendant que l’international polonais est absent ? Longoria se positionnera-t-il sur un autre avant-centre ? Pour palier un départ de Kamara, les arrivées de Guendouzi et Gerson (bien que ce dernier jouera probablement plus haut que le jeune Marseillais) semblent suffire puisque Gueye et Rongier restent toujours à la disposition de Jorge Sampaoli. Cependant, en cas d’absence de l’un de ces quatre milieux, le nombre apparaît un peu juste ; de quoi permettre l’apparition des jeunes Paolo Sciortino, Bilal Nadir ou encore Oussama Targhalline avec l’équipe professionnelle ? En défense, si Caleta-Car venait à quitter le club, cinq joueurs sont susceptibles d’être alignés au sein de la défense à trois de Sampaoli : Luan Peres, Balerdi, Saliba, Alvaro et Jordan Amavi. Pas de quoi assurer un dédoublage de chacun des postes donc, pourtant important en pleine saison européenne. Cela donnera-t-il envie à la direction marseillaise d’enrôler de nouveaux joueurs ? Ces dernières heures des rumeurs persistantes ont vu le jour indiquant que l’OM suivait de près la situation du défenseur central de Naples Nikola Maksimovic et serait même parvenu à un accord avec le joueur. Le mercato marseillais n’est donc, semble-t-il, pas terminé.

UN JEU ENTHOUSIASMANT POUR ALLER CHERCHER L’EUROPE

(Source : OM via twitter.com)

Dès le début des matchs amicaux, Jorge Sampaoli change de dispositif tactique. Sans ballon, les Olympiens jouent en 1-4-4-2 avec un bloc assez haut et empêche toute tentative de relance adverse par des pressions à plusieurs joueurs. Les deux attaquants (Dimitri Payet associé à un avant-centre) sont généralement la première ligne de pressing dans ce mouvement collectif. En phase offensive, les Marseillais évoluent en 1-3-2-2-3 (ressemblant au fameux « WM » d’Herbert Chapman, populaire au début du XXème siècle) : le latéral gauche vient s’insérer à gauche de la défense à trois, le latéral droit rentre au cœur du jeu dans le milieu à deux, l’un des deux milieux axiaux (logiquement celui qui évolue plutôt à gauche) monte d’un cran et a pour rôle, comme Dimitri Payet de l’autre côté, d’occuper le demi-espace créé par son ailier lorsque ce dernier écarte le jeu. Ce système hybride a, d’ores et déjà, montré plusieurs points positifs tant les résultats et le jeu proposé lors de cette inter-saison sont enthousiasmants.

Invaincus pendant leurs sept matchs amicaux et victorieux à cinq reprises, les Marseillais proposent un jeu protagoniste, orienté vers l’avant et avec un pressing intense sur les phases défensives. Un cocktail prometteur. Dimitri Payet, laissé plutôt libre dans l’animation collective, a, quant à lui, ébloui les observateurs durant ces premiers matchs. Buteur à quatre reprises et ayant délivré une passe décisive sur ces sept matchs, le numéro 10 apporte bien au-delà de simples statistiques. Véritable fer de lance dans les 35 derniers mètres, le Réunionnais est toujours juste techniquement, à l’aise balle au pied et sait mettre en confiance ses coéquipiers comme il a pu le montrer lors des dernières rencontres tentant, presque toujours, de donner la balle à Konrad, Ünder ou Gerson en position de but. Bien que les derniers matchs amicaux aient pu gommer quelque peu cette crainte, il ne faudra pas tomber dans une certaine « Payet dépendance », bien trop présente ces dernières années.

Malgré ces points positifs, il sera nécessaire de travailler, entre autres, les transitions défensives qui se sont avérées très compliquées lors de certains matchs. En effet, le changement de système a parfois occasionné des oublis et des erreurs de placement défensif provoquant de dangereuses situations. Ce fut notamment le cas avec le but inscrit par le Servette FC; la défense olympienne ayant alors laissé le couloir gauche complètement vide. Si la défense à trois Saliba-Balerdi-Peres semble, pour l’instant, donner le plus de garanties grâce à leur solidité derrière et leur justesse à la relance, le poste de latéral droit (Rongier ou Kamara ces derniers temps) peut laisser à désirer. Récemment, le but d’ Alberto Moreno de Villarreal est un exemple criant de ces errements défensifs à droite. Il en va de même lorsque Jordan Amavi est aligné à gauche de la défense pendant cette pré-saison. Les ailes marseillaises seront donc à surveiller, le danger venant vraisemblablement de ces zones.

Comme l’a annoncé le président Pablo Longoria au journal L’Equipe, pour réussir cette saison, les Olympiens auront à se qualifier en Ligue des Champions : « Nous souhaitons donc finir dans les trois premiers en Ligue 1, et ainsi nous qualifier pour la Ligue des Champions. Jouer cette compétition tous les ans doit être une évidence pour notre club », a-t-il indiqué. Le dirigeant phocéen a également précisé qu’il attendait « le meilleur parcours possible » en Europa League. Au-delà du pur résultat et après plus d’un an sans stade (et plus de dix-huit mois sans jeu), il parait évident que les supporters phocéens sont en droit de réclamer un jeu alléchant et protagoniste afin de se réapproprier leur équipe.

Pour cela, en tenant compte d’un départ vraisemblable de Boubacar Kamara (dont le contrat n’a toujours pas été prolongé) et dans l’attente d’un nouveau latéral droit, sur phase défensive, le onze type marseillais devrait (sauf inclusion de Pape Gueye, très bon lors des derniers rendez-vous) ressembler au suivant : Mandanda – Rongier, Saliba, Balerdi, Peres – Ünder, Guendouzi, Gerson, Henrique – Milik, Payet. Avec ballon, l’équipe change de système et évolue donc comme ceci : Mandanda – Saliba, Balerdi, Peres – Rongier, Guendouzi – Payet, Gerson – Ünder, Milik, Henrique. Les Marseillais, toujours privés de Milik, débutent leur saison dimanche soir à 20h45 contre Montpellier, entraîné depuis peu par Olivier Dall’Oglio que l’on sait attaché à des principes de jeu attrayants. Une rencontre qui devrait donc être très séduisante.

Nouvelle direction, nouvel entraîneur, nouveaux principes de jeu et nouveaux joueurs : cette saison s’annonce passionnante pour les suiveurs de l’Olympique de Marseille. Clairement affichée par le club comme l’objectif principal cette année, la qualification en Ligue des Champions ne sera pas donnée dans un championnat où Monaco, Lyon ou encore Nice semblent s’être nettement améliorés. Sampaoli et ses hommes savent ce qu’ils ont à faire pour que l’équipe soit enfin à la hauteur des hommes et des femmes pour qui « l’OM c’est plus fort que tout ». Cela fait bien trop longtemps que cela n’a plus été le cas. Les bases posées par le technicien argentin semblent, en tout cas pour l’instant, aller dans ce sens.

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